Concours des vins de Nîmes
Pour sa 47e édition, le concours des vins de Nîmes, organisé par les Jeunes agriculteurs, retrouvait enfin sa forme d'avant Covid et rassemblait quelque 150 dégustateurs pour environ 450 échantillons, jeudi 23 janvier. Un peu de lumière et de convivialité bienvenues, dans un contexte qui reste bien difficile pour la viticulture gardoise.
Pour cette 47e édition du concours des vins de Nîmes, les Jeunes agriculteurs présentaient une nouvelle catégorie pour les vins effervescents et se sont associés aux Vignerons indépendants pour un concours d'étiquettes.
© Crédit photo : JA 30
Après plusieurs années de "modèle Covid", comprenez un concours organisé sur deux jours avec des créneaux horaires pour les dégustations, la 47e édition du concours des vins de Nîmes a pu retrouver son format initial, jeudi 23 janvier. Une satisfaction pour Romain Angelras, président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard : "C'est le retour de moments d'échange et de partage. C'est un bel événement qui nous permet aussi de se retrouver, surtout quand on est jeune, qu'on vient de s'installer, et que tout est noir autour de soi. Cela apporte un côté positif."
Car si le concours n'est pas uniquement ouvert aux vins des JA, ce sont bien eux qui l'organisent, de la recherche d'un lieu, la préparation des inscriptions, et ce jusqu'à la réalisation des prélèvements dans les caves. "Ça occupe du monde et permet au syndicat de vivre", rappelle le président.
Cette année, 450 échantillons ont été présentés aux 150 dégustateurs. Toutes catégories confondues (bouteilles, vrac, bulles et bulles vrac), 60 médailles d'or ont été décernées, 43 en argent, et 12 en bronze. "Cet événement n'est pas seulement un concours, c'est aussi une célébration de la filière viticole, de ses acteurs et de son avenir. Grâce à votre engagement, nous continuons de faire rayonner nos terroirs et nos vins, tout en soutenant les générations futures de vignerons", soulignent les Jeunes agriculteurs.
"Nous avons mis en place une nouvelle catégorie pour le concours. Il s'agit des vins effervescents. Nous sommes partis du constat que bon nombre de caves s'y étaient mis dernièrement", note le viticulteur. Alors l'organisation s'est lancée. Pour cette première édition, les Jeunes agriculteurs ont pu collecter une dizaine d'échantillons. Avec cette première tentative qu'ils estiment réussie, ils ont bon espoir de voir perdurer cette catégorie pour les prochaines éditions du concours.
"Qu'importe la catégorie, à nous désormais de mettre en valeur les médaillés sur les événements 2026", souligne le président des JA du Gard. Les lauréats des coups de cœur - 'Héritage', un viognier IGP Pays d'Oc de la cave Les Collines du Bourdic en blanc et 'Back to the Serine', un syrah IGP Cévennes du Domaine de Berguerolles - se verront quant à eux remettre leur prix au printemps.
Un concours d'étiquette avec la presse comme jury a également été instauré cette année, en collaboration avec les Vignerons indépendants du Gard. "On innove de plus en plus sur le marketing et la communication visuelle pour se démarquer en rayons. Ouvrir ce concours d'étiquettes était un essai pour cette année, mais compte tenu des évolutions du marché, il devrait tendre à se développer pour les prochaines éditions", explique Romain Angelras. Pour cette première, les cuvées récompensées sont, dans l'ordre : 'Le bouquet' Rouge 2023 en IGP Coteaux du Pont du Gard du Domaine de Poulvarel, 'L'instant Plaisir' 2023 en Costières de Nîmes AOP par le Château Bolchet et le 'Domaine des Carabiniers' Blanc 2024 en cru AOP Lirac, par le domaine éponyme.
"Vu la situation, nous avons eu un peu peur pour le maintien du concours", admet le président du syndicat départemental. "Finalement nous avons eu des inscriptions et beaucoup de retours positifs." Il faut dire qu'un peu de lumière dans cette période d'ombre est forcément bénéfique. Mais la situation inquiète. Le département détient le triste record de 4 015 hectares concernés par l'arrachage définitif. Beaucoup de futurs retraités, mais pas que d'après le président des JA. Certains vignerons indépendants arrachent ce qu'ils ne parviennent pas à valoriser dans leur vente en bouteilles, d'autres envisagent de changer de production, ou de se séparer des parcelles peu productives. "C'est sans compter toute la vigne qui va disparaître en parallèle de ce dispositif, puisque au cours de l'année il y a aussi des hectares qui ont déjà été abandonnés", rappelle Romain Angelras.
Le viticulteur souligne par ailleurs l'impact paysager qu'auront de telles modifications avec l'arrachage des vignes. "Sans parler du risque incendie et du tourisme. Nous avons prévenu pendant longtemps les pouvoirs publics donc maintenant nous allons voir s'ils ont pris la mesure de ce que cela impliquera. Nous sommes évidemment tous inquiets de voir ce qu'ils pourront nous octroyer ou non, même si la réponse ne vient pas que d'aides, mais bien de la rémunération. Il faut une prise de conscience du consommateur, qu'il réalise que consommer français est un acte citoyen", ajoute-t-il.
L'agriculteur le sait, la rémunération ne dépend pas que du consommateur, mais évidemment des négociations qui peuvent se faire avec les acheteurs. Pour la viticulture, la discussion avec le négoce revient, mais reste tendue. "Il faut dire que nous avons dû leur forcer la main avec les mobilisations de cette dernière année, mais les rapports de force ne sont toujours pas équilibrés. Le changement aujourd'hui, c'est qu'on nous laisse porter les stocks." Quelques grandes distributions régionales ont annoncé des choses : certains ont retiré ou changé le positionnement des vins espagnols dans les rayons, d'autres ont choisi de retirer les pommes d'origines étrangères quand il est possible de valoriser celles produites dans l'Hexagone. Mais les syndicats aimeraient voir se nationaliser ces décisions envisagées régionalement.
Si un espoir réside dans l'apaisement de la politique nationale et internationale, l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis n'arrange rien : "Nous avons déjà bien compris que l'Europe gênait et que nous serions soumis à de nouvelles contraintes, mais nous ne voulons surtout pas devenir la variable d'ajustement du commerce international." Du point de vue national, le président des JA du Gard rappelle la volonté d'accélérer les processus lancés depuis plusieurs mois et entend bien montrer que les agriculteurs, quel que soit leur âge ou leur syndicat, sont toujours présents, et volontaires. C'est du moins ce que FDSEA et JA souhaitaient souligner en se retrouvant, mercredi 29 janvier, à Nîmes pour commémorer une année de mobilisations multiples sur le territoire.
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