Filière viticole
Des élus professionnels du secteur viticole et syndicaux ont rencontré Jérémy Decerle, à Trets, pour évoquer la gestion de la crise agricole. Pour le député européen, le message a été entendu et les marges de manœuvre sont maintenant bien au niveau local.
Jérémy Decerle entouré de Fabien Doudon, président des Vignerons de la cave Lou Bassaquet, Jérémy Tropini, président des JA 13, et Laurent Israélian, secrétaire général de la FNSEA 13.
© Crédit photo : ED
La vigne s'est réveillée dans nos campagnes, et la reprise du cycle végétatif s'accompagne souvent de l'inquiétude des vignerons en ce début avril, où le risque gel a régulièrement sévi ces dernières années. Ce n'est pas la raison pour laquelle plusieurs vignerons ont souhaité rencontrer Jérémy Decerle le 4 avril sur Trets. Invité la veille par les éleveurs du département dans la Crau, le député européen a gentiment accepté de venir découvrir les installations de la cave coopérative Lou Bassaquet, pour échanger avec Fabien Doudon, Jérémy Tropini et Laurent Israélian. Les responsables professionnels et syndicaux ont présenté les atouts de la viticulture locale, mais surtout sensibilisé le député sur l'état de la filière, l'interrogeant sur les marges de manœuvres envisageables au niveau européen. Les coopérateurs Fabien Doudon et Jérémy Tropini ont d'abord mis en lumière les défis du secteur. Il faut dire que leur filière n'a pas été épargnée. Les producteurs de vins ont dû faire face à de nombreuses difficultés ces dernières années, allant des crises climatiques (gel, grêle, excès d'eau, sécheresse, etc.) aux aléas économiques (durcissement des relations commerciales avec la Chine, taxes Trump, Covid, conflit russo-ukrainien), tout en encaissant une courbe de déconsommation lente.
La récente gronde du monde agricole a également pointé le ras-le-bol sur les réglementations en matière environnementale et sanitaire, très contraignantes pour tous les secteurs. Face à la grogne, "Bruxelles a déjà annoncé un assouplissement des contraintes environnementales de la PAC", souligne Jérémy Decerle. Mais "pour réussir et accompagner efficacement la transition écologique, il est impératif que les agriculteurs aient les moyens. Les débats autour de la crise agricole ont trop été politisés", déplore le député. L'approche des élections européennes n'a certes pas non plus contribué à faire avancer les idées sereinement.
Mais déjà, le député assure que l'état d'esprit des décideurs européens a changé. "L'inquiétude sur la situation des agriculteurs au sein de la Commission est réelle. Mais répondre à la problématique conjoncturelle est une chose. Proposer des perspectives à plus long terme en est une autre", reconnaît-il. Si les agriculteurs saluent une "certaine prise de conscience des élus européens dans le débat autour de cette crise agricole", ils dénoncent aussi un "décalage profond entre le manque de réalisme des législations de Bruxelles et les situations vécues dans les territoires", poursuit Fabien Doudon. "On ne va pas changer le logiciel comme les agriculteurs le veulent, en deux coups de cuillères à pot. Mais l'administration souhaite évoluer. C'est à nous de continuer de mettre la pression pour impulser un changement en profondeur", répond Jérémy Decerle.
Et le député européen de préciser "qu'il revient aussi à l'administration départementale, dans les territoires, de faire bouger les lignes". Au niveau national, les messages ont été entendus et un train de mesures a été défini. Les consignes du président Macron - qui a effectivement demandé aux préfets d'être à l'écoute des agriculteurs et d'apporter des réponses individualisées aux problématiques rencontrées - ont bien été transmises. "Continuez de mettre la pression sur les élus et les partenaires locaux", insiste Jérémy Decerle. La profession regrette cependant que "dans le département, la dimension de la crise n'ai pas été suffisamment considérée par le préfet", déplore Laurent Israélian. Enfin, concernant spécifiquement la viticulture provençale, si les entreprises - notamment les caves coopératives - ont tenu bon jusque-là et su trouver leur capacité d'adaptation et de résilience chez les vignerons, "on redoute que les effets de la crise viticole se ressentent dans un second temps. Le fonds d'urgence destiné à financer la mise en place d'une aide de trésorerie exceptionnelle doit le prendre en compte", observe Fabien Doudon.
Les vignerons sont à la tête d'outils qui se modernisent, qui s'adaptent par rapport aux besoins du marché, avec la nécessité de relever de nouveaux défis. "Les enveloppes des programmes européens sont un outil important sur lequel les viticulteurs s'appuient. Mais l'Europe a tout intérêt à faire mieux en matière d'accompagnement", estime Jérémy Decerle. Si le secteur est cependant bien structuré au niveau européen, "c'est dans l'instruction des dossiers, et au niveau des délais de paiements des crédits Feader, que la profession attend davantage d'efficacité", avance Jérémy Tropini. Là encore, le problème semble avant tout local, même si l'Europe peut et doit mieux faire.
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