La profession rappelle que les exploitants qui hébergent leurs salariés, et notamment ceux proposant des hébergements collectifs, le font dans le strict respect des règlements, et sont régulièrement contrôlés par les services de l’Inspection du trava
Les cas de Covid-19 décelés sur certains sites employant des saisonniers agricoles dans le département ont, ces dernières semaines, largement alimenté la presse. Et comme on l’imagine, la découverte de ce cluster n’a pas bénéficié à une profession déjà très malmenée médiatiquement. Toutes sortes d’informations ont été relayées à propos des employeurs, des conditions de travail et d’hébergement des salariés saisonniers, portant un peu plus le discrédit sur le monde agricole. La FDSEA et les JA des Bouches-du-Rhône ont souhaité dénoncer il y a quelques jours “ces généralisations abusives, et des insinuations infondées et malveillantes” portées par “plusieurs syndicats de salariés et certains journalistes militants”.
Sur le terrain, la situation n’a certainement pas été prise à la légère par la profession dans le département, tient à rappeler Thomas Chaullier, président des Jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône. “La grande majorité des employeurs agricoles de main-d’œuvre saisonnière ont, dès le début, pris toutes les mesures pour protéger leur entreprise, et prémunir leurs équipes de la propagation du virus. On parle quand même de leur outil de travail, de leur unique récolte et de leur chiffre d’affaires annuel !”
Le nombre de cas positifs en baisse
Le virus reste toujours présent dans le territoire français. Rappelons que, depuis le 9 mai, 272 foyers épidémiques ou clusters ont été mis à jour par la Direction générale de la santé, et que 82 sont en cours d’investigation. Et comme dans n’importe quel autre secteur d’activité qui rassemble des salariés en grand nombre, les entreprises agricoles des Bouches-du-Rhône maintiennent naturellement leur vigilance. Mais aujourd’hui, la situation semble désormais maîtrisée.
“Dans le département, le cluster est en train de s’étioler, puisque nous sommes passés de 251 cas positifs à 170 la semaine dernière, et certainement encore moins dans les jours prochains1. Il faut signaler qu’il n’y a, à ce jour, aucun cas grave, personne n’est à l’hôpital et l’on ne déplore aucun décès. De plus, les employeurs agricoles ont pris leurs responsabilités, en collaborant avec les services de santé, et en faisant tester massivement tous leurs salariés. Plus de 4 000 dépistages ont ainsi été effectués, et la moitié a été prise en charge par les employeurs eux-mêmes auprès de laboratoires, agréés par l’ARS”, rapporte Patrick Lévêque, président de la
FDSEA 13.
D’après l’ARS, tous les nouveaux cas positifs détectés ces derniers jours sont des ‘cas contacts’ déjà identifiés, et la quasi-totalité des cas positifs sont asymptomatiques.
“Les salariés n’ont pas été séquestrés”
La FDSEA 13 veut insister aussi sur le fait que les salariés agricoles testés positifs et les ‘cas contacts’ – testés négatifs, mais ayant été en contact avec des cas positifs – “n’ont pas été séquestrés sur les exploitations sans nourriture, comme l’insinuent certains articles de presse et syndicats de salariés (voir encadré). Les exploitants hébergeant leur personnel ont consciencieusement respecté la procédure préconisée par les services de l’État et l’ARS, à savoir le confinement le plus strict possible, avec apport de nourriture pour éviter les sorties et les contacts avec la population. Les cas positifs, les cas contacts et les personnes ‘négatives’ ont été isolés les uns des autres”, insiste Patrick Lévêque.
La profession rappelle aujourd’hui que les exploitants qui hébergent leurs salariés, et notamment ceux qui proposent des hébergements collectifs, le font dans le strict respect des règlements et sont régulièrement contrôlés par les services de l’Inspection du travail. Ce que les agriculteurs déplorent dès lors, “c’est l’acharnement inacceptable de certains à vouloir ternir une profession tout entière, en montant en épingle certains abus, que nous dénonçons nous aussi bien évidemment avec la plus grande vigueur”, ajoute le président de la FDSEA 13.
