LES ARCS
Après une décennie dans le secteur de la plasturgie, Yvan Barrot s'est installé en maraîchage bio diversifié aux Arcs. Une reconversion sans regrets qui est aujourd'hui couronnée de succès.
Yvan Barrot, maraîcher aux Arcs
© Crédit photo : JD
S'installer en maraîchage diversifié quand on est 'Nima', autrement dit 'Non issu du milieu agricole' ? Des milliers de personnes tentent chaque année l'expérience. Envie d'un changement de vie, d'un "retour à la nature"... À chacun ses propres motivations pour entamer ce changement de vie qui se transforme pour beaucoup en déroute et pour une poignée en réussite.
Yvan Barrot fait partie de la seconde catégorie. À bientôt 47 ans, il est installé depuis 2022 aux Arcs, après une première vie professionnelle dans l'industrie de la plasturgie. Un secteur d'activité au sein duquel il se voyait poursuivre sa carrière (il avait pour cela repris des études en cours du soir pour devenir ingénieur). Mais comme souvent, rien ne s'est passé comme prévu : en l'occurrence une invitation à bichonner le jardin potager de son beau-père pendant ses 3 semaines de congé. Une expérience qui se transforme en révélation : "Je voyais en peu de temps les résultats concrets de mon travail", se souvient avec enthousiasme Yvan Barrot. L'idée fait son chemin... à petits pas et il décide de quitter la Franche-Comté pour rejoindre le Var, département dont son épouse est originaire. Mais une fois sur place, c'est la déception : "Je ne trouvais pas de travail dans ma branche. Il fallait bien vivre, alors j'ai pris des boulots en intérim. Avant de ne plus trouver de sens à cette vie où j'enchainais les missions d'intérim", détaille le quadragénaire. Il contacte l'Adear, AgriBio Var et la Chambre d'agriculture, qui l'orientent vers une formation dédiée pour les porteurs de projets agricoles. Suit une immersion en milieu professionnel avec France Travail, et un stage chez un couple de maraîchers d'Ampus, qui achève de le convaincre qu'il a trouvé sa voie. Reste maintenant à affiner son projet et à trouver du foncier disponible pour s'installer, à terme. Pour rassurer les financiers et convaincre les membres de la commission d'attribution Safer notamment, il s'inscrit en Bac STAV par correspondance (les cours du BPREA nécessitaient une formation en présentiel), en parallèle à ses missions d'intérim. La chance lui sourit une première fois, en 2015 : l'oncle de son épouse lui loue un terrain de 2 500 m2, en restanques et sans serres, mais sur lequel il peut tâtonner, expérimenter et se "planter" sans trop de conséquences.
"J'étais arrivé avec de belles idées sur le papier - dont l'objectif de produire en bio -, qui n'étaient pas forcément réalistes en pratique. J'avais par exemple surestimé mes capacités à réaliser mes propres plants à partir de semences." Le succès vient progressivement : "Quatre ans après mes débuts, je n'arrivais pas à satisfaire la demande", se souvient Yvan Barrot, qui met néanmoins son activité de maraîcher entre parenthèses durant l'hiver - faute de serres -, pour se consacrer à l'intérim à 100%. "J'avais un sentiment de fierté et aussi un peu d'inquiétude : si les clients ne trouvaient pas chez moi ce qu'ils recherchaient, ils iraient l'acheter ailleurs. Il fallait se remettre en question et voir plus grand."
Le second coup de chance arrive en 2020 : la communauté de communes Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVA) lance un appel à projets pour la mise à disposition d'une parcelle agricole de 5 ha, divisée en 3 lots : "J'avais candidaté pour 2 lots. J'ai finalement remporté les 3", se réjouit le maraîcher, qui devra toutefois patienter 2 ans avant de pouvoir s'y installer comme agriculteur (et non plus comme cotisant solidaire).
La première année, il défriche et met en culture 0,8 ha, contre 1,2 ha en 2023 (dont 3 serres tunnels de 400 m2 chacune). La commercialisation de la production est à l'époque encore en rodage. En parallèle, il est retenu pour la fourniture des fruits et légumes de l'Amap de Figanières en 2021, puis celle de Draguignan en 2023 et de 2 magasins bio. "Ces différents contrats avec les Amap m'ont apporté de la visibilité, en termes de trésorerie et de calendrier de production sur l'année", relève l'agriculteur, qui finalise actuellement la fourniture de fruits et légumes bio pour des cantines scolaires du territoire. "Mon objectif est de diluer le risque financier avec des clients qui ne représentent pas plus, pour chacun, de 10 % de mon chiffre d'affaires", explique le maraîcher, qui prospecte en permanence et travaille depuis peu avec un restaurateur, "une clientèle avec des besoins spécifiques et une grande exigence (calibre, aspect...)".
Trois ans après son installation comme chef d'exploitation, en 2022, Yvan Barrot tire un bilan globalement positif sur le plan commercial, mais plus réservé sur l'évolution de son activité agricole, après des étés caniculaires qui ont vu plusieurs de ses productions en plein champ littéralement griller sur place, en dépit de l'irrigation (goutte-à-goutte et aspersion) : "Avec 45 à 50°C, aucune plante ne résiste." Il prévoit en conséquence d'installer 3 autres serres (1 bâchée et les 2 autres avec un filet d'ombrage). "Je dispose de suffisamment d'espace pour relancer d'autres cultures en plein champ, en remplacement de celles qui ont brûlé. Mais pour combien de temps encore ? Je m'interroge pour 2026 : je ne peux pas me permettre de relancer à nouveau 1 500 pieds de tomates en pure perte..."
S'il reconnaît que sa marge de progression reste encore importante, sur le plan technique, Yvan Barrot a en revanche beaucoup expérimenté, afin de trouver des solutions en matière de lutte contre les adventices avec, pour partie, des techniques moins écologiques qu'il ne l'aurait souhaité (bâches d'occultation, toiles tissées...) et surtout, pour gagner du temps au quotidien, en particulier sur le travail du sol, qu'il a mécanisé (griffes + sous-soleuse, rotavator, herse rotative...). Pour autant, il n'a pas renoncé à ses convictions environnementales et à son ambition de "tendre vers un modèle écologiquement plus vertueux". Pour preuve, la plantation de haies et d'une vingtaine d'arbres dans les parcelles, afin d'apporter de l'ombrage aux cultures au sol dans les années à venir, d'une part. Et d'autre part, avec des lâchers d'auxiliaires, dans le cadre de la lutte biologique intégrée, et de bourdons pour la pollinisation.
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