Safer
Réuni le 28 avril au Cannet-des-Maures, le comité technique départemental de la Safer a été l'occasion de faire le point sur l'activité de la société sur le territoire, ainsi que sur les enjeux à l'œuvre et les perspectives qui se dessinent.
L'équipe varoise de la Safer était réunie le 28 avril au Cannet-des-Maures pour la réunion de printemps du comité technique départemental et la remise de l'ordre du Mérite agricole à son ancien directeur.
© Crédit photo : DR
C'est l'usage, chaque printemps : la réunion du comité technique départemental de la Safer Paca s'ouvre aux acteurs du territoire, afin de présenter l'activité de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural. Au-delà des chiffres, l'exercice vient mettre en lumière les actions déployées et éclairer les tendances et enjeux du marché foncier agricole.
Dans le Var, ce dernier est resté particulièrement dynamique en 2022. Et si les indicateurs sont en légère diminution par rapport à 2021, année exceptionnelle en conséquence de la pandémie de Covid, la tendance est toujours haussière, aussi bien en nombre d'opérations qu'en surface et en valeur. 5 962 notifications de transactions de biens ont ainsi été transmises à la Safer dans le département l'an dernier, dont 1 645 pour le seul marché agricole, pour une surface totale de 6 258 hec- tares et un montant global de 547 millions d'euros (M€).
"Le marché est de plus en plus tendu, avec une problématique forte de détournement d'usage, de mitage et de cabanisation", observe Sylvain Audemard, président du comité technique Safer du Var. "Depuis plusieurs années déjà, on observe de plus en plus de concurrence sur la zone agricole. Et c'est une tendance particulièrement marquée dans le Var. Tout le monde veut son lopin de terre, ce qui explique que la Safer intervienne de plus en plus en préemption. Cela traduit aussi la volonté de la structure et de la profession agricole de protéger les espaces agricoles", développe Christophe Campanelli, nouveau directeur départemental de la Safer Paca.
"Du fait de la défection des services de l'État - qui n'ont plus les moyens de traiter les dossiers engorgeant les tribunaux - et des collectivités - dépourvues d'outils d'intervention -, il y a de plus en plus de boulot pour la Safer. Il y a malheureusement trop de différences entre le discours de politique publique des autorités et la réalité du terrain", déplore Sylvain Audemard.
Le nombre d'acquisitions par préemption initiées dans le département est donc en augmentation, s'élevant au nombre record de 315 dossiers en 2022. Leur correspondance en surface et en valeur est, en revanche, en baisse. "Les commissaires du gouvernement qui encadrent l'activité de la Safer sont de plus en plus regardants sur les sessions de domaines viticoles, où les prix peuvent être très élevés dès qu'il y a du bâti. Pourtant, sur ces gros dossiers, on arrive aussi à récupérer des terres. C'est par exemple le cas sur une grosse vente à La Motte, où la Safer a pu récupérer sept hectares pour installer un jeune viticulteur hors cadre familial. Et puis les Safer vivant de leur activité, un gros dossier permet de financer plusieurs petits dossiers", souligne Sylvain Audemard.
On peut noter que, l'an dernier, la Safer a porté environ 200 dossiers de préemption en révision de prix. Un chiffre qui a doublé en deux ans. "Sur vignes, on est sur une nette augmentation des prix, corrélés à la conjoncture viticole en Provence. Sur le reste des terres, la tendance est plus stable", indique Christophe Campanelli. Cette année, avec l'entrée en vigueur de la loi Sempastous sur le contrôle des cessions de parts sociales, la Safer doit voir ses moyens d'intervention renforcés, de sorte à mieux assurer encore ses missions régaliennes de préservation des terres agricoles et de régulation de prix.
Dans le cadre de son PPAS (programme pluriannuel d'activité stratégique), la Safer Paca prévoit également d'augmenter ses capacités de stockage. Là encore, la tendance est à la hausse depuis plusieurs années. En 2022, le stock de la Safer dans le département était de 212 ha pour une valeur globale de 6,3 M€. "C'est un parti pris de la Safer et de la profession agricole, afin d'éviter que des surfaces partent au profit de non-agriculteurs d'une part, et d'en restituer d'autres à l'agriculture, d'autre part", défend Christophe Campanelli.
