Chambre d'agriculture
Le 23 juin au Domaine des Planes, l'équipe de Sylvain Audemard a présenté le projet de mandature de la Chambre d'agriculture du Var pour la période 2025-2031. Objectif : développer solutions et opportunités pour les exploitations et les filières du département.
Cette session d'été a reçu le nouveau préfet, Simon Babre, entouré du président de la Chambre d'agriculture, Sylvain Audemard (à droite), et du conseiller départemental, Nicolas Martel (à gauche).
© Crédit photo : GL
"Le travail a été intense depuis les élections pour mettre en place et réunir nos commissions, qui s'appuient sur des élus et des équipes techniques motivés et impliqués, pour construire et mettre en œuvre notre projet de mandature", introduit le président de la Chambre d'agriculture, Sylvain Audemard, lors de la session consulaire organisée mi-juin à Roquebrune-sur-Argens.
La diversification est le premier axe stratégique de la feuille de route présentée à cette occasion. Une commission dédiée aura en charge de déployer des actions en termes de production, de commercialisation, d'agritourisme, dans l'objectif de proposer aux agriculteurs des solutions fiables dans la mise en place d'ateliers de diversification, de cultures émergentes, de nouveaux modes de vente directe et collective, d'activités agritouristiques. Vaste champ d'action, la diversification comprend de nombreux enjeux, parmi lesquels la clarification des règles en matière d'agritourisme, ou encore le développement des produis locaux en RHD.
La Chambre prévoit aussi de se saisir de la question de la diversification énergétique. À compter de 2026, un diagnostic viendra recenser les différentes possibilités de ressources et les besoins des agriculteurs varois, dans le but de les accompagner vers de meilleures performances en la matière.
Pour l'heure, un forum dédié à la diversification est d'ores et déjà programmé à l'automne qui vient.
L'appui aux filières du département est un autre axe du projet de mandature 2025-2031. Pour chacune d'entre elles, la Chambre entend apporter son expertise pour répondre aux différents défis économiques, techniques et climatiques à relever.
En viticulture, au-delà de ses missions techniques et sanitaires, un des chantiers prioritaires en cours est celui de la mobilisation contre la flavescence dorée. Matériel végétal et expérimentation sont aussi des orientations fortes.
Pour ce qui concerne l'élevage, la concrétisation du transport d'animaux et du retour des carcasses pour les ruminants se poursuit. Un autre enjeu concerne la sécurisation en eau d'abreuvement des troupeaux. La Chambre prévoit par ailleurs de renforcer son action en faveur de l'apiculture et de l'émergence des filières porcs et volailles.
En matière d'horticulture, la labellisation MPS pour la commercialisation à l'international et la réhabilitation de serres en friche fera partie des chantiers à mener.
Au volet maraîchage et arboriculture, outre le maintien de la présence déployée sur le terrain lors du précédent mandat, l'équipe présidée par Sylvain Audemard entame un important travail de structuration de filière et accompagne, pour commencer, la création d'une association des maraîchers et arboriculteurs du Var, qui doit être portée sur les fonds baptismaux dès le 4 juillet.
Une toute nouvelle commission relative à l'agriculture biologique et durable a par ailleurs été créée, afin d'accompagner et de développer les pratiques en agriculture biologique et en agroécologie. Des partenariats avec des opérateurs techniques pourront aussi être noués pour porter des projets structurants. "On précisera tout cela à l'automne, mais les financements baissent pour tout le monde et on se doit d'être efficace collectivement", indique Sylvain Audemard, interrogé sur ce point par les élus de la Confédération paysanne du Var.
Troisième axe du projet de cette mandature : "l'accompagnement des exploitions à chaque étape de leur vie". À ce titre, une politique foncière offensive de préservation et reconquête doit être poursuivie, avec le développement de ZAP, la mobilisation accrue de l'outil de mise en valeur des terres incultes, ou le combat contre les détournements d'usage.
En matière d'installation et de transmission, il s'agira notamment "de professionnaliser les porteurs de projet" et de mieux cibler les cédants pour accompagner les transmissions le plus en amont possible.
