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Face aux défis économiques et réglementaires, les Vignerons Indépendants de l'Hérault serrent les rangs. Lors de leur assemblée générale du 3 février, leur président, François-Régis Boussagol, a rappelé l'engagement du syndicat pour défendre la filière.
Réunis pour défendre leur métier, les Vignerons indépendants de l'Hérault ont mis en avant leurs revendications : de la simplification administrative à la fiscalité, en passant par la nécessité d'une meilleure valorisation de leur production.
© Crédit photo : AL
Rester unis, soudés et ne faire qu'un bloc, telle est la promesse faite par François-Régis Boussagol, président des Vignerons indépendants de l'Hérault, durant l'assemblée générale, qui s'est tenue lundi 3 février à l'espace Vinalia de Lattes. Pour faire face à la situation, ce dernier rappelle l'implication du syndicat dans les différentes réunions, des échanges, nombreux, qui ont permis de faire avancer les choses. Si certaines revendications ont pu être obtenues comme l'augmentation des minimis - passant de 20 000 à 50 000 euros sur 3 ans -, le plan d'arrachage définitif, ou encore les contrôles à l'agriculture, la simplification reste encore difficile à être mise en place. "Ce sujet est le fer de lance des mobilisations de 2024, et malgré cela, de nouvelles contraintes semblent apparaître : ZNT bois, réglementation emballage, métrologie (mesures), traçabilité informatique, arrêté pollinisateur... la simplification a du boulot", lance sèchement le président.
Autre cheval de bataille, plus personnel cette fois-ci, le versement d'un acompte pour des contrats d'achats spot, au comptant, afin de faciliter, selon le président, la mise en place de contrats pluriannuels. "Nous demandons l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article L. 665-3 du Code rural, qui permet à un accord interprofessionnel de déroger à l'obligation de verser un acompte de 15 % dans les dix jours qui suivent le contrat." Cette mesure donnerait un coup d'oxygène à la trésorerie des vignerons, face à des prix jugés faibles et des délais de retiraison de plus en plus longs. Même irritabilité concernant la TFNB, que le syndicat souhaite supprimer, purement et simplement, "bien au-delà d'un dégrèvement général par commune".
La loi Evin reste elle aussi dans le collimateur du syndicat, avec la demande de sa suppression définitive avec, en parallèle, le rétablissement de la journée nationale du vin, célébrée partout en Europe au sein des pays viticoles, mais pas en France. "Cela nous permettrait de retrouver l'image du vin dans notre patrimoine et notre culture." Le président n'en démord pas, "le vigneron doit pouvoir bien vivre de son métier, et ce n'est pas facile, notamment dans le contexte économique, politique et sociétal d'aujourd'hui". Il apparaît donc que la valorisation du métier et la diversification de l'activité sont des pistes à prendre au sérieux. "Produire n'est plus suffisant, il faut aujourd'hui communiquer et commercialiser."
L'enjeu est donc de créer un vin qui corresponde mieux aux attentes des consommateurs, mais force est de constater que la demande va bien au-delà de la production. Fraîchement nommé président du pôle œnotourisme d'Atout France, Ludovic Walbaum n'y va pas de main morte pour chanter les louanges de l'œnotourisme. "C'est aujourd'hui un levier naturel au développement et à la notoriété de nos entreprises."
Deuxième région œnotouristique sur le plan national, l'Occitanie attire chaque année plus de 2,2 millions de visiteurs, et c'est donc tout naturellement que beaucoup de vignerons ont d'ores et déjà franchi le cap en accueillant du public, parfois novice, mais toujours très curieux quand il est question de mettre la tête dans les champs.
Si on devait nommer une icône, ce serait Valérie Castan, vigneronne au Domaine Castan, qui se sent "fière de faire partie de ce mouvement que son père déjà, il y a fort longtemps, avait senti comme un atout pour le monde viticole". Depuis plus de 20 ans, cette vigneronne convaincue a mis en place des activités touristiques au domaine, puisant sa force dans son attachement au terroir et à l'authenticité de son travail. "Le vin, c'est la rencontre d'un terroir, d'une histoire et d'un partage." Comme elle le rappelle à juste titre : "Il n'est pas nécessaire d'investir des sommes incroyables. Vous pouvez commencer avec des outils que vous avez, et c'est votre relationnel et votre histoire qui vont faire toute la différence."
