Coteaux varois en Provence
La petite dernière des appellations de Provence fête ses 30 ans dans un contexte commercial tendu. Face à la situation, l'AOC Coteaux varois en Provence veut créer une réserve interprofessionnelle pour réguler sa production.
Pour Éric Lambert, président du Syndicat des Coteaux varois en Provence, il faut savoir se serrer les coudes, pour surmonter les difficultés et construire l'avenir.
© Crédit photo : GL
Avec près de 147 000 hectolitres de vin, le millésime 2022 aura été la récolte la plus importante de l'histoire de l'appellation Coteaux varois en Provence, depuis sa création en 1993. L'augmentation de la production, en lien avec la progression des surfaces, devait répondre à une demande jusqu'ici soutenue. Mais entre Covid et baisse du pouvoir d'achat, dans un contexte global de déconsommation de vin, la situation s'est tendue.
"Il y a encore peu, on manquait de vin. Mais une multitude de facteurs font que ça s'est un peu compliqué ces deux dernières années. Et là, on se retrouve avec les volumes supplémentaires de 2022 et 10 % de la récolte restent coincés", explique Éric Lambert, président du Syndicat des Coteaux varois en Provence.
Les prix demeurent néanmoins stables, entre 240 et 250 €/hl, depuis 3 ans. "On ne vendrait pas plus si les prix baissaient. La difficulté aujourd'hui, c'est d'accompagner la diversification des marchés. On a, sur l'appellation, peu de négoce vinificateur en matière de volumes, et beaucoup de petites entreprises familiales qui ne sont pas structurées pour partir à l'export. La situation est donc particulièrement perceptible dans certaines caves particulières", analyse Thomas Giroud, directeur du syndicat d'appellation.
Face à ce constat, le conseil d'administration de l'ODG a validé dernièrement le principe d'une réserve interprofessionnelle pour le millésime 2023, afin de réguler les volumes de rosé produits en AOC Coteaux varois. Encadré par des textes européens et nationaux, le dispositif doit encore être validé par l'assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins de Provence, qui en assurera la gestion, ainsi que par les pouvoirs publics (ministère de l'Agriculture, douanes, répression des fraudes), avant d'être officiellement créé par arrêté ministériel.
L'outil proposé par l'ODG vise à "préserver l'équilibre des marchés et la valeur de l'appellation", défendent Éric Lambert et Thomas Giroud, en mettant en réserve les volumes produits au-delà d'un seuil fixé, par rapport au rendement moyen et au stock théorique de l'AOC, à 42 hl/ha. "Les vignerons pourront continuer à produire dans la limite du rendement maximal autorisé par notre cahier des charges, qui est de 55 hectolitres par hectare. Mais tout ce qui sera au-delà des 42 hectolitres par hectare sera bloqué dans la réserve interprofessionnelle, et ne pourra être libéré, de manière individuelle, que sur justification d'un acte de vente, et de manière collective, selon l'évolution des marchés, sur demande de l'ODG", explique Thomas Giroud. Et, dans un an, pour la récolte 2024, la pertinence de cette réserve sera réinterrogée.
L'objectif est de revenir à une situation saine dans les années à venir. "Il s'agit d'un outil de discipline et de responsabilisation collective. Produisons ce que l'on est capable de vendre et posons-nous chacun la question de la commercialisation de nos vins, pour continuer de les vendre au juste prix à l'avenir", plaide Éric Lambert.
En parallèle, le syndicat de l'appellation a choisi de se faire accompagner par un cabinet de conseil spécialisé dans l'agroalimentaire, pour travailler sur son son projet stratégique. Le conseil d'administration, mais aussi les adhérents du syndicat et les différents acteurs de l'appellation doivent, dans ce cadre, pouvoir exprimer leurs points de vue. "Tous les adhérents vont pouvoir répondre cet été à un questionnaire, pour faire connaître leurs difficultés, leurs perspectives et leurs attentes. Nous organiserons ensuite, à l'automne, deux séminaires pour pouvoir construire des projets structurants et avoir un plan d'actions, d'ici la fin de l'année", indique Thomas Giroud à ce sujet.
"J'invite tous les adhérents de notre AOC à participer activement à la création de ce projet commun, dont le but est de fédérer pour avancer ensemble. On est une petite appellation, il faut que tout le monde puisse donner son avis et s'investir dans cette dynamique collective. On doit se serrer les coudes", soutient Éric Lambert.
Dans cet esprit, la soirée d'anniversaire organisée le 15 juin à Tourves, pour célébrer les 30 ans de l'AOC Coteaux varois en Provence, sera l'occasion de resserrer les rangs et d'introduire les travaux à venir. Accueilli par le Domaine de Blacailloux de la famille Chamoin, sur le site de La Julienne, l'évènement permettra aussi aux forces vives de l'appellation de se retrouver autour d'un moment festif. "C'est une soirée que nous avons voulu dédier à nos adhérents, dont les maîtres mots seront la cohésion et la convivialité", annonce Éric Lambert.
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