La réunion autour du glyphosate, à l’initiative de Philippe Huppé, député de l’Ouest hérautais, a rassemblé de nombreux viticulteurs, à la cave de Quarante le 30 novembre.
“Les pesticides ne cessent de diviser le monde politique et les agriculteurs”, lance en introduction François Garcia, président de la cave coopérative de Quarante, qui accueillait la réunion. “Nous naviguons entre deux ministères : l’Agriculture, et l’Ecologie pour tout ce qui a trait à l’aménagement du territoire. Ces espaces sont utilisés par les agriculteurs, et nous devenons des perturbateurs.”
Le 30 novembre, à l’invitation de Philippe Huppé, sont venus débattre, aux côtés de Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Guilhem Vigroux, président de la FDSEA 34, Camille Banton, présidente des JA 34, François-Régis Boussagol, président des Vignerons indépendants 34, et Didier Boyer, vice-président de Coop de France Occitanie.
“93 % des Français ont peur des pesticides et du glyphosate. Irrationnellement, ils croient que nous les empoisonnons”, indique Philippe Huppé. “Le président de la République et le Parlement se sont engagés sur la sortie du glyphosate dans trois ans. Il faut désormais faire une proposition de substitution : mécanique ou chimique,” a ajouté le député héraultais.
Des solutions plutôt que des interdictions
“Le glyphosate est emblématique de la transition écologique voulue par l’Etat. Les effets de ce produit ne sont pas prouvés, et c’est devenu un enjeu sociétal”, a insisté Jérôme Despey. “Il n’est pas possible de parler de transition écologique, sans parler du revenu des agriculteurs. Nous sommes engagés dans cette transition, en cherchant des alternatives pour utiliser moins de phytos. La proposition d’une start’up glyphosate est scandaleuse. C’est faire de la délation, montrer du doigt ceux qui utilisent le glyphosate. Nous devons travailler sur les modèles économiques. La proposition du président de la République ne peut être audible si on ne parle pas de distorsions de concurrence supplémentaires avec nos voisins européens.” Après avoir rappelé le travail mené par le député Philippe Huppé pour les travailleurs saisonniers et le maintien du TODE, il a estimé qu’il ne fallait “pas lâcher”. Il va désormais falloir “se battre contre la RPD (redevance pour pollutions diffuses), car une augmentation de 80 M€ de RPD est inacceptable. Nous devons être dans une logique de co-construction. Les agriculteurs ne sont pas des pollueurs ; ils font vivre tout un pan économique du territoire. Il n’y aura pas de transition sans solutions et sans accompagnement. Il faut créer de la valeur et des prix pour les agriculteurs, et moins de charges imposées,” a poursuivi le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
Le cas des vignes en forte pente en question
Reprenant les chiffres de Philippe Huppé, à propos du “consommer plus vert”, Guilhem Vigroux, président de la FDSEA 34, s’emporte : “Les consommateurs disent vouloir acheter plus vert, et donc plus cher, mais il y a la réalité devant le linéaire, en raison du pouvoir d’achat. Si nous devons aller vers une production plus verte, alors il faut que les consommateurs changent d’attitude. Les pouvoirs publics ont délaissé la recherche depuis de nombreuses années. On crie au loup en disant que cela a été lâché aux firmes phytos... Il faut une enveloppe digne de ce nom sur la recherche, pour trouver des solutions face à l’interdiction du glyphosate. Si on augmente le coût de production avec du désherbage, il faudra compenser. Il y a des endroits où le désherbage ne peut pas être substitué comme les vignes en forte pente.”
Anne-Solveig Aschehoug
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