Dans le département, le virus s’est développé dans des exploitations qui emploient 50, 100 salariés ou plus, là où les risques de promiscuité sont naturellement plus élevés. “Mais l’on ne sait absolument pas aujourd’hui si le Covid provient des travailleurs saisonniers étrangers qui l’ont importé, ou si le virus a circulé depuis la France”, tient à rappeler Thomas Chaullier.
Un discrédit qui vient pénaliser aussi ‘l’emploi’
Le président des JA 13 poursuit : “La grande majorité des entreprises agricoles est consciente du problème sanitaire et économique que la propagation du virus peut poser. Elle a d’ailleurs pleinement joué le jeu de la prévention, en faisant observer les mesures de protection sanitaires, en logeant les salariés dans les conditions décentes. Tester et sécuriser les salariés était essentiel pour assurer la continuité de l’activité et des récoltes. Malheureusement, quelques exploitations n’ont pas pris leurs responsabilités au sérieux. Mais ces situations, très marginales, ne justifient pas que l’on jette le discrédit sur l’ensemble de la profession”, admet le jeune agriculteur.
“Chacun doit en effet prendre ses responsabilités, en particulier les employeurs qui hébergent leurs salariés. Les services de l’État sont là pour contrôler si certains employeurs ne respectent pas le code rural, et l’on ne cherche pas à les protéger”, ajoute Patrick Lévêque.
Quant au procès du travail détaché que semble vouloir intenter certains, les deux représentants syndicaux rappellent que “la question de l’emploi agricole, notamment saisonnier”, est “prioritaire depuis des années”. Avec leurs partenaires, ils multiplient les démarches et initiatives, pour mettre en lumière les opportunités méconnues, et pourtant prometteuses, de la profession agricole. Pourtant, chaque année, de très nombreux emplois restent à pourvoir, au plan local comme en France. Malheureusement, le besoin de main-d’œuvre fluctuant au fil des campagnes des productions n’est pas nouveau : “Trouver des gens qui veulent travailler est toujours aussi difficile, et nous avons aussi de plus en plus de mal à installer des jeunes. Cette mauvaise publicité faite au monde agricole est contre-productive, alors que notre profession a continué à travailler et à se mobiliser en période de crise, pour remplir les assiettes notamment”, souligne Thomas Chaullier.
L’année dernière, quelque 4 000 salariés saisonniers (français et étrangers) sont venus travailler dans les exploitations agricoles du département. Avec la saison estivale et les récoltes qui
se poursuivent, elles continuent d’accueillir des salariés détachés, mais tout est mis en place avec les prestataires de main-d’œuvre et les services de l’État, pour que des tests soient réalisés dès leur entrée sur le territoire.
Emmanuel Delarue
1 Ils n’étaient plus que 35 cas positifs le 26 juin dernier, d’après le communiqué de la préfecture des Bouches-du-Rhône.
La CFDT a perdu son procès contre neuf sociétés agricoles des Bouches-du-Rhône et une société d’intérim espagnole. Elle leur reprochait le manque de mesures de protection pour des saisonniers étrangers, après l’apparition de plus de 250 cas positifs de coronavirus. Dans son ordonnance, le tribunal judiciaire de Tarascon estime que “l’assignation générale reprend les recommandations applicables en matière de Covid-19, sans toutefois cibler en quoi l’exploitation agricole visée, aurait contrevenu aux mesures préconisées”. Saisi en référé (procédure d’urgence) par le syndicat, le tribunal déclare nulle chacune des assignations visant les sociétés agricoles et l’entreprise de travail temporaire espagnole, Terra Fecundis. Il condamne la CFDT à verser 1 000 € au titre des frais de justice à chacune d’entre elles. Le 22 juin, le syndicat avait demandé aux juges d’enjoindre aux exploitants de procéder à une évaluation des risques, et à la mise en œuvre de procédures de protection – désinfection des outils, fourniture de gel hydroalcoolique et de masques – sous peine d’astreinte de 5 000 € par jour de retard. Le syndicat avait justifié sa démarche après la détection de 258 cas positifs parmi des ouvriers détachés, pour la plupart originaires d’Amérique du Sud et d’Afrique, venus ramasser fruits et légumes dans le département des Bouches-du-Rhône.
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