La Chambre d'agriculture veut également renforcer ses actions de formation pour accompagner la montée en compétences des exploitants et des salariés, mais aussi pour favoriser l'employabilité d'une main-d'œuvre qui se fait rare. Dans ce cadre, le catalogue de formations est actuellement en cours de renouvellement.
Un guichet d'aide aux entreprises doit, en parallèle, être mis en place pour les informer sur les multiples questions liées à l'environnement.
Eau et gestion des risques restent aussi des enjeux majeurs, avec l'ambition pour la Chambre de ne laisser aucun territoire sans ressource en eau, de concrétiser les projets de coupures agricoles contre les incendies, et de continuer à accompagner les exploitations frappées par les aléas. "Tous les agriculteurs doivent avoir accès à l'eau, il n'est pas question d'opposer une filière à une autre. Après, l'irrigation doit être raisonnée, mais il faut de l'eau pour avoir des exploitations viables et rentables", défend Sylvain Audemard.
Pour finir, la promotion des produits et le tissage de liens entre milieu urbain et secteur agricole figurent aussi au programme de l'équipe de Sylvain Audemard, pour laquelle il est enfin essentiel de "rendre lisible et visible" l'offre de services de la Chambre et de valoriser ses réalisations et ses résultats.
Invités à témoigner, les agriculteurs de la basse vallée de l'Argens sont venus mettre en lumière plusieurs des problématiques, qui sont au cœur des préoccupations de cette mandature. "On est dans la plaine la plus fertile d'Europe, qui est malheureusement inondable, avec encore deux évènements notables l'an dernier et un fort problème de détournements d'usage qui nous hérisse et nous inonde aussi", présente brièvement Sébastien Perrin, secrétaire général de la Chambre et exploitant du secteur. La fréquence et l'intensité des inondations met des exploitations en péril. "Rien ne change, on se sent abandonné", désespère Olivier Ciamous, maraîcher à Roquebrune. "En revanche, la plaine change. Elle est de plus en plus inondable, de plus en plus cabanisée, de plus en plus impactée par le changement climatique. Là où il faudrait envisager la diversification, on est encore confronté à la problématique inondation", pointe Stéphane Morféa, producteur de jeunes pousses et de fraises à Puget-sur-Argens. "On fait pourtant partie de la carte postale du territoire, où les gens viennent pour le soleil, la plage, mais aussi les bons produits à mettre dans les assiettes", souligne Maxime Rotureau, maraîcher de Roquebrune.
"Depuis les inondations de 2010 qui ont fait 27 morts, qu'est-ce qui a été fait ? À part des millions d'euros d'études, moins de 10 % de la feuille de route du syndicat mixte de l'Argens a été réalisé", dénonce à son tour Sylvain Audemard.
Une détresse entendue par Simon Babre, nouveau préfet du département. Présent dans le Var en 2010, en tant que directeur de cabinet de la préfecture, il tient toutefois à souligner que "le département a beaucoup évolué depuis sur la prévention des risques naturels".
Concernant les détournements d'usage de la terre agricole, le représentant de l'État se dit attaché "au fait de sans cesse rappeler le respect de la règle" et "favorable à utiliser plus souvent la voie administrative pour aller plus vite, sans s'interdire la voie pénale pour les cas les plus graves".
Il s'accorde par ailleurs avec la profession agricole sur la nécessaire adaptation au changement climatique et indique que la demande de financement déposé à ce titre auprès du Fonds vert est actée, tout comme celle relative à l'avenir des serres en fiche. "Déterminé à aller de l'avant", le préfet Babre s'engage à ne pas faire de figuration.
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En lien avec la loi d'accélération de la production d'énergies renouvelables, la Chambre d'agriculture s'est vu confier la tâche de réaliser un document cadre pour définir les zones agricoles et naturelles dans lesquelles pourront s'implanter des installations photovoltaïques au sol. Communes forestières, Office national des forêts (ONF) et Centre national de la propriété forestière (CNPF) ont été associés à ce travail de cartographie, pour lequel la Chambre d'agriculture fait le choix d'exclure tous les espaces à enjeux agricoles (zone agricole, zone AO, friche de moins de dix ans, espaces pastoraux si la compatibilité avec le photovoltaïque n'est pas prouvée...) pour éviter toute concurrence, alors que le foncier agricole est déjà limité et soumis à une forte pression.
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