Vins IGP Var
Changement climatique, commercialisation, gestion des quantités, qualité, nouveaux produits, réforme des IG... L'assemblée générale annuelle du Syndicat des vignerons du Var a été l'occasion d'aborder les nombreux dossiers qui occupent - et préoccupent pour certains - l'ODG des IGP Var.
À l'occasion de l'assemblée générale de l'ODG, le président du Syndicat des vignerons du Var, Éric Paul (à droite) accueillait le président de la Confédération des vins IGP de France, Gérard Bancillon.
© Crédit photo : GL
Les millésimes se suivent, avec leur lot d'aléas. Après le gel massif d'avril 2021, l'extrême sécheresse de 2022 n'a évidemment pas épargné les IGP du Var. Et si la récolte 2021, avec 271 000 hectolitres, a été légèrement supérieure à celle de 2020 (268 000 hl), "nous sommes encore loin des 340 000 hectolitres d'IGP qui représentaient une récolte normale en 2016", souligne Éric Paul, président du Syndicat des vignerons du Var, lors de l'assemblée générale accueillie par le Domaine La Julienne, à Tourves, le 31 mars.
"Ces incidents climatiques répétés doivent nous pousser à adapter nos pratiques, pour limiter l'effet des conséquences du changement climatique auquel nous sommes confrontés. Et nous ne pourrons avoir de changement sans accompagnement", plaide le président de l'ODG des IGP du département.
Alors que le déficit pluviométrique se fait durement ressentir cette année encore, Éric Paul salue le travail engagé par la Société du canal de Provence pour développer les réseaux hydrauliques sur le département. "Nous n'irriguons pas par plaisir, mais par nécessité, pour réduire l'excès de stress hydrique. L'irrigation est par ailleurs maîtrisée, au risque de dénaturer les vins produits", rappelle-t-il.
Et l'irrigation n'est pas le seul moyen d'adaptation au changement climatique. L'ODG a ainsi déjà intégré plusieurs cépages résistants à son cahier des charges. L'adaptation des méthodes culturales est un autre levier important pour Éric Paul, notamment en matière de travail du sol. "Nos sols ont besoin de plus d'attention, pour permettre au végétal d'être plus résilient", défend-il.
La recherche et le transfert de connaissances sont un autre axe de travail primordial pour Éric Paul. Après avoir validé une augmentation de sa participation financière au Centre du Rosé, le syndicat sera donc partie prenante de la SCI qui porte le projet de pôle viticole, où le Centre du Rosé doit déménager. Pour aller plus loin, l'ODG participe également au groupe de travail constitué, pour réfléchir à une meilleure gouvernance de la recherche et à une meilleure diffusion des résultats aux vignerons, pour répondre aux enjeux du climat, de l'environnement, de la qualité et des nouveaux produits. L'assemblée générale du 31 mars a d'ailleurs été l'occasion de faire le point avec FranceAgriMer sur la situation et le potentiel des effervescents. "On a la chance de pouvoir en faire en IGP dans le département et c'est une opportunité que l'on doit exploiter davantage", soutient Éric Paul.
Côté cave, alors qu'une nouvelle demande d'autorisation d'enrichissement a été réalisée l'an dernier, le président du Syndicat des vignerons du Var estime "qu'il est grand temps que cette pratique soit reconnue comme une pratique œnologique classique, d'autant plus que d'autres pratiques plus radicales ont récemment fait l'objet d'une reconnaissance au niveau européen", en faisant référence à la désalcoolisation. "La réglementation évolue en la matière, et nous aurons à nous pencher sur le sujet dans les prochains mois", poursuit-il.
Au volet commercial, la récolte 2022, "compte tenu de sa quantité mais aussi de sa qualité, devrait permettre d'approvisionner les différents marchés dans de bonnes conditions", assure le président du Syndicat des vignerons du Var. Et la campagne 2021-2022, avec des volumes d'IGP Var rosés vendus en vrac en augmentation de 35 % par rapport à la campagne précédente, et un cours moyen constaté à 131 €/hl, en progression de 3 %, sont pour l'ODG "des signes encourageants que l'IGP Var reste attractive pour tous les marchés".
