Aubagne
À seulement 23 ans, Julien Mille est installé depuis trois ans à Aubagne, en maraîchage diversifié. L'aboutissement d'un rêve pour celui qui se destinait au départ à l'élevage ovin, mais s'est finalement tourné vers le végétal, sans regret.
Julien Mille maraîcher aubagne artichaut, chien serre
© Crédit photo : JD
Quand certains jeunes cherchent longtemps leur voie professionnelle, pour d'autres - comme Julien Mille -, le choix du futur métier relevait de l'évidence. En l'occurrence, celui d'agriculteur. "Depuis tout petit, je savais que c'était ce que je voulais faire. J'avais même mon bout de jardin, à 14 ans, dans le potager familial" se souvient le jeune homme, installé en maraîchage diversifié à l'âge de 20 ans seulement, en 2022.
Une installation, relativement simple, puisqu'il a repris les terres de son grand-père et de son arrière-grand-père, eux aussi agriculteurs à Aubagne. Et un saut d'une génération au passage, son père ayant opté pour un poste dans l'industrie, rompant ainsi avec l'atavisme familial. Une 4e et une 3e, puis un CAP Élevage, réalisés au Campus Provence Verte de Saint-Maximin, le confortent dans son projet professionnel d'alors : devenir éleveur ovin. Les deux ans qu'il passe à Rodez, dans l'Aveyron, où il valide son BPREA, le renforcent dans cette idée. "J'ai eu beaucoup de propositions intéressantes, notamment celle d'un éleveur porcin proche de la retraite, qui me proposait de reprendre son exploitation de 800 truies." Un projet alléchant reconnaît Julien Mille, mais qui se heurte à un obstacle de taille : "J'avais le mal du pays !".
Aubagnais de naissance et de cœur, il choisit de revenir "chez lui" et organise son retour. "Mon projet de départ était de récupérer mon troupeau de 50 brebis, dont mon père s'occupait en mon absence, et de m'installer en maraîchage, sur 5 hectares, en parallèle", explique le jeune homme qui affine finalement son idée de départ. "J'ai préféré me concentrer sur le volet végétal et mettre de côté la partie élevage, en revendant mes brebis", précise Julien Mille. Un choix de raison, plus que de passion, mais qu'importe pour le jeune agriculteur : "Mon ambition première, c'était d'être producteur et mon propre patron, si possible à Aubagne, où sont mes racines".
Dont acte en 2022, lorsqu'il s'installe officiellement et prépare ses premières cultures printanières et estivales. À défaut d'avoir suivi une formation dédiée au maraîchage, le jeune agriculteur s'appuie sur les conseils de son grand-père - "il m'a tout appris" - et sur les stages réalisés pendant ses années de collège au Campus Provence Verte, chez des maraîchers aubagnais.
S'il a un peu tâtonné au début, Julien Mille a depuis trouvé ses marques et cultive à l'année une trentaine de fruits et légumes sur ses cinq hectares, entre cