Couverts végétaux en climat méditerranéen
L'évidence du terrain nous rappelle un fait : la gestion des couverts végétaux en climat méditerranéen ne peut pas être la même qu'en climat océanique ou continental.
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"L'évidence du terrain nous rappelle un fait : la gestion des couverts végétaux en climat méditerranéen ne peut pas être la même qu'en climat océanique ou continental. Les modalités de leur destruction (choix de la date, de l'outil, gestion des résidus) doivent être adaptées au contexte pédoclimatique, aux objectifs de production, aux services visés, et doivent reposer sur des règles de pilotage éprouvées. Cela implique que ces règles ne doivent surtout pas s'appuyer sur une vision dogmatique des pratiques agricoles.
Sur le terrain, nous rencontrons trop de vignerons qui s'engagent dans des chemins hasardeux, en prenant des risques élevés, souvent après avoir visionné des vidéos sur Internet qui mettent en avant des solutions "universelles" : par exemple, une couverture permanente du sol en toutes conditions, l'utilisation exclusive du rouleau, ou encore une date de destruction unique à floraison du couvert fin mai.
Tous issus de différents organismes techniques et de recherche, nous sommes convaincus de l'utilité des couverts végétaux. Nous effectuons des suivis de terrain pour trouver les meilleurs compromis entre bénéfices et impacts indésirables des couverts végétaux sur la vigne et le sol, surtout dans nos conditions méditerranéennes. Les couverts végétaux sont un des leviers majeurs à mobiliser pour la transition agroécologique de la viticulture, et son adaptation au changement climatique.
Leurs services sont multiples, par exemple, l'augmentation de l'infiltration de l'eau dans les sols, la réduction de l'érosion hydrique et éolienne des sols, la production in situ de matière organique qui stimule l'activité biologique des sols, la fertilisation des sols, ou encore l'amélioration de la biodiversité. Les services rendus par les couverts végétaux sont nombreux et très bien documentés. En revanche, nous sommes convaincus que l'adoption durable des couverts végétaux ne peut s'opérer que si l'impératif de restaurer les sols viticoles rencontre l'impératif d'atteindre les rendements visés, d'obtenir des raisins de qualité et d'assurer une viabilité économique pour les structures utilisatrices. En d'autres termes, l'agroécologie doit permettre aux agriculteurs de se rémunérer.
Des effets négatifs peuvent vite survenir au printemps, notamment concernant la concurrence hydro-azotée avec la vigne, et particulièrement en climat méditerranéen. La question n'est pas simple et le pilotage de la destruction des couverts végétaux en Méditerranée est actuellement au cœur de notre travail. Certains printemps humides, le risque de concurrence est faible, et on pourra favoriser la production de biomasse du couvert et les services associés, en retardant sa date de destruction. En revanche, une année où les recharges hivernales sont déficitaires, laisser pousser son couvert tardivement au printemps pourrait avoir des impacts négatifs sur la vigueur et la production de la vigne, particulièrement dans les cas où l'irrigation est absente, et les sécheresses fréquentes au printemps et en été. Au-delà des objectifs de rendement et qualité, une multitude de facteurs sont à prendre en compte pour évaluer les risques associés à la pratique des couverts végétaux. Entre autres, les éléments suivants peuvent être utiles pour le pilotage de la destruction des couverts et devraient appeler à la vigilance : cumul de pluie automnal-hivernal déficitaire (par exemple, moins de 200 mm pour les secteurs très sensibles à la sécheresse comme les Pyrénées-Orientales ou l'Est audois), pas d'accès à l'irrigation, sol peu profond, baisse de vigueur observée l'année précédente...
La pratique des couverts végétaux dans les vignobles a une place essentielle parmi les réponses aux enjeux climatiques et de transition agroécologique. Toutefois, les conditions spécifiques des régions méditerranéennes peuvent rendre la gestion des couverts végétaux plus complexe et risquée en comparaison à des régions plus humides. Par conséquent, il est essentiel d'une part, de continuer à mener des essais pour évaluer l'impact réel des couverts sur la vigne et d'en partager les résultats, et d'autre part, d'adopter une approche graduelle de cette pratique pour réduire les prises de risques."
Nicolas Dubreil, animateur technique en viticulture bio au CivamBio66, Léo Garcia, enseignant chercheur à l'Institut Agro Montpellier), Jouanel Poulmarch (chargé de mission changement climatique à la Chambre d'Agriculture de l'Hérault), Paul Katgerman (conseiller en viticulture à la Chambre d'Agriculture de l'Hérault), Anaïs Berneau (animatrice technique en viticulture bio au Biocivam11), Morgane Maitrejean (animatrice technique en viticulture bio au CivamBio34), Cyril Cassarini (conseiller en viticulture à la Chambre d'Agriculture du Gard)
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