Mais faire de l'œnotourisme, c'est ouvrir ses portes, se mettre en avant et communiquer, autant dire, un tout autre métier. Si la verve et la créativité ne sont pas faciles pour tous, on peut faire appel à des sociétés spécialisées dans le conseil stratégique. Dirigé par Caroline Dubois de Montreynaud, Polymnie Conseil met son savoir-faire au service des producteurs souhaitant renforcer leur notoriété et optimiser leur stratégie. "Se concentrer sur ce qui est faisable et cohérent avec son positionnement est essentiel", explique-t-elle. Face aux évolutions du marché et aux nouvelles attentes des consommateurs, la société intègre les tendances digitales et les outils modernes, afin d'optimiser la présence en ligne des domaines et d'exploiter pleinement les opportunités offertes par le numérique. "Faire les choses bien, même si elles ne sont pas parfaites, permet de progresser et d'obtenir des résultats concrets", insiste Caroline Dubois de Montreynaud.
Face à de nombreuses turbulences économiques, obtenir des résultats concrets est une priorité pour la filière viticole. Vin, mais aussi cognac et armagnac font face au même mur d'incertitudes. "Nous devons sans arrêt nous battre pour ne pas avoir des conséquences sur la compétitivité de nos entreprises", concède Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Pour ce dernier, le plus gros regret semble graviter autour de l'arrachage temporaire qui n'a pas trouvé de réponse favorable au sein de la Commission européenne. Néanmoins, il l'assure, "je peux vous dire que nous ne baissons pas les bras pour obtenir cette mesure-là".
Pour rappel, plus de 40 millions d'euros, émanant du fonds alloué à l'arrachage définitif, d'un montant initial de 150 M€, restent mobilisables pour la filière viticole. Jérôme Despey en donne les priorités : les jeunes générations qui, pour certaines d'entre elles, n'ont encore rien récolté depuis leur installation, un soutien aux outils économiques, et enfin la défense de la promotion et de l'œnotourisme."Ce sujet va être débattu dans les prochaines semaines auprès de la ministre de l'Agriculture."
L'autre chantier, et pas des moin- dres, concerne la structuration d'un plan de filière, avec une réflexion centrale sur le marché et des plans de contractualisation pluriannuels, mais aussi l'amélioration de la capacité des vignerons à investir, car comme il le souligne, "il n'y a pas d'avenir s'il n'y a pas d'investissement". Pour clôturer son intervention, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer défend la préservation de l'OCM vitivinicole, car "certains voudraient mettre en place des politiques, sans entendre ce que veulent les vignerons ; alors que cet argent, c'est le leur". Que veulent donc les vignerons ? Selon Jérôme Despey, "ces derniers veulent investir dans de nouveaux plans collectifs, afin de restructurer le vignoble et pouvoir s'adapter au marché, mais aussi investir dans la proximité, comme dans l'export à l'international".
IL a dit
Concernant la défense des vignerons, Jean-Marie Fabre garde un état d'esprit "résolument optimiste, car nous n'avons pas les moyens d'être pessimistes et de rester observateurs". Afin de soutenir les 70 départements viticoles français et de sauver plus de 500 000 emplois et 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le président table sur trois conquêtes : la résilience économique, climatique, et la conquête commerciale. "Malgré les tumultes gouvernementaux, je peux vous confirmer qu'avec la ministre de l'Agriculture, le ligne est directe." Rejoignant ses prédécesseurs sur les sujets économiques et climatiques, ce dernier rappelle que "face aux menaces de la géopolitique actuelle, venant de Chine, des États-Unis ou de l'Europe de l'Est, nous devons construire, par anticipation, un fonds d'urgence européen, pour soutenir la conquête commerciale partout dans le monde, face aux taxes annoncées ou futures qui ne manqueront pas d'arriver".
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