Terra Hominis regroupe plus de 2 100 associés, qui ont contribué, depuis la création de l’entreprise, à la réalisation de 27 projets représentant 14 domaines, sur 120 ha de vignes en Occitanie et dans le Bordelais.
La formule de Terra Hominis, adressée à celles et ceux qui souhaiteraient devenir associés, a le mérite d’être claire : "Si vous préférez l’argent aux hommes et aux vins, passez votre chemin", déclare son fondateur, Ludovic Aventin. Parce que si l’histoire de cette entreprise, devenue depuis peu société à mission, a débuté au cours d’une soirée entre copains, à Rouen, autour de bonnes bouteilles, son pilier et ses fondations n’en sont pas moins solides. Tout débute par un constat. D’un côté, des vignerons de plus de 55 ans approchant de la retraite (un tiers environ), de l’autre, de jeunes candidats à la vigne, au talent fou mais désargenté.
"La force de notre viticulture, c’est la diversité de nos terroirs. Derrière ces terroirs, il y a des hommes. Or, le terroir est menacé parce que l’homme est menacé. Ce que je veux dire, c’est que les terres des anciens tombent plus entre les mains des négociants et de gros vignerons qu’entre celles de jeunes qui, pourtant, ont du talent mais pas d’argent. Au final, les vins produits seront standardisés. C’est donc un patrimoine qu’il ne faut pas laisser perdre", défend Ludovic Aventin. Comment ? En aidant les jeunes vignerons à s’installer et se développer via un investissement participatif.
Responsabilité sociale et environnementale
L’humain, la responsabilité sociale et environnementale sont au cœur de chaque projet. L’investissement demandé, plutôt faible (la valeur des parts varie entre 1 300 et 2 500 €), permet au plus grand nombre d’y participer. "Plus qu’un investissement financier, les associés donnent du sens à un placement, modeste et sécurisé, et adhèrent personnellement au projet du vignoble", indique le fondateur de Terra Hominis. Un sens qui leur est demandé d’exprimer au travers d’une lettre de motivation, car "nous rejoindre, c’est adhérer à nos valeurs". Ce n’est que lorsque leur demande d’adhésion est validée que l’entreprise leur cherche un vignoble adapté à leur profil.
L’investissement est unique et définitif. La part est valable à vie et cessible aux héritiers. Une fois les vignes ou la propriété achetées, au travers d’un Groupement foncier viticole (GFV) ou d’une Société civile immobilière (SCI), un bail est accordé au vigneron, qui prend en charge la responsabilité financière et juridique de l’exploitation. En échange du bail, ce dernier s’engage à donner un loyer à ses associés. Le loyer est toujours payé en bouteilles (4,5 % des parts achetées). Autre engagement du vigneron, et même condition sine qua non : le travail de la vigne dans le respect de l’environnement. Enfin, la propriété des vignes et leur exploitation sont dissociées, garantissant ainsi le ‘capital associé’.
Tous les projets accompagnés dépassent rarement les 6 ha et concernent des appellations encore accessibles sur le plan financier. "Il faut que cela reste de l’investissement plaisir et des projets abordables. Le vin est finalement un prétexte à la relation humaine qui se tisse entre les vignerons et les associés", relève Ludovic Aventin. Et chaque domaine créé permet de préserver la force des vignobles et la diversité des vignerons. Cet engagement a d’ailleurs valu à Terra Hominis de remporter le prix national de l’entrepreneur humaniste en 2019, et le grand prix national innovation et territoire l’année précédente. Le statut de société à mission, aujourd’hui, s’inscrit dans la même logique.
Première société à mission
Terra Hominis, pionnière dans l’application de la loi Pacte, est donc désormais pleinement une société à mission, grâce à l’enregistrement de ce statut au greffe du tribunal de Béziers, le 22 avril dernier. C’est pour le moment la seule entreprise inscrite sous ce statut dans l’Hérault. Quoi qu’il en soit, "la structure va ainsi pouvoir amplifier son rôle de défense et de soutien à la viticulture pour préserver la diversité des terroirs et des vignerons. Ce qui fait la force de notre viticulture", détaille Ludovic Aventin.
Pour lui, nul doute, d’autant plus avec la crise sanitaire liée au Covid-19, la société à mission est "le statut de demain, car on ne peut pas se limiter à gagner de l’argent dans la vie, et en avoir rien à faire des questions sociales et environnementales. D’autres valeurs existent et sont bien plus essentielles", ajoute-t-il. Aussi un statut comme celui-ci devrait se généraliser, selon lui, comme tel est le cas pour l’agriculture biologique depuis quelques années. Une nouvelle piste pour le "monde d’après" ?
Florence Guilhem
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