Influenza aviaire
Avec des cas de volailles contaminées détectés sur Mollégès, une zone de contrôle temporaire est mise en œuvre depuis la semaine dernière dans une partie des Bouches-du-Rhône.
34 communes du département sont impactées.
Les règles de biosécurité, passées au niveau élevé depuis quelques mois, ont été encore renforcées avec la mise en œuvre d'une zone de contrôle temporaire dans le département.
© Crédit photo : ED
Du fait de la baisse des températures et de la forte activité migratoire des oiseaux sauvages, le risque de contamination vis-à-vis de l'influenza aviaire était devenu accru depuis déjà quelques mois en France. L'ensemble du territoire métropolitain avait d'ailleurs été placé en risque 'élevé' le 10 novembre dernier.
Aussi, la menace de la grippe aviaire se faisait-elle de plus en plus pressante sur la région. Après la Drôme, le Gard et le Vaucluse, le virus a gagné les Bouches-du-Rhône à la suite de la découverte de volailles infectées sur la commune de Mollégès, fin décembre. Un arrêté préfectoral qui concerne 34 communes (http://bit.ly/3GJy6mm) a relevé le niveau de sécurité concernant les détenteurs d'oiseaux et de volailles dans ce secteur.
Ces nouveaux cas de grippe aviaire ont été détectés sur des paons dans une ferme pédagogique. En conséquence, une zone de contrôle temporaire de 20 kilomètres autour de la commune concernée a été décidée par la préfecture des Bouches-du-Rhône jeudi dernier, le 5 janvier. Le 10 janvier la préfecture de Vaucluse prenait à son tour un arrêté identique renforçant les mesures de biosécurité sur six communes du département.
"En tant qu'éleveurs, nous sommes bien évidemment impactés. Mais les mesures de gestion mises en œuvre dans cette zone de contrôle temporaire nous permettent quand même de travailler normalement. Elles visent à renforcer la biosécurité dans la filière avicole et à éviter la diffusion de cette maladie aux élevages et aux basses-cours", explique Didier Gidde, éleveur de gibier sur Châteauneuf-les-Martigues. Avec une clientèle située sur le zonage en question comme partout dans le département, l'éleveur de gibier est concerné par l'arrêté préfectoral. "Mais à partir du moment où l'on respecte les mesures de biosécurité, je peux livrer mes volailles à condition d'avoir l'autorisation de la Direction Départementale de la protection des populations (DDPP, ndlr)." Ce n'est toutefois pas sans contraintes, puisque l'éleveur ne peut recevoir personne sur l'élevage, à part le vétérinaire ou le marchand d'aliment qui doivent passer par un sas de décontamination.
Pour les éleveurs de gibiers, le problème de l'influenza aviaire se trouve aussi moins impactant, puisque la chasse du faisan est fermée depuis le week-end dernier dans le département. L'éleveur est néanmoins amené à livrer sa production dans des régions où la chasse est encore ouverte, et il reste aussi les échanges entre éleveurs.
Les règles de biosécurité passées au niveau élevé depuis quelques mois le contraignent déjà notamment à maintenir sous filet ses volatiles, à couvrir les mangeoires et les abreuvoirs.
Les contrôles renforcés et les élevages de moindre grande envergure sont, pour l'instant, de nature à limiter le fléau de l'influenza aviaire dans le département. "La dimension de la filière avicole dans les Bouches-du-Rhône est une chance. Il n'y a vraiment pas d'outils industriels ici. Les structures sont petites et les élevages plutôt extensifs", explique Didier Gidde, également président de la section 'Volailles-gibier' du Groupement de défense sanitaire (GDS) du département.
En revanche, les problèmes liés à cette maladie deviennent endémiques dans le Sud-Ouest et dans le nord de la Loire, secteurs dans lesquels de très gros élevages sont assez proches géographiquement. Même s'ils sont dans ce cas indemnisés, la menace de l'abattage comme dans le Sud-Ouest inquiète tous les éleveurs.
"La situation dans ces secteurs d'élevage est dramatique pour la filière, et la maladie ne parvient être endiguée qu'avec l'abattage", déplore l'éleveur, qui craint un effondrement des filières de volailles dans ces régions. Une situation qui ne serait pas sans conséquences pour la filière avicole départementale. Celle-ci ne compte que très peu d'élevage en cycle complet, "mais l'essentiel des poussins, ainsi que les volailles achetées et revendues - qui constituent l'activité des structures du département - proviennent de ces régions", indique Didier Gidde.
Pour l'élevage de gibier, un nouveau dispositif rentre en vigueur cette année en matière de gestion des populations : l'obligation de déclaration en base de données avicole des mouvements commerciaux. "Même si l'élevage de gibier ne compte que peu de membres en France, c'est une question de survie pour notre filière", explique l'éleveur, déjà habitué à solliciter l'administration en permanence, pour obtenir les dérogations pour les lâchers d'animaux.
Les déclarations sur l'outil seront nécessaires pour demander ces dérogations. Celui-ci permettra de mieux gérer la traçabilité, d'être informé en priorité en cas de crise et de participer à l'organisation collective de la filière.
Mais, dans les Bouches-du-Rhône, les éleveurs de volailles sont déjà rodés aux mesures de protections sanitaires renforcées. Deux tiers des communes sont situés en zone humide, et les éleveurs sont déjà obligés d'appliquer des mesures de biosécurité. Dans ces Zones à Risques particulier (ZRP), les éleveurs de gibier doivent en effet nécessairement détenir des autorisations de la DDPP et avoir des mesures de biosécurité actives, pour exercer leur métier.
La situation liée au risque influenza aviaire pourrait cependant s'arranger l'année prochaine avec l'arrivée d'un premier vaccin. "Mais il n'est pas prévu avant octobre, si tout va bien. Pour l'élevage de gibier, dans tous les cas la saison, sera bien avancée et la solution ne sera donc pas possible à mettre en œuvre." Didier Gidde suppose donc que 2023 restera encore relativement compliquée, "d'autant que les fameux vaccins sont prévus en piqûres individuelles". Pour ce qui est des règles de biosécurité, elles devraient restées préconisées.
Le niveau de risque influenza aviaire, lié à la situation de la faune sauvage, a été relevé au niveau 'élevé' par arrêté ministériel du 8 novembre 2022, ce qui entraîne notamment la mise à l'abri de toutes les volailles sur l'ensemble du territoire métropolitain. Les contrôles renforcés et les élevages de moindre grande envergure, comme dans la région, font que le risque de transmission du virus à l'homme est excessivement faible. Le virus H5N1 actuellement présent en Europe n'est pas dangereux pour l'homme ; et la consommation de viandes de volailles, de foie gras ou d'œufs n'engendre aucun risque pour la santé humaine.
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