Yvon Pellet, vice-président du Département de l'Hérault ; François-Régis Boussagol, président des VI 34 ; René Moreno, conseiller régional ; et Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de vins de Pays d’Oc. © F. Guilhem
Si le "navire amiral" du syndicat des producteurs de vins de Pays d’Oc n’a pas fait l’objet d’une inauguration officielle digne de ce nom en raison de la crise sanitaire, il a déjà accueilli du "beau monde". Ainsi, après la visite du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, venu découvrir ce nouveau bâtiment, avant de se rendre au Sitevi, le 30 novembre dernier, c’était au tour des Vignerons indépendants de l’Hérault d’investir les lieux, le 6 décembre, pour la tenue de leur assemblée générale annuelle. Alors qu’une nouvelle vague épidémique s’abat sur la France et laisse craindre tout un train de mesures contraignantes et l’annulation de nombreuses manifestations, dont foires et salons pour les vignerons indépendants, ces derniers n’ont pas caché leur plaisir de pouvoir enfin se retrouver en chair et en os.
Mais les incertitudes qui pèsent sur les lendemains, ainsi qu’une année 2020 éprouvante pour ces professionnels en raison de la fermeture des marchés à l’export, de celle du réseau CHR et des ventes directes contrariées par les différents confinements et couvre-feux, à laquelle est venue se rajouter, en 2021, l’épisode de gel d’avril et, par voie de conséquence, derrière, une récolte historiquement faible, rendent leurs entreprises de plus en plus fragiles sur le plan économique. "Les trésoreries sont exsangues et beaucoup de vignerons indépendants sont dans de grandes difficultés", rappelle le président des Vignerons indépendants de l’Hérault, François-Régis Boussagol. Si les aides d’urgence mises en place par l’État et les collectivités territoriales ont été construites en un temps record, la distillation de crise à un prix sécurisant et l’aide au stockage privé mises en place, "il faut à présent entrer rapidement dans le concret des aides et améliorer certains pans des dispositifs retenus", soulève-t-il immédiatement.
Des curseurs à bouger
Pour ce qui est de l’exonération de la TFNB (taxe foncière sur le non-bâti), le président rappelle qu’au-delà des dégâts de récolte, c’est en fait "la trésorerie de toute l’exploitation qui est touchée. Ce n’est pas à 100 %, mais à 200 % qu’il faudrait exonérer", suggère-t-il. Au sujet du rachat de la franchise à hauteur de 2,5 points pour ceux qui sont assurés, "c’est largement insuffisant", s’insurge-t-il. Quant à la réforme du régime assurantiel, "quels capitaux seront assurables ? Quand sortiront les décrets ? Qu’en sera-t-il de la moyenne olympique qui n’est plus adaptée au vu de la répétition des aléas climatiques ?", s’interroge-t-il. Et de pointer aussi le volet bancaire dans le plan gel, "totalement délaissé, et avec un remboursement des PGE (Prêt garanti par l’État) bien trop court. Il faudrait pouvoir les rembourser sur dix ans". Une proposition relayée par l’ensemble de la filière, d’autant que cette possibilité est inscrite dans les textes de l’Union européenne. "On demande aussi une consolidation bancaire et le redéploiement des encours. C’est impératif pour pérenniser nos entreprises largement éprouvées par la crise", complète le président national des Vignerons indépendants, Jean-Marie Fabre. Et, face à "l’effet ciseau", qui ne manquera pas de se produire dès le premier trimestre 2022, dû à l’endettement des entreprises et la contraction des marchés, une année blanche sur le plan bancaire pour 2021 est également défendue.
Se prémunir des risques
Outre la nécessité de pérenniser les entreprises, l’autre impératif est d’assurer la résilience des entreprises face aux aléas politiques et géopolitiques, dont les derniers ont été l’application de la taxe Trump et le Brexit. "Rien qu’avec la taxe Trump, les vignerons indépendants ont perdu plus de 300 M€. Pour se prémunir de ces risques géopolitiques, nous militons pour que soit porté, à l’échelle de l’Europe, un fonds de solidarité exceptionnel. La présidence de l’Union européenne, que va assurer la France sous peu, est une opportunité à ne pas manquer pour porter ce sujet", insiste le président national des VI.
Les aléas climatiques sont l’autre talon d’Achille de la filière. L’ambition, portée au national, est de disposer d’une "véritable boîte à outils composée à la fois d’outils fiscaux, de prévention, d’un dispositif assurantiel ou encore de la maîtrise de l’accès à l’eau", énumère-t-il. Et d’appeler à l’échelle de l’Europe à un véritable "Plan Marshall" sur l’accès à l’eau.
Toujours au niveau européen, Jean-Marie Fabre met en garde par rapport à la déclinaison de la Pac à l’échelle nationale. "Si le droit à l’erreur a été obtenu, cela doit se traduire dans son application française. On ne peut plus avoir d’interprétations à géométrie variable. Profitons donc de cette nouvelle Pac pour donner tout son sens au droit à l’erreur, comme à la définition d’une réelle stratégie pour l’agriculture européenne, d’autant que nous sommes grandement engagés dans la transition agroécologique. Nous devons donc être accompagnés et non accablés par des contraintes administratives", pointe-t-il.
À régler aussi, les problèmes de retard de paiement sur l’aide au stockage privé, ainsi que celui des contrôles et arrachages pour la restructuration du vignoble, et les conditions de dépôt et d’instruction des aides à l’investissement. Des retards et des difficultés que le président du conseil spécialisé ‘vin et cidre’ de FranceAgriMer, Jérôme Despey, s’est engagé à résorber.
Florence Guilhem
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