L’année 2018 a-t-elle été une bonne année pour l’arboriculture française ?
Patrice Vulpian : “Fin janvier, les producteurs des départements français étaient réunis pour faire le point au congrès de la FNPF, à Moissac. Les récoltes 2018 ont été globalement correctes mais certaines productions, comme l’abricot et la cerise, se sont retrouvées dans des situations difficiles. Avec des gelées de fin février et un démarrage de campagne sous la pluie, tout s’est conjugué dans le mauvais sens pour l’abricot. La campagne commerciale a été retardée, mais bien qu’il ait manqué du produit français, les prix n’ont pas réussi à se relever. La cerise a eu aussi fort à faire avec les pluies de juin, sans compter le problème récurrent Drosophila suzukii, qui ravage les vergers, dans un contexte où les traitements sont compliqués à mettre en œuvre et d’une efficacité limitée. La pêche a connu une baisse de production, mais des prix très corrects toute l’année. Sur pomme et poire, les campagnes ont été plus compliquées. Même en démarrant la saison avec des frigos vides, les producteurs n’ont pas réussi à avoir de bons prix. Le marché a été particulièrement soumis à une surproduction polonaise, qui a pesé sur la production française et à l’export.”
Comment se porte l’arboriculture provençale au plan économique ?
P. V. : “Sur fruits à pépins, le potentiel de production et de commercialisation est réel, avec des structures situées à la fois sur le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, qui agrègent un certain nombre de producteurs, et qui en font une puissance économique importante. Il y a aussi tout le secteur de la Crau, qui compte 2 300 hectares de vergers, principalement de pêchers, et une partie en abricotiers. Là aussi, il y a tout un tissu de structures qui représente une force économique importante, avec, aujourd’hui, pratiquement 20 % de la production nationale.”
Vous assurez l’intérim à la présidence et reprenez le volet syndical. Quel levier pensez-vous activer pour défendre l’arboriculture provençale et la filière française ?
PP. V. : “Notre département est très important en matière de volume de production. Au sein de la FNPF également, avec des cotisations qui font des Bouches-du-Rhône le premier département français de la fédération. La voix des arboriculteurs provençaux est donc bien entendue et représentée au plan syndical.
Quant à la stratégie générale, il est indispensable que le produit français soit défendu, comme les efforts des arboriculteurs pour faire évoluer leurs pratiques. L’agribashing à leur égard est très actif. Ils subissent également de plein fouet des suppressions de molécules, sans disposer pour autant d’alternatives pour leurs traitements. Bien que l’on avance sur la transition agro-écologique, on se retrouve dans des situations d’impasses techniques.
On parle beaucoup de la filière de la cerise, mais d’autres difficultés se profilent. Au niveau européen, le cuivre est sur la sellette, mais déjà, contre la cloque du pêcher, on ne peut plus utiliser le Thirame par exemple. Contre le puceron, avec le retrait d’un certain nombre de néonicotinoïdes et d’autres molécules, la lutte s’annonce aussi compliquée.
Il faut que nous arrivions à faire comprendre aux autorités que lutter contre les problématiques phytosanitaires, avec une seule ou deux matières actives, ne fait que favoriser les phénomènes de résistance. Ces messages sont aussi à adresser aux centrales d’achat, qui imposent des cahiers des charges toujours plus contraignants. La profession a fait beaucoup d’efforts, mais il y a aujourd’hui des limites quant à ses capacités techniques, et l’on se retrouve dans des situations aberrantes au plan agronomique. Sans compter que les produits importés contiennent, eux, des molécules depuis longtemps interdites en France.”
D’autres dossiers sont prioritaires ?
P. V. : “Nous nous sommes, avec d’autres organisations syndicales, beaucoup battus pour conserver une partie des avantages que nous avions sur les exonérations de charges de main-d’œuvre. Le combat est gagné pour cette année et l’année prochaine, mais va se représenter dans deux ans. Nous devons, dès à présent, mettre en avant l’importance de ces exonérations pour arriver à conserver une filière de fruits et légumes en France. Nous travaillerons aussi sur d’autres questions importantes, les démarches de progrès notamment. Elles doivent permettre, à la fois, de proposer des solutions aux agriculteurs qui s’engagent, et de valoriser leurs efforts auprès des consommateurs, comme des centrales d’achats ou des grossistes.”
Propos recueillis par Emmanuel Delarue
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