Le bureau des Vignerons indépendants de l’Aude a apprécié de pouvoir renouer avec la tradition de la réunion de pré-vendanges. © OB
Comme un sentiment de satisfaction et de sensation de sortie d’un tunnel... Tel pourrait être le résumé du ressenti que pouvaient exprimer les responsables audois de la Fédération des Vignerons indépendants, à l’heure de pouvoir se rassembler à nouveau pour le traditionnel exercice de la réunion pré-vendanges. Sous contrôle du pass sanitaire, les adhérents de la fédération ont écouté les interventions du service viticulture de la Chambre d’agriculture et des représentants des laboratoires Déjean et Dubernet pour la partie technique.
Concernant les dispositions administratives et légales, ce sont les intervenants de la DDTM, des Douanes, de l’Inao, FranceAgriMer et le président de la Chambre d’agriculture audoise qui se sont succédé.
“Cette réunion rassemble autant de monde qu’à notre assemblée générale, c’est dire si elle est importante aux yeux de nos membres et dans la vie de notre organisation. C’est un moment d’échange privilégié entre nous à la veille d’une période aussi cruciale que les vendanges”, pose tout de suite Alexandre They, président de la Fédération audoise des Vignerons indépendants (VI 11).
Et c’est peu de dire que les sujets sont légion cette année, tant les vignerons ont matière à trouver des préoccupations dans bien des aspects de leur activité.
Plus de pertes que prévu ?
Alors que depuis le mois d’avril, tout le monde s‘essaie à projeter quels seront les effets du gel sur la récolte 2021, l’entrée dans la dernière ligne droite met également en lumière les potentiels effets du stress hydrique liés à l’été sec.
“Jusque-là, le chiffre de la perte de récolte relative au gel balançait entre 20 et 30 % de moins. Cependant, plus les vendanges approchent et plus nous constatons le phénomène de concentration des raisins destinés aux vins rouges, alors que nous sommes encore loin de la récolte. S’il n’y a pas de pluie d’ici le début des vendanges des cépages noirs, les pertes de volume pourraient être bien plus élevées que prévu”, avertit encore le président des VI 11.
S’il ne pense pas que ce déficit hydrique puisse affecter trop fortement la qualité de ce millésime à venir, Alexandre They confirme donc un petit millésime en ce qui concerne les volumes.
Pour Serge Serris, vice-président des VI 11, président de la commission viticole de la Chambre d’agriculture et détenteur d’un mandat national au conseil d’administration des Vignerons indépendants, ce problème de sécheresse vient encore souligner le déficit structurel du département face au manque d’eau, “alors qu’avec les Pyrénées et la Montagne Noire, nous avons de quoi faire en termes d’eau à disposition. La pérennité de l’agriculture est un facteur-clé de l’économie du département. Aussi faut-il accélérer sur les possibilités de stockage de l’eau pour pouvoir en apporter au plus grand nombre. C’est particulièrement criant dans une année comme celle que nous vivons”.
Achat de vendange fraîche
Et comme pour illustrer le dicton indiquant que les problèmes n’arrivent jamais seul, Olivier Verdale appuie sur l’impact des incendies estivaux pour les vignerons. “Le rôle des vignes de bordure de massif est essentiel dans la préservation des espaces. Cette année encore, une centaine d’hectares de vignes ont été directement touchés par le feu. Les raisins contaminés par la fumée doivent être vinifiés séparément et tous ceux qui ont été touchés par du retardant sont impropres à la consommation. Ce sont autant de pertes supplémentaires de volume à déplorer”, regrette-t-il.
Alors que le président de la fédération estime que les mesures annoncées suite au gel ne sont pas encore exposées “de manière claire et compréhensible”, Alexandre They veut tout de même rassurer les adhérents sur l’accompagnement proposé par les VI 11.
“Nous enrichissons encore la boîte à outils à disposition, notamment grâce aux possibilités d’achat de récolte pour vinifier en cas de perte”, avise le président. Deux procédures sont à disposition pour acheter de la vendange fraîche : l’autorisation par arrêté préfectoral ou la signature d’une convention de mise à disposition Safer.
“Une vingtaine de ces conventions ont été mises en place chez nos adhérents, ce procédé ayant l’avantage de pouvoir vinifier sous le nom de château avec de la vendange achetée, et donc pouvoir continuer à produire des bouteilles pour conserver les marchés. La solution de l’arrêté préfectoral concerne plutôt les opérateurs vendant directement en vrac”, détaille le secrétaire général Roland Coustal.
Olivier Bazalge
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