La cave coopérative de Saint-Jean-de-Minervois réunit 43 adhérents pour un volume moyen annuel de près de 9 000 hl. Une petite structure, mais qui fait rayonner le muscat bien au-delà du Languedoc. © CC de Saint-Jean-de-Minervois
Malgré le Covid, qui a perturbé la commercialisation des vins pour la plupart des caves coopératives, celle de Saint-Jean-de-Minervois a réussi à tirer son épingle du jeu au regard de ses comptes pour l’exercice 2020. En effet, bien qu’également impactée dans la vente directe de ses muscats, et donc avec un chiffre d’affaires au 31 décembre 2020 de près de 1,6 M€ contre 1,7 M€ l’année précédente, les adhérents ne seront pas lésés dans leur rémunération. C’est la bonne nouvelle qu’ils ont reçue lors de l’assemblée générale de la cave coopérative, le 20 décembre dernier.
En effet, en dépit de la baisse du chiffre d’affaires et d’une récolte moindre en 2019, de 8 720 hectolitres, dont 1 083 hl de muscat doux, soit une baisse de 8,16 %, la rémunération des adhérents en 2020 est en hausse de 8 %, grâce à une bonne commercialisation des vins conditionnés par la cave coopérative. Cela a aussi eu un effet sur les stocks de muscat. Ceux-ci sont aujourd’hui autour de 1 200 hl contre 2 000 hl d’ordinaire. "C’est pour nous une bonne nouvelle, mais nous restons cependant très vigilants compte tenu de la problématique de commercialisation des vins doux naturels", tempère Alain Tailhan, directeur de la cave coopérative de Saint-Jean-de-Minervois.
Et, dans la série des bonnes nouvelles, le terroir du muscat petits grains a été, cette année, peu impacté par le gel. "25 à 40 % du vignoble a été touché. Mais comme à certains endroits la récolte a été meilleure que l’année dernière, de fait, on reste sur un volume quasi à l’identique, soit autour de 8 000 hl. Chez moi, par exemple, j’ai eu quasiment 100 % de pertes sur 5 hectares, mais le reste a compensé grâce à de belles sorties de raisins et aux pluies de juillet et août. Dans l’ensemble, on peut s’estimer heureux", commente Jean-Marc Saleine, président de la cave coopérative.
Une petite structure qui a joué la carte de la diversification des muscats
Avec 43 adhérents, qui réunissent ensemble environ 150 ha, dont 60 % en appellation AOC Muscat Saint-Jean-de-Minervois, la cave coopérative sort annuellement 300 000 bouteilles, dont 120 000 de muscat. Mais face à la désaffection des consommateurs pour les vins doux naturels, jugés trop sucrés et associés uniquement aux desserts, la cave a imaginé une nouvelle gamme en 2017, baptisé ‘L’Intrus’, à l’étiquette vintage, un peu “années 80”, qui ne passe pas inaperçue dans les rayons. Entre vin doux et vin sec, il peut ouvrir les tables des consommateurs à son grand frère.
Au total, ce sont 12 cuvées que propose la cave dans les trois couleurs, dont 5 en appellation AOC Saint-Jean-de-Minervois et 1 BIB. Si ‘Éclat Blanc’, un muscat petits grains est le produit phare de la cave coopérative, le ‘Muscat de Noël’, vin primeur lancé chaque année au cours de la troisième semaine de novembre, en est un autre. Avec une production cette année de 9 000 bouteilles contre 8 000 l’année précédente, la cave coopérative a tiré son épingle du jeu car, peu avant Noël, elle avait déjà vendu la quasi-totalité des bouteilles. De quoi regonfler le moral des troupes.
Perspectives pour demain
La cave coopérative a pour projet de construire un nouveau caveau d’environ 150 m2, situé dans le prolongement du bâtiment de stockage de la cave, afin de pouvoir accueillir au moins 150 personnes. Le caveau actuel de 30 m2 serait, quant à lui, converti en bureaux. "Mais avec les vagues de Covid qui se succèdent et la désaffection des consommateurs pour les vins doux naturels, qui a plombé le moral des producteurs, on a décidé de mettre le projet en stand-by, même si la cave n’est pas endettée", indique le président de la cave coopérative de Saint-Jean-de-Minervois. Quant au coût, "on a chiffré à vue de nez, mais on n’a pas réellement fait d’estimations. Et compte tenu de la hausse des matériaux actuelle, l’estimation grossière que nous avions faite n’a plus de raison d’être. De toute façon, pour le moment, ce n’est plus d’actualité", ajoute-t-il.
Ce qui est, en revanche, toujours d’actualité pour la cave, c’est son besoin de volumes supplémentaires pour sa production de vins rouges et rosés. "Nous avons perdu autour de 1 000 hl sur ces deux couleurs, avec le départ de quelques adhérents vers une autre cave. Mais il n’est pas dit que ces volumes ne reviennent pas à la cave", précise Jean-Marc Saleine. Pour l’heure, afin d’enrayer la diminution de ces volumes et d’inciter ses adhérents à planter des cépages en rouge, la cave leur apporte un soutien financier à hauteur de 4 000 €/ha en AOC Saint-Jean-de-Minervois et de 2 000 €/ha hors appellation. "On n’aura jamais des volumes monstrueux, car nous sommes sur un territoire difficile. De toute façon, ce n’est pas ce que l’on recherche. Mais pour que la cave ne soit pas en danger, nous ne devons pas passer en dessous des 8 000 hl", affirme le président.
L’autre question cruciale, qui engage aussi l’avenir de la cave, est le renouvellement des générations, une problématique commune au demeurant à toutes les caves du territoire. Entre le moindre succès des vins doux naturels et la difficulté à produire sur ce territoire difficile, imposant des coûts de production élevés (25 000 €/ha), les jeunes ne se bousculent pas au portillon. Mais le président veut y croire avec l’arrivée de quelques jeunes. Et pour continuer à porter les couleurs de son appellation, il la représentera au Salon de l’agriculture, sauf si la pandémie rebat les cartes.
Florence Guilhem
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