Pyrénées-Orientales
À l'appel nationale du syndicat Légumes de France, les producteurs de tomates des Pyrénées-Orientales ont mené une opération étiquetage dans une grande surface de Perpignan, pour dénoncer la sur-représentation dans les rayons des tomates venant du Maroc et un affichage plus lisible de l'origine des produits.
L'opération de stickage des barquettes de tomates cerise en provenance du Maroc a été menée par la FDSEA des Pyrénées-Orientales.
© Crédit photo : FDSEA 66
Entre des tomates cerises vendues à 0,99 € les 250 grammes importées du Maroc et celles des tomates locales à 2,50 €, le choix est souvent vite fait pour le consommateur. Si les producteurs locaux le comprennent, ils souhaitent cependant que les consommateurs sachent bien d'où viennent ces produits. Or, quand la taille de la mention de l'origine sur une barquette de tomates cerises doit être au moins de 1,2 mm, même si c'est légal d'un point de vue de la réglementation européenne, c'est loin d'être assez, considèrent les producteurs, pour que le consommateur puisse clairement identifier l'origine du produit. "C'est illisible sans une loupe", s'énerve le président de la FDSEA des Pyrénées-Orientales, Bruno Vila.
C'est la raison pour laquelle une dizaine de producteurs de tomates des Pyrénées-Orientales ont répondu à l'appel du syndicat Légumes de France, et débarqué à l'improviste dans un supermarché de Perpignan, le 9 septembre, dans la matinée, pour procéder à une opération d'étiquetage de tomates cerises en provenance du Maroc. Après avoir rencontré les responsables de l'enseigne, et expliqué leurs démarches, les producteurs se sont rendus au rayon fruit et légumes pour apposer des autocollants bien voyants sur les barquettes de tomates cerises. Des opérations similaires ont été menées dans le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, en Loire-Atlantique, dans le Finistère et en Île-et-Vilaine.
Dans tous ces départements, la situation est la même. En crise tout le mois d'août, la filière tomate française a souffert de ventes insuffisantes pour écouler les stocks de produits disponibles. Et quand "on arrive à les vendre, c'est à un prix plus bas qu'il ne devrait être, soit autour de 20 à 30 % moins cher que ce que l'on devrait avoir", ajoute Bruno Vila. Sans compter "l'inondation" de tomates marocaines sur le marché français (63 % des volumes importés), dont une large partie en pleine saison de production française.
De surcroît, les tomates marocaines sont à des prix défiant toute concurrence en raison d'un coût de main-d'œuvre dans ce pays extrêmement bas. "Au Maroc, le salaire minimal brut horaire est de 0,69€, soit un coût employeur de 0,74€. L'écart avec la France est de 12,40 € ! Sans compter qu'ils n'ont pas les mêmes exigences environnementales, et que les tomates marocaines bénéficient d'un régime douanier très favorable accordé par l'Union européenne", détaille-t-il.
À cela s'ajoute, cette année, l'augmentation des charges tant en raison de la flambée des matières premières et énergétiques que de la hausse du Smic. "Les pouvoirs publics doivent comprendre que tous les centimes que l'on peut récupérer sont essentiels pour maintenir nos productions. À l'heure où l'on nous bassine avec la souveraineté alimentaire, on demande au gouvernement un soutien clair, notamment en vue des prochaines échéances législatives européennes. Il faut en finir avec la concurrence déloyale, insurmontable pour la dizaine de producteurs qui restent dans les Pyrénées-Orientales", martèle-t-il.
L'autre revendication porte sur l'évolution de la réglementation européenne en matière d'étiquetage. La profession demande que la taille de l'inscription de la mention d'origine soit portée au moins à 1,5 cm, pouvant être représentée soit par le drapeau du pays producteur, soit par l'inscription écrite de l'origine. "On réclame aussi que la mention du marquage d'origine soit apposée sur la face supérieure de l'emballage du produit", conclut Bruno Vila.
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