En parallèle de l'augmentation des préemptions, la Safer voit aussi de plus en plus de candidats à l'acquisition. En 2022, on compte, dans le Var, 991 candidatures pour 322 rétrocessions. "Les comités techniques qui rétrocèdent les terres ont une lourde responsabilité d'arbitrage. Il faut s'assurer que le projet se mette bien en place. Le cahier des charges qui accompagne une rétrocession prévoit que l'acquéreur s'engage à le mettre en œuvre dans les 10 à 15 ans. Au-delà, si ce n'est pas le cas, nous avons la possibilité d'annuler la vente. Et aujourd'hui, dans le cadre du PPAS, nous renforçons le contrôle de ces cahiers des charges : 32 dossiers seront contrôlés en 2023. Certains le seront de façon systématique, d'autres de façon aléatoire", explique Christophe Campanelli.
La souveraineté alimentaire est un autre enjeu majeur du PPAS, qui se doit d'être pris en compte par le comité technique pour installer et conforter des exploitations en filières alimentaires, et notamment en maraîchage. "La Safer et la Chambre d'agriculture ont signé une convention dans ce sens. Le but est d'éclairer le comité technique sur les profils de candidats qui s'installent, souvent hors cadre familial, mais aussi d'accompagner les porteurs de projet. Après, là où il n'y a pas d'eau, on ne peut malheureusement pas installer en maraîchage, et c'est aussi un facteur à prendre en considération", commente Sylvain Audemard. Le président du comité technique et les équipes de la Safer sont par ailleurs particulièrement attentifs à la multiplication des projets d'agrivoltaïsme. "Il faut que l'agrivoltaïsme soit une valeur ajoutée pour l'agriculture. Tout projet doit se prévaloir de références techniques avant d'être mis en œuvre. Aujourd'hui, on limite ces projets en surface et, s'ils sont acceptés, nous imposons sur les biens rétrocédés un suivi par la Chambre d'agriculture, pour s'assurer que la production agricole et sa rémunération soient effectives", insiste Christophe Campanelli.
"Dans le Var, il y a un vrai travail de partenariat avec la Chambre d'agriculture et les organisations agricoles. Nous avons aussi des conventions avec la plupart des communes du département. C'est essentiel pour mener une action cohérente et efficace", apprécie le nouveau directeur départemental de la Safer.
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Originaire des Bouches-du-Rhône, où il a fait ses débuts au sein de la Safer en 2000, Christophe Campanelli était directeur départemental de la société d'aménagement chez nos voisins bucco-rhodaniens depuis 2018.
Depuis le 3 avril, il succède à Bruno Vieuville à la tête de la direction départementale du Var, un département qu'il connaît bien, où il vit et où il a exercé la mission de conseiller foncier entre 2003 et 2017.
À cette fonction, il s'inscrit pleinement dans les objectifs du nouveau programme pluriannuel de la Safer Paca, et salue le travail engagé par son prédécesseur. Pour le bien de l'agriculture varoise, il a également à cœur de former un binôme efficace et constructif avec le président du comité technique départemental.
Jeune retraité, Bruno Vieuville a vu son parcours professionnel honoré de la médaille de Chevalier de l'ordre du Mérite agricole, qu'il a reçue des mains de Patrice Brun, lors de la dernière réunion du comité technique du Var. À cette occasion, le pdg de la Safer Paca a loué l'implication et le professionnalisme du désormais ancien directeur départemental de la Safer dans le Var, "ardent défenseur de l'installation, de l'aménagement foncier, de l'appui aux collectivités et de la préservation de l'environnement".
Titulaire d'un doctorat en phytosociologie (discipline qui étudie les végétaux et leurs relations au milieu), Bruno Vieuville a entamé sa carrière en 1986 dans les Hautes-Alpes. Il s'est d'abord forgé une expérience dans les domaines de la protection de la biodiversité et de l'aménagement rural et pastoral dans différentes structures (Adasea, Ogaf), avant de rejoindre la Safer, en 1988, en tant que conseiller foncier dans le Gard, puis dans le Vaucluse, et enfin dans le Var, où il sera promu directeur départemental en 2013.
Au service des territoires ruraux et de l'agriculture tout au long de ces années, c'est "avec la satisfaction du devoir accompli", qu'à 64 ans, Bruno Vieuville vient de faire valoir ses droits à la retraite. Fier des bons résultats obtenus avec son équipe et de la reconnaissance des services rendus, il salue les hommes et les femmes, collègues, responsables agricoles, représentants des services de l'État, avec lesquels il a travaillé au fil du temps. "La Safer Paca et l'ensemble de l'équipe départementale ont une vision affirmée de l'intérêt général pour l'agriculture", apprécie-t-il, en défendant "l'esprit fédérateur" indispensable à la réalisation de ses missions.
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