CUMA
À l'occasion de son assemblée générale, réunie le 14 janvier à Théza, la Fédération des Cuma des Pyrénées-Orientales a dressé un état des lieux. À 80 ans, le réseau coopératif agricole se resserre, se structure et s'adapte, dans un contexte de crises économiques, climatiques et humaines qui bousculent durablement les exploitations.
La Fédération des Cuma 66 s'est réunie en assemblée générale le 14 janvier, au lycée d'enseignement général et technologique agricole Federico-García-Lorca, à Théza, pour dresser un état des lieux et retracer ses 80 ans d'histoire.
© Crédit photo : AV
Quatre-vingts ans après l'émergence des premières coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma) dans les Pyrénées-Orientales, la Fédération départementale s'est réunie le 14 janvier au lycée d'enseignement général et technologique agricole Federico-García-Lorca, à Théza. Dans un contexte agricole sous forte pression, cette assemblée générale a été l'occasion de dresser un constat lucide : un ré- seau aujourd'hui moins dense qu'autrefois, mais plus structuré, confronté à des crises multiples, et pourtant toujours stratégique pour maintenir les exploitations à flot.
La matinée donne le ton d'emblée. Avant même les rapports statutaires, les adhérents sont invités à observer du matériel en conditions réelles : un déchaumeur dédié à la préparation des sols, un semoir monograine pour les semis de précision, ainsi qu'un tracteur équipé d'un système de suivi connecté. Une entrée par le concret, fidèle à l'ADN des Cuma.
"Aujourd'hui, mutualiser ne relève plus seulement du bon sens économique, c'est une nécessité", résume le président, Fabrice Llabour. Hausse des coûts de mécanisation, pression énergétique, incertitudes climatiques : le partage du matériel apparaît plus que jamais comme un outil de sécurisation des exploitations.
Dans les Pyrénées-Orientales, le réseau Cuma ne s'est pas étendu au fil des décennies : il s'est transformé. Le département compte aujourd'hui 28 Cuma, avec en moyenne sept adhérents par structure. Un chiffre en recul par rapport aux années 1990-2000, mais assumé. "On crée moins de Cuma, mais celles qui restent sont plus professionnelles, plus techniques et mieux organisées", résume la fédération.
Aucune création de Cuma n'a en effet été enregistrée depuis 2015. Les causes de cette évolution sont bien identifiées : concentration des exploitations, départs à la retraite, baisse continue du nombre d'agriculteurs et difficulté à renouveler les responsables bénévoles. Lorsqu'une Cuma ne peut plus poursuivre son activité faute de nouveaux adhérents ou d'agriculteurs prêts à en assurer la gestion collective, la dissolution reste l'exception. Le plus souvent, la coopérative se regroupe avec une structure voisine, afin de maintenir l'usage partagé du matériel et de préserver l'équilibre économique. Cette recomposition éloigne le modèle communal historique, mais renforce la solidité financière des coopératives restantes.
L'assemblée générale a justement mis en lumière la question centrale de la gouvernance. En 2025, une dizaine de Cuma a dû mettre à jour ses statuts ou renouveler son conseil d'administration, souvent à la suite de départs en retraite. Un travail lourd, mais indispensable pour sécuriser le fonctionnement des coopératives.
Dans un département où l'installation reste fragile, la fédération insiste sur le rôle des Cuma comme porte d'entrée dans le métier. Diagnostics de mécanisation, accompagnement des jeunes, dispositifs collectifs... l'objectif est clair : permettre à de nouveaux agriculteurs de s'équiper sans porter seuls des investissements devenus difficilement soutenables.
Côté chiffres, l'année 2025 confirme un ralentissement des investissements par rapport au pic observé lors du plan de relance en 2021 (et des années qui l'ont suivi), sans pour autant marquer un coup d'arrêt. L'an dernier, 680 766 € HT d'investissements ont en effet été réalisés par les Cuma du département.
La répartition par secteur d'activité concerne essentiellement l'élevage et les grandes cultures, avec une forte présence en zones d'altitude intermédiaire et de montagne. La fédération souligne l'importance des dispositifs publics européens, régionaux et départementaux.
205 818 € d'aides aux investissements ont été reçus, dont plus de 50% émanant du dispositif européen Feader, environ 34% de la Région Occitanie et 16% du Département des Pyrénées-Orientales.
L'un des temps forts de la matinée a été l'intervention de Thierry Payrou - ancien président de la Fédération des Cuma 66 - qui a retracé les 80 ans d'histoire des Cuma dans les Pyrénées-Orientales. Il a rappelé que, historiquement, les coopératives se sont souvent développées dans des contextes de crise. De l'après-guerre aux mutations actuelles, les Cuma ont accompagné la mécanisation, puis amorti les chocs économiques successifs.
Le rapport moral du président n'élude pas les difficultés actuelles : conjoncture économique dégradée, élevage fragilisé, incertitudes sanitaires. Mais il insiste sur un point : "Les Cuma restent un outil contre l'isolement." Un message qui résonne fortement dans un secteur où l'atomisation des exploitations est souvent pointée comme un facteur de fragilité.
À 80 ans, la Fédération des Cuma 66 ne revendique donc pas une réussite figée, mais une capacité d'adaptation. Moins nombreuses, plus techniques, plus collectives : les Cuma des Pyrénées-Orientales abordent un nouveau cycle, conscientes que leur survie passera autant par la solidarité humaine que par la performance des machines.
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Déployé depuis 2025 dans les Pyrénées-Orientales, le dispositif Fabacéé accompagne des groupes d'agriculteurs dans la réduction de leur consommation d'énergie et d'intrants.
D'ici fin 2027, 17 millions d'euros seront mobilisés pour accompagner plus de 200 collectifs lauréats vers des pratiques plus sobres et des équipements plus efficients. Ce programme s'appuie sur un principe simple : agir collectivement pour optimiser les usages.
Concrètement, Fabacéé propose un diagnostic énergétique par exploitation, réalisé à l'échelle du groupe, puis un accompagnement sur trois ans pour identifier les leviers d'économies : éco-conduite, optimisation des itinéraires, réglages du matériel ou évolution des pratiques...
Dans les Pyrénées-Orientales, 15 diagnostics ont déjà été réalisés entre juillet et octobre, mettant en évidence un potentiel de réduction de la consommation énergétique d'environ 9%.
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