AUDE
Le 14 février dernier, le syndicat d'eau potable RéSeau 11 a organisé une journée technique sur l'expérimentation des Paiements pour services environnementaux (PSE). Premiers résultats au bout d'une année de pratiques.
51 agriculteurs se sont engagés dans le dispositif du PSE, dans l'Aude, initié par le syndicat d'eau potable RéSeau 11, pour une durée de cinq ans et un budget de 1,8 million d'euros.
© Crédit photo : AL
Avec 101 points de prélèvements et 8 captages prioritaires, cette première année d'expérimentation des Paiements pour services environnementaux (PSE) dans l'Aude est une "bonne cuvée" pour le syndicat RéSeau 11, choisi par l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, pour porter le projet. Avec une réduction de 50 % des IFT (Indices de fréquence des traitements) et une diminution de l'utilisation des nitrates, tout en favorisant les infrastructures agroécologiques et la couverture des sols, les résultats obtenus sont exemplaires pour les 51 exploitations engagées dans cette démarche, sur une surface totale de 1 975 ha.
"On espère que le processus sera généralisé pour devenir un dispositif national, voire européen", partage Karine Bonacina, directrice de la délégation de Montpellier à l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, partenaire de premier plan pour le financement de ce dispositif.
D'autant que la rémunération des services rendus par ces pratiques vertueuses - tel est le principe fondateur des PSE - peut être une source de motivation. Dans tous les cas, "ces services reposent sur une logique complètement différente de ce qui se faisait jusqu'à aujourd'hui", rappelle-t-elle. Fait à ne pas négliger, "ce dispositif s'insère dans une optique, non pas punitive, mais d'accompagnement, et ce, au plus près du terrain", souligne, de son côté, André Viola, président du RéSeau 11.
"Historiquement, le gouvernement et la société ont fait des efforts humains et financiers pour développer le modèle agricole que l'on connaît aujourd'hui mais, dorénavant, on veut aller vers un autre modèle, qui demande des conversions, ce qui implique des coûts", ajoute-t-il.
En dépit des changements de pratiques et des coûts générés par ce dispositif, celui-ci séduit de plus en plus, les expériences se multipliant sur tous les territoires. C'est peut-être grâce à l'adoption d'une approche positive qui prend en compte, non pas la compensation des surcoûts, mais plutôt le gain qui est apporté en travaillant différemment à l'échelle d'un système d'exploitation. "Pendant cinq ans, on va être dans la création de nouvelles pratiques, mais aussi dans la valorisation de ce qui existe", se réjouit Magali Lobre, animatrice au service protection de la ressource en eau potable de RéSeau 11.
Concrètement, ces services sont abordés sous deux aspects. Tout d'abord, les structures paysagères. Ici, les notations se font sur deux thématiques : le degré de la diversité des milieux (cultivé, semi-cultivé, naturel) et le pourcentage d'infrastructures agroécologiques (IAE), en fonction de la surface agricole utile de l'exploitation (présence de haies, de bosquets, d'arbres isolés ou plantations intra-parcellaires).
Le deuxième aspect est celui des pratiques agricoles, dont la priorité est de réduire l'utilisation d'herbicides (réduction de surfaces désherbées, optimisation des doses, choix techniques), tout en favorisant l'apport d'engrais organiques, et ce, "pour augmenter la matière organique des sols, afin d'être capable de mieux retenir l'eau et de réguler les transferts de pesticides". Les effets de ruissellement devront être limités grâce à une meilleure couverture des sols, et l'allongement des rotations reste un levier considérable pour limiter l'usage de produits phytosanitaires.
À noter qu'il est possible de déclencher un système de bonus grâce à des surfaces réservées à des pratiques innovantes (0 herbicide et couvert semé). "L'ingéniosité des PSE réside dans le fait que nous travaillons progressivement, et que nous ne restons pas sur une seule et même méthode. Le but c'est que chaque exploitation trouve ses propres leviers techniques, et ce sur quoi elle veut aller", rappelle Magali Lobre.
À cette occasion, des agriculteurs sont venus témoigner pour présenter les choix réalisés lors de la mise en place de ce dispositif dans leurs exploitations, et les premiers résultats obtenus. Ainsi, Thierry Brau, éleveur de bovins viande à Villefloure, en agriculture biologique depuis 1994, a souhaité développer la couverture végétale avec la luzerne pour diminuer sa dépendance aux intrants et, par ce fait, faire des économies. Résultat dans trois, voire cinq ans.
"L'enjeu environnemental est le point central", estime, quant à lui, Pierre Esteban, céréalier et viticulteur en agriculture biologique à Lauraguel et Malviès. N'ayant plus d'aides en AB, hors de question cependant pour lui de laisser tomber ses bonnes pratiques. Il concrétisera en 2024 un projet d'agroforesterie en intra-parcellaires dans ses cultures de céréales. Quant à David Vincent, céréalier à Alairac, qui pratique l'agriculture de conservation, le PSE lui a permis de passer de 75 % de couverts végétaux à 100 %. De plus, il a rallongé ses rotations de quatre à six ans.
Ces quelques exemples démontrent s'il le fallait que l'occasion est à saisir pour faire des choses audacieuses, car, "nous, les agriculteurs, nous occupons le territoire et faisons notre travail sous le regard aiguisé des générations futures, mais aussi pour répondre aux attentes des consommateurs, désireux d'avoir une alimentation saine", conclut Pierre Esteban.
ICI
Votre encart
publicitaire !
Transition énergétique
JEUNES AGRICULTEURS 11
transmission

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner