Hérault
Pierre Calmel est viticulteur à Vendres et à Sérignan. D'abord président de l'IGP Coteaux de Béziers, il a pris la présidence de la coopérative 'Les vignerons de Sérignan' en 2020 et est, depuis la fin du mois de juin, également président de la Fédération des vins IGP de l'Hérault. Un engagement aux multiples casquettes, qui s'appuie volontiers sur la qualité des vins héraultais.
Pierre Calmel est vigneron sur les communes de Vendres et Sérignan. Président de la cave coopérative 'Les vignerons de Sérignan' et de l'IGP Coteaux de Béziers, il a été élu président de la Fédération des vins IGP de l'Hérault en juin dernier.
© Crédit photo : ML
Aujourd'hui installé sur 23 hectares à Vendres et à Sérignan dans l'Hérault, Pierre Calmel est de la sixième génération de viticulteurs dans sa famille. Installé depuis 2013, il a pourtant un parcours quelque peu atypique. "J'ai voulu me lancer dès 2009, mais les prix du vin étaient au plus bas", se souvient-t-il. D'abord un bac de SES (Sciences économiques et sociales) en poche, il poursuit d'abord ses études avec une licence d'espagnol et un master en langues romanes. Après quelques années en tant que surveillant, il enseigne durant une année avant de céder à l'appel de ses racines. "J'achète des terres en 2013 car celles de mon père ne nous permettaient pas d'en vivre tous les deux", retrace-t-il. Il achète à son cousin, comme quoi, dans la famille, la vigne coule dans les veines ! D'abord à temps partiel dans ses parcelles, il se lance totalement 3 ans plus tard, en 2016.
Si son père a initialement passé une vingtaine d'années en cave particulière, il bascule un jour dans la coopération. De fait, Pierre Calmel devient rapidement membre du conseil d'administration (CA) de la cave coopérative 'Les vignerons de Sérignan', dès 2014. Avec un soupçon de fierté, il se rappelle y avoir fait un peu tous les postes en tant que saisonnier, dans sa jeunesse. C'est donc assez naturellement qu'il décide de s'y investir. En 2015, il intègre également le CA de l'IGP Coteaux de Béziers, dont il prend la présidence en 2018. Deux ans plus tard, il brigue celle de la cave. Depuis le mois de juin dernier1, il est le président de la Fédération des vins IGP de l'Hérault, ce qui fait de lui... un vice-président du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL) et des IGP nationaux. Un nombre de casquettes impressionnant qui ne prouve qu'une chose : l'envie de faire briller les vins de son territoire.
Quand on a envie de faire les choses correctement, s'engager semble logique. C'est du moins comme cela que Pierre Calmel a toujours envisagé son investissement auprès de son territoire et des vignerons qui le travaillent. "Ce qui me décide, c'est que nous faisons des vins de qualité, j'ai envie de les mettre en avant", atteste-t-il. Et quand la qualité est au rendez-vous, "c'est assez plaisant de faire partie des décideurs d'une filière".
Une chance, aussi, d'avoir une famille soudée et qui l'encourage. "Si je fais tout ça, c'est aussi que ma femme l'accepte. Nous nous sommes mariés en 2009 et elle est directrice de crèche, elle aussi a beaucoup de boulot", souligne-t-il. Du boulot, et ensemble, 2 enfants : un garçon de 9 ans et une fille de 12. Bien faire les choses est donc aussi important sur le point de vue familial, histoire de tenir sur la longueur. "J'entraîne les Arlequins, les enfants de l'école de rugby de Vendres, Sérignan et Lespignan. Ça me permet de déconnecter, de passer du temps avec mon fils, et plus largement avec ma famille lors des tournois. Mes parents gardent les enfants... En fait c'est un travail d'équipe essentiel."
L'esprit d'équipe et les valeurs du rugby le transcendent tout autant que celles de la vigne et de la coopération. Un engagement pour le collectif, coûte que coûte. "Il faut le faire tant qu'on peut, sinon un jour vous vous réveillez à 50 ans et vous avez l'impression de n'avoir rien fait de votre vie. Aujourd'hui, je le fais parce que ça me plaît et le jour où ça deviendra une contrainte, je passerai la main", conçoit-il, réaliste. Car pour faire briller les IGP du département et les vins de sa coopérative, il faut forcément de l'envie. "La chance que nous avons avec notre territoire, c'est que la palette est tellement large que l'on peut satisfaire tous les consommateurs. On peut les faire voyager au sein même du département", insiste-t-il.
Dans ses vignes, il a dû réfléchir à l'adaptation de ses pratiques au changement climatique. "J'essaie de faire des choses. J'ai par exemple laissé l'enherbement naturel un rang sur deux depuis neuf ans et j'ai pu constater une réduction de l'échaudage sur mes parcelles", témoigne le vigneron. Pierre Calmel a également décidé de rogner et d'écimer moins proche du raisin, pour préserver les fruits lors des fortes chaleurs. "J'ai également la chance d'avoir l'irrigation sur 16 ha de mes vignes depuis cette année. Le but n'est pas d'augmenter le volume, mais d'éviter un stress hydrique trop important, pour préserver la qualité des raisins. Nous avons un technicien à la cave coopérative qui nous accompagne sur le pilotage", explique le président de celle-ci.
Car en cave aussi, il faut s'adapter et les équipes l'ont bien compris. En 2021, elle réalise un gros investissement en deux phases. D'abord avec 6 millions d'euros sur la partie industrielle, puis 2 M€ sur le caveau de vente et la salle de dégustation. "C'était essentiel, nous sommes sur un seul site, ce qui fait de nous le plus gros caveau d'Occitanie. Nous avons la chance d'avoir les stations balnéaires qui drainent le tourisme et comme nous proposons un bon rapport qualité-prix, avec de l'événementiel qui fonctionne bien, les gens reviennent souvent vers nous", rappelle Pierre Calmel.
S'adapter et se renouveler, car la situation de la basse plaine de l'Orb face à la problématique de salinité dans les terres pose des problèmes de viabilité dans les vignes2. Des sujets qui n'empêchent pas les vignerons de se mobiliser. Pendant les vendanges, qui ont démarré plein pot le 12 août, le travail ne diminue pas. Pierre Calmel a quant à lui commencé le 18 avec le merlot en rosé et en a fini avec son cépage fétiche, le chardonnay. Le 25 août, il s'était attaqué au viognier et à la syrah pour le rosé. Car oui, présider des structures est un beau projet, mais ramasser ses raisins n'est pas pour autant moins important !
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