Pour autant, son président tient à revenir sur les conditions particulières de la fin de cette dernière campagne, marquée par un changement de catégorie d'AOC Coteaux varois en IGP Var conséquent de plus de 12 000 hl, à la suite du "strict respect d'une procédure réglementaire à laquelle notre ODG ne peut s'opposer", précise Éric Paul. "Il est malheureusement à craindre que ces situations ne se reproduisent, dans la mesure où la déclaration de récolte et de production sera plus facilement modifiable par les opérateurs, sauf à définir un dispositif de gestion des quantités efficient. Dispositif qui ne peut se concevoir que s'il est partagé par l'ensemble des productions et des opérateurs d'un même territoire", commente-t-il.
"Petit à petit, l'idée de davantage d'étanchéité entre les segments fait son chemin, y compris dans le négoce. Selon moi, un outil de régulation doit s'inscrire dans la durée pour assurer la durabilité des exploitations. C'est essentiel pour notre économie", ajoute Gérard Bancillon, président de la Confédération des vins IGP de France sur ce sujet, également débattu au niveau national.
Si la question de la gestion des quantités reste posée, celle de la qualité ne se discute pas. Le Syndicat des vignerons du Var poursuit son travail de contrôle organoleptique, avec la dégustation systématique de tous les lots d'IGP avant leur mise sur le marché. "La qualité de nos produits doit être irréprochable, pour garder et développer nos parts de marché. C'est essentiel !", martèle Éric Paul.
Dans cette optique, des formations à la reconnaissance des défauts des IGP sont proposées aux membres de la commission de dégustation, qui se doivent, eux aussi, d'être irréprochables. "Un défaut est un défaut, et nous avons la responsabilité collective de mettre sur le marché des IGP qui en sont exemptes ! Nous avons une obligation de résultat", insiste le président du Syndicat des vignerons du Var.
La réforme du système des IG est un autre dossier d'ampleur au niveau européen. Et, en l'état actuel, plusieurs points ne conviennent pas à la filière viticole. "II est d'abord primordial que les dispositions relatives aux IG viticoles restent dans l'OCM et ne soient pas reversées dans un règlement sur les IG. Cela pourrait engendrer, à terme, une sortie de la Pac", explique notamment Éric Paul. "Ensuite, nous sommes opposés à une délégation de compétence sur les IG à l'Office européen de la propriété intellectuelle, et demandons que nos cahiers des charges continuent de relever de la Commission européenne, au risque de devoir gérer nos IG comme une marque, avec des frais pour les ODG", développe-t-il. "La durabilité à tout prix" est un autre point d'achoppement, la profession préférant que les engagements en la matière restent aux choix des ODG. Enfin, "imposer des contrôles terrain nous semble n'avoir aucun sens en IGP, quand le contrôle documentaire est efficace et sécurisé. D'autant que notre contrôle organoleptique est systématique", défend le président des IGP Var.
"Il y a beaucoup de travail et notre Confédération a lancé une étude prospective sur l'avenir de nos IGP à l'horizon 2040, pour anticiper les enjeux et définir une stratégie", indique Gérard Bancillon. "Soyons les plus performants possible, grâce à la qualité de nos produits et leur image sur les marchés", conclut Éric Paul.
TITRES et récompenses-
Pour sa 24e édition, le concours des Soleils des vins de Pays du Var a réuni 159 échantillons, présentés par 47 candidats. Après dégustation, 50 Soleils ont été décernés à 28 lauréats, pour 28 vins de pays rosés, 17 blancs et 5 rouges.
La remise des prix du concours du Syndicat des vignerons du Var a suivi son assemblée générale, le 31 mars à Tourves. L'occasion de faire briller les IGP du Var et de partager un moment de convivialité.
Le concours des Soleils sert de support aux actions de promotion portées par le syndicat, et les vins primés sont mis en avant à l'occasion de diverses manifestations telles que la Fête de la Saint-Vincent à Saint-Maximin, la Journée Rose des Jeunes agriculteurs du Var, ou encore lors des opérations menées avec le réseau Gîtes de France dans le département.
Le palmarès est disponible sur le site : www. syndicatdesvigneronsduvar.com
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