TEMPÊTE NILS
Rafales violentes, toitures arrachées, serres endommagées, cultures fragilisées : la tempête Nils a frappé de plein fouet les exploitations agricoles des Pyrénées-Orientales. À Pollestres, où 600 m² de toiture se sont envolés à la cave Laure de Nyls, l'urgence est d'abord à la sécurisation des sites et à la préservation des outils de production. Entre activité à l'arrêt, premières expertises et démarches d'indemnisation, les agriculteurs entrent désormais dans une course contre la montre.
Hangars endommagés, bâches plastiques envolées, verres de serres brisés, toitures arrachées... les dégâts concernent de nombreuses exploitations. Ici, des tunnels à Toulouges.
© Crédit photo : CA66
La tempête Nils, qui a traversé les Pyrénées-Orientales du jeudi 12 au vendredi 13 février, a laissé derrière elle un paysage agricole durement touché. Rafales violentes, infrastructures arrachées, cultures couchées : dès les premières heures, les dégâts se sont révélés importants sur de nombreuses exploitations du département. Face à l'ampleur du sinistre, l'État, les assurances et les organisations agricoles se sont mobilisés en urgence pour accompagner les agriculteurs sinistrés.
À Pollestres, dans la plaine du Roussillon, la violence de l'épisode a été particulièrement spectaculaire. À la cave Laure de Nyls, près de 600 m² de toiture se sont envolés sous la force du vent. Avec une coïncidence phonétique surprenante, un Nils est passé, et l'autre a été bousculé. "J'ai été prévenu vers 9h30 : tout est parti d'un coup", raconte Jean Henric, président de la cave, joint vendredi 13 février. Alertées après la chute d'éléments sur la D900, les forces de l'ordre sont rapidement intervenues, afin de sécuriser le site et d'organiser le nettoyage des gravats en bord de route.
À quelques heures de l'événement, l'accès à la cave était strictement interdit. "Tout est ouvert, il y a des tuiles qui tombent, des éléments instables, c'est trop dangereux", explique Jean Henric. L'activité a dû être interrompue, entraînant le placement d'une partie des salariés en chômage technique.
L'urgence, désormais, est double : sécuriser le bâtiment et préserver la qualité des vins stockés. "L'objectif est de pouvoir intervenir rapidement, afin d'éviter tout impact sur les cuvées", précise le président, qui se veut rassurant. La priorité est désormais de permettre une reprise rapide de l'activité. "Le matériel se répare. L'essentiel est qu'il n'y ait eu ni blessé, ni victime", relativise Jean Henric. "Mais il va falloir se relever vite", ajoute-t-il, conscient de la course contre la montre qui s'engage en vue des vendanges 2026.
La situation observée à Pollestres est loin d'être isolée. Dans un communiqué publié le 13 février, la Chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales dresse un premier état des lieux préoccupant. Hangars endommagés, bâches plastiques envolées, verres de serres brisés, toitures arrachées..., les dégâts concernent de nombreuses exploitations.
Certaines cultures sont particulièrement affectées. À quelques jours du début de la récolte, l'artichaut paie un lourd tribut à la tempête : de nombreuses parcelles de la plaine du Roussillon ou de la vallée de la Têt présentent des plantes couchées ou cassées au collet. Le volume aérien important des plants, combiné à l'humidité des sols, a accentué leur vulnérabilité face aux rafales. Dans certaines parcelles, les artichauts sont désormais étalés sur les rangs ou les passages de tracteurs, rendant les interventions très difficiles sans pertes supplémentaires.
Les dégâts concernent également les serres et tunnels maraîchers, avec des arceaux tordus ou écrasés, ainsi que des bâtiments d'élevage dont les toitures ont été arrachées, entraînant dans certains cas la perte de volailles. Des dommages de fonds importants sont aussi signalés : à Passa, une parcelle d'oliviers compte environ un tiers des arbres couchés, tandis que des chutes d'arbres et de haies ont endommagé des vergers de pêchers, d'abricotiers et de kiwis. Des tournées de terrain ont été engagées, afin d'évaluer précisément l'ampleur des dégâts et d'objectiver les sinistres.
Face à cette situation, le préfet des Pyrénées-Orientales, a réuni, vendredi 13 février, les compagnies d'assurance, les chambres consulaires, le Conseil départemental et les services de l'État afin de coordonner la réponse. Les assureurs ont annoncé un renfort de leurs équipes et des procédures assouplies, afin d'accélérer les indemnisations, avec, dans certains cas, des interventions directes sans avance de frais pour les assurés.
Pour les agriculteurs, l'assurance reste le premier recours et l'heure est désormais aux premières expertises et aux démarches. La tempête Nils relève de la garantie 'Dommages', distincte du régime des catastrophes naturelles. "L'État est pleinement mobilisé pour que les dispositifs d'indemnisation soient activés dans les meilleurs délais et que notre territoire puisse se relever rapidement", a assuré le préfet Pierre Régnault de la Mothe. Après le choc et l'urgence, les agriculteurs entrent désormais dans le temps de la reconstruction.
POUR ÊTRE précis -
ICI
Votre encart
publicitaire !
Filière ovine
GROUPE ICV
VENDANGES

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner