AOP Pic Saint Loup
Le 25 mai, l'organisme de défense et de gestion de l'AOP Pic Saint Loup présentait, au cours de son assemblée générale, le bilan économique de l'appellation. Bien que quelques tensions sur le marché apparaissent, aucun gros coup de frein sur la vente n'est relevé.
En 2022, 130 viticulteurs ont déclaré 50 000 hl en AOP Pic Saint Loup. L'aire géographique de l'appellation s'étend sur 17 communes réparties entre l'Hérault et le Gard, et couvre environ 1 300 ha.
© Crédit photo : FG
Alors que de nombreuses zones viticoles dans l'Hérault subissent la sécheresse et que la grêle a fait quelques dégâts dans le Biterrois, les viticulteurs en appellation Pic Saint Loup ont le moral au beau fixe. "Le Pic Saint-Loup a été épargné jusqu'à présent, à part quelques dégâts sur Lauret. Par ailleurs, nous sommes le seul secteur du département qui n'est pas en sécheresse. Depuis un mois, nous sommes même plutôt très fournis en eau, avec les pluies qui sont tombées. Aussi, après avoir craint un instant d'être touchés par la sécheresse, notre inquiétude porte plus aujourd'hui sur le mildiou car, en cette période de floraison, la sensibilité au mildiou est plus marquée. C'est plus facile de faire face au mildiou qu'à la sécheresse. Donc, nous sommes plutôt confiants sur la récolte. Cela part bien", commente Benoît Viot, président de l'ODG Pic Saint Loup.
Et une bonne nouvelle en entraînant une autre, le bilan économique de l'appellation, présentée par Christophe James, responsable du service économie et études au CIVL (Comité interprofessionnel des vins du Languedoc), lors de l'assemblée générale de l'ODG, finissait de mettre les viticulteurs d'excellente humeur. Avec à peine 13 mois de stocks, des sorties fortement en hausse - 6 millions de bouteilles commercialisées en vente directe, "une première depuis que nous sommes en appellation", précise son président - des prix bien tenus (un prix du vrac qui s'approche des 400 €/hl contre 273 €/hl pour les Terrasses du Larzac ; un prix moyen de 17,90 € chez les cavistes contre 20,70 € en Terrasses du Larzac, mais plus représentés), "tous les voyants sont au vert", commente-t-il.
Cerise sur le gâteau, les rouges ne connaissent pas la crise, et continuent à bien se vendre. "C'est sans doute le profil de nos vins, qui sont sur la finesse et la fraîcheur. D'ailleurs, on commence à challenger les belles appellations de la Vallée du Rhône. Nous avons gagné une belle notoriété en France, comme en Europe, et nous sommes très présents dans la restauration, notamment à Paris. L'AOP Pic Saint Loup est devenue une des représentantes du Languedoc, et rayonne désormais bien au-delà de sa région. Cela montre donc que c'est aussi possible pour les autres appellations de notre région. Et cela montre également le travail accompli par chaque domaine", explicite Benoît Viot. Un travail que souhaite aussi accomplir le syndicat sur les rosés et l'obtention d'une AOP en blanc.
Les ventes de rosés, qui ne représentent actuellement que 10 % de la production en AOP Pic Saint Loup, sont également au beau fixe. Mais le syndicat souhaite aller plus loin en créant un rosé de terroir. Une ambition déjà affichée l'an dernier, mais pour laquelle le travail à réaliser n'a pas encore réellement avancé. Seule certitude, "on ne veut pas un rosé thiolé et amylique. On veut un rosé avec des notes marquées de garrigue et de menthe, et un rosé gastronomique, avec un peu de garde. Autrement dit, on veut se différencier des vins rosés de Provence", détaille le président du syndicat.
Autre certitude : les rosés devront être bien valorisés, comme le sont les rouges. Soit à des bons prix, condition sine qua non, selon Benoît Viot, pour que les vignerons en fassent plus. Autrement dit, un prix de bouteille supérieur à 10 €.
Pour un blanc en AOP, la recherche de vins représentatifs du terroir dans cette couleur se poursuit. Les résultats des dernières dégustations réalisées n'ont pas été encore rendus, et donc le profil et la typicité arrêtés. Trois cépages, les plus représentés dans l'aire géographique, à savoir la roussanne, le rolle et le grenache blanc, devraient être mis en avant, "sans pour autant se fermer aux autres cépages compris dans l'AOC Languedoc. L'idée est de définir des cépages qui vont révéler notre terroir et contribuer au profil que l'on aura déterminé. Ce qui est sûr, c'est que nous ne partirons pas sur des vins variétaux, les assemblages seront privilégiés", indique-t-il.
Autre paramètre en réflexion : l'aire géographique à retenir pour les blancs. Si, dans un premier temps, l'ODG avait espoir de faire une délimitation géographique propre aux blancs ou avoir une dénomination complémentaire, l'Inao a vite fait de couper court à ces deux pistes. "L'Inao nous conseille plutôt de rester sur l'aire géographique des rouges. L'autre option serait d'ouvrir l'aire géographique des rouges. Pour l'heure, nous ne sommes fixés sur aucun scénario", commente-t-il.
Mais l'actualité principale de l'AOP Pic Saint Loup, pour le président de l'appellation, reste en priorité la transmission des exploitations et l'arrivée des jeunes, "à qui on doit confier des responsabilités, car ils sont l'avenir de notre terroir". Pour leur permettre d'agrandir leur exploitation et conforter leur modèle économique, ils pourront bénéficier, à partir de 2025, de 30 ha, dont 25 ha en AOP, à Lauret, achetés par la Safer, et découpés en petits lots de 1 à 3 ha.
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