Certains viticulteurs ont perdu près de 80 % de leur récolte en raison des attaques de mildiou.
“Nous avons vécu une année très compliquée sur le plan sanitaire.” D’une formule, Jean-Claude Pellegrin, vice-président d’InterVins Sud-Est, résume le sentiment vécu par les professionnels, confrontés à des attaques de mildiou, un événement rarissime, dans une région où l’on est d’habitude peu concerné par cette maladie. Si les pluies de printemps auront été bénéfiques après une année 2017 marquée par des épisodes de forte sécheresse, elles auront en revanche contribué à l’essor du champignon. “Je n’ai pas mémoire d’une pression sanitaire comparable”, souligne Jean-Claude Pellegrin, qui relève de grandes disparités sur le territoire des Bouches-du-Rhône, d’un secteur à un autre, et encore plus avec les départements voisins du Vaucluse et du Var, “beaucoup plus touchés que nous”. Pour ce dernier, le mildiou aura un impact économique énorme pour les viticulteurs, même ceux faiblement touchés, en raison du coût des traitements phytosanitaires utilisés par chacun pour sauver ses vignes.
Ne pas céder au chant des sirènes
“Certains ont perdu 80 à 90 % de leur récolte”, note le vice-président d’InterVins Sud-Est. Les plus durement touchés sont, selon lui, “ceux qui produisent en bio”. Mais quel que soit le mode de culture, “tout se joue à 24 h près. Cela prouve qu’il ne faut pas céder au chant des sirènes, entonné par ceux qui souhaitent interdire l’utilisation de pesticides et de produits phytosanitaires. Cela conduirait à tuer l’économie agricole et l’ensemble de la filière viticole, en amont comme en aval.” Pour tous, l’apparition du mildiou “pèsera forcément sur les marchés qu’il sera plus difficile d’approvisionner” avec le risque d’en perdre… Pour autant, la qualité est au rendez-vous veut croire Jean-Claude Pellegrin?: “Nous aurons un beau millésime avec les quatre semaines de vendanges qui viennent de s’écouler… sans aucune pluie. Cette fois, la météo est avec nous.” Cette satisfaction se teinte toutefois d’un bémol, en raison de niveaux d’acidités et de degrés faibles. “Ils entraîneront des problématiques de fermentation. Ce sera une année très technique”, anticipe déjà le représentant des IGP Méditerranée.
Les IGP davantage touchées
“Une jolie récolte” : c’est aussi le sentiment de Didier Pauriol, président du syndicat de l'AOP des Coteaux d'Aix. D’autant que l’infortune des uns aura fait le bonheur des autres : “Le mildiou a surtout touché des zones très localisées, comme Rognes où les pluies ont été abondantes, et celles dédiées à la production de vins en IGP.” Quant aux foyers de pourriture, “ils ont peu évolué”, poursuit Didier Pauriol. S’il refuse à se risquer à des pronostics, l’ensemble des parcelles n’étant pas encore totalement vendangé, le président du syndicat de l'AOP des Coteaux d'Aix concède néanmoins une estimation des volumes supérieure à 2017. Les cours devraient, selon lui, se maintenir, voire progresser cette année. Un constat qui le “réjouit au titre d’exploitant et de viticulteur. Un peu moins si j’endosse ma casquette de président du syndicat, parce que cela risquerait de nous couper de nos marchés”, s’amuse Didier Pauriol.
Julien Dukmedjian
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