Irrigation de la Crau
Après des restrictions sur les prélèvements des prises de la Basse Durance depuis la fin juin, la Commission exécutive de la Durance a décidé de couper les canaux desservis par l'Union du canal commun Boisgelin Craponne à partir du 1er septembre.
La profession agricole a alerté les services de l'Etat des multiples conséquences sur le territoire d'une coupure de l'UBC.
© Crédit photo : Emmanuel Delarue
La région est confrontée à une sécheresse exceptionnelle. Depuis le 1er septembre 2021, le cumul des précipitations efficaces est inférieur à 50 mm en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'impact de cette sécheresse, couplée à de fortes chaleurs, se fait ressentir sur l'ensemble de la région et pour l'ensemble des usages (agricoles, industriels et énergétiques, domestiques, et parfois même alimentation en eau potable), ainsi que sur les milieux naturels.
Très tôt dans la saison, la Commission exécutive de la Durance (CED) s'est employée à prendre des mesures de gestion, dans l'objectif d'une gestion économe en eau au plus près des besoins agricoles et en eau potable.
Dès le mois de juin, une restriction de 25 % a ainsi été mise en œuvre sur l'ensemble des canaux, à l'exception du canal de Marseille (prioritaire pour l'alimentation en eau potable) et de l'Union Boisgelin Craponne (UBC), dont les ouvrages de régulation ne peuvent pas supporter une restriction de plus de 20 %. Aussi, et grâce à la solidarité entre les canaux de la CED, un complément de débit particulier de 5 m3/s a pu être octroyé à l'UBC (canal de la Crau) depuis fin juin.
Compte-tenu de la sécheresse persistante, et dans un esprit de responsabilité et d'équité entre les canaux membres de la CED, en lien avec l'UBC, les membres de la CED ont voté le 11 août le principe d'une coupure des canaux de la Crau desservis par l'UBC à compter du 24 août. Les orages du 15 août ont permis de repousser cette échéance au 1er septembre. En intégrant les prévisions météorologiques disponibles, la CED, à nouveau réunie le 24 août, a confirmé cette échéance et donc la nécessité de couper les canaux desservis par l'UBC à partir du 1er septembre, date ultime, sauf modification importante de la climatologie. En complément de cette mesure exceptionnelle, les autres canaux de la CED vont continuer à intensifier leurs efforts dans l'objectif de gérer au mieux, jusqu'à la fin des cultures, la réserve disponible.
"L'infrastructure raccordée au répartiteur de Lamanon assure toutes les irrigations des prairies autour de Salon-de-Provence et bien sûr de l'ensemble de la Crau. C'est l'un des plus gros distributeurs d'eau au sein de la CED (environ 1/3 des volumes). Mais aujourd'hui, pour ne pas dépasser la réserve agricole, ce qui entraînerait de grosses pénalités financières au détriment des canaux, cette décision était la seule solution réalisable", rapporte le directeur de la CED, Jérôme Grangier.
Décision inévitable donc, qui aurait pu l'être cependant. "Il aurait fallu pour cela, mais il y a déjà quelques années, mettre en place un système de régulation important sur les branches qui s'alimentent sur le canal de Craponne et sur l'UBC pour permettre une meilleure répartition de l'eau et surtout de couper l'eau aux activités moins prioritaires", complète Jean-Louis Plazy, président du syndicat des arrosants de la Crau. Cependant, "les conséquences sur le territoire s'annoncent multiples. Et la profession agricole n'a pas manqué d'alerter les services de l'État sur celles-ci lorsque nous avons rencontré le Préfet de région le 26 août", indique Patrick Lévêque, président de la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône.
Si jusque-là, les coupes de foin ont pu s'effectuer 'presque normalement', certains terrains n'ont toutefois pas pu être irrigués en raison des restrictions. Globalement 'l'essentiel' a été sauvé. La difficulté est à présent liée à la nécessité d'arroser à nouveau les prairies, afin de recevoir les quelque 150 000 moutons qui descendent des alpages pour bénéficier de cette 4e coupe de foin.
Cette année, en raison de l'absence de précipitation, ils ont par ailleurs trouvé très peu d'herbe en altitude et ont tendance à rentrer plus tôt. Mais dans les plaines, celle-ci risque de manquer aussi cruellement.
Pour les éleveurs ovins des Bouches-du-Rhône, sans changement météo, la situation s'annonce très problé- matique. "Les pertes en production de foin de Crau s'élèvent déjà à plus de 50 %. Une vive inquiétude s'installe chez ces éleveurs qui se demandent comment faire pour nourrir leurs bêtes pour les six prochains mois si ces prairies se retrouvent complètement sèches. Ils voudraient pouvoir être entendus et compris par les pouvoirs publics afin de trouver une solution pérenne pour leur système d'exploitation extensif historique", déclare Luc Bourgeois, président de la fédération des éleveurs ovins du département.
L'arboriculture, elle, est indirectement concernée par l'eau du canal de l'UBC. L'essentiel de l'eau qui irrigue les vergers de la Crau est issue de forages qui viennent pomper dans la nappe. Si faute d'arrosage, la nappe phréatique de la Crau est trop basse, les arboriculteurs risquent cependant de ne plus pouvoir pomper et irriguer leurs vergers.
Une rupture sur la ressource en eau potable des villes alimentées par la nappe de Crau (Arles, Martigues, Saint-Martin-de-Crau, Fos, Istres) serait par ailleurs également un scénario redouté, mais possible.
"L'avantage de la nappe est qu'elle sert de tampon, de stockage indirect. Les effets d'une coupure sur l'eau qui alimente la nappe se ressentiront plutôt dans un mois", commente Jean-Louis Plazy. Espérons donc que d'ici là que la météo automnale vienne jouer son rôle et recharger les sols.
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