Hérault
Du 12 au 18 septembre, Kléber Mesquida, président du Département de l'Hérault, a tenu sa traditionnelle tournée des caves à l'occasion des vendanges. Un moment privilégié en compagnie des vignerons qui lui permet de recalibrer constamment sa politique d'accompagnement du secteur viticole.
Visite de la cave coopérative d'Assas dans l'Hérault, le Cellier du Pic, par le président du Conseil départemental Kléber Mesquida, à l'occasion des vendanges 2025. En compagnie des acteurs locaux du monde viticole.
© Crédit photo : ML
Au Cellier du Pic, la cave coopérative d'Assas, la visite de Kléber Mesquida était attendue. Le président du Département de l'Hérault s'y est rendu le mardi 16 sep- tembre, 1re visite d'une matinée en 3 étapes. L'occasion, pour lui, de veiller à ce que la viticulture ne se sente pas délaissée par la collectivité, particulièrement en cette période morose. "Ce que je constate, d'abord, c'est la baisse de production assez importante et des prix qui ne permettent pas un équilibre pour les vignerons", résume-t-il simplement.
Ce constat est dressé à l'aide de ses premières visites : Murviel-lès-Béziers, Cessenon-sur-Orb, Saint-Chinian et enfin Assas. Et les 5 autres qui ont suivi lui auront dit la même chose. La viticulture ne va pas bien. Dans l'Hérault, elle représente pourtant 77 963 ha, avec 20% des surfaces en bio et quelque 1 500 exploitations en HVE. Deuxième département viticole de France, le Conseil départemental ne peut décemment pas ignorer les difficultés auxquelles fait face la filière.
Yves Euzet, président de la coopérative assadine, ne manque pas de le rappeler à Kléber Mesquida et Yvon Pellet, son vice-président à l'agriculture : "Nous sommes face à des frais importants qui impactent notre production, et nous craignons qu'il en aille de même en 2025." Si la cave n'a pas de problèmes de commercialisation, elle ne peut toutefois pas augmenter indéfiniment le prix de ses bouteilles. Mais les chiffres sont là, en une quinzaine d'années le coût de la vie n'a fait qu'augmenter. "Il nous fallait environ 4 400 €/ha pour vivre, aujourd'hui on est plus proche des 5 000 €." Des sommes que confirme Fabien Castelbou, président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, en même temps qu'il aborde la récolte 2025 : "Le constat s'affine avec un volume qui semble s'étioler de plus en plus."
Le rendez-vous départemental à Assas intervenait au matin du dévoilement des résultats de l'étude nationale PestiRiv, conçue pour mesurer l'exposition des populations vivant près des cultures, en prenant la viticulture comme cas d'étude. Chez les agriculteurs, c'est très vite la levée de bouclier. "Ça fait 11 ans que je suis installé et que j'essaie de réduire mon utilisation de produits phytosanitaires, tout comme mon père l'a fait avant moi. Quant à mon grand-père, et bien n'oublions pas que ces générations ont appliqué ce qu'on leur demandait à l'époque et faisaient avec les moyens qu'ils avaient", rappelle Rémi Dumas, président des Jeunes agriculteurs de l'Hérault. Vigneron et éleveur, il appelle à cesser de faire des constats : "C'est bon, on les connaît déjà. Maintenant il faut passer à l'action, en sachant que les alternatives qu'on nous propose ne donnent, pour l'heure, pas encore pleinement satisfaction. La vigne, c'est du vivant, donc du temps long. Y compris pour les financements, qu'il faut réfléchir à bien flécher. Mettre un million c'est bien, le mettre au bon endroit c'est mieux."
"Nous faisons beaucoup d'efforts environnementaux, il faut garder en tête que les produits de l'Hérault sont majoritairement bio", souligne à son tour Fabien Castelbou. Pour le président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, il est grand temps d'accélérer sur les cépages résistants. "C'est une voie d'avenir pour concilier économie et environnement." Le 22 septembre au CTPS (Comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées), afin de faire avancer le débat sur les noms de nouveaux cépages résistants, il plaidait l'intérêt "de pouvoir faire référence à l'un des parents lorsqu'il lui ressemble organoleptiquement, car c'est un repère pour le consommateur". Le vigneron rappelait également au président du Département les attentes autour des cépages Bouquet et le travail important autour des NGT (Nouvelles techniques génomiques). "Il faut que les efforts payent avant de nous en demander de nouveaux", exprime-t-il simplement.
Yvon Pellet, vice-président du Département à l'agriculture, affirme à nouveau son soutien sans faille à la viticulture. Encourageant les agriculteurs à prendre la parole directement et à être plus visibles dans les médias pour expliquer clairement leurs pratiques, il se désole de voir "qu'il y a toujours de la stigmatisation". Engagé dans la recherche de solutions pour sécuriser la ressource en eau1, il reconnaît sans peine sa nécessité pour envisager de la diversification sur les terroirs héraultais. "Autour de chez nous, ils sont nombreux à vouloir planter de l'olivier", relève Benoît Amphoux, maire d'Assas. Une solution sans en être une, rappelle Fabien Castelbou, la forte concurrence espagnole et la difficulté à voir émerger un marché pour les huiles en milieu de gamme venant facilement contrecarrer les plans.
D'autant que le département a déjà beaucoup changé, y compris au sein de la filière viticole. "Aujourd'hui, quand on regarde les sorties de chais, nous sommes devenus des producteurs de blanc. C'est une transformation qui n'a pas fait de bruit, mais qui a demandé beaucoup de travail et d'investissements", pointe le président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie. Pour Kléber Mesquida, cette traditionnelle visite reste une chance, une opportunité de faire sortir les chiffres des rapports administratifs posés sur son bureau. "Ces échanges sont essentiels pour structurer et justifier nos actions." Face au risque social de la disparition de la vigne et un climat financier étouffant pour les vignerons, il évoque le plan 'Hérault irrigation 2030', la montée en puissance de l'Œnotour avec 186 ca- veaux partenaires, les 29 Œnorandos du département, l'accompagnement de la Fédération des IGP de l'Hérault dans l'introduction de cépages résistants... "Le patrimoine viticole héraultais est un trésor historique, touristique et économique que le Département protège et soutient. C'est le choix de la collectivité de continuer à accompagner les viticulteurs pour répondre à leurs besoins et relever les défis d'aujourd'hui et de demain", assure le président du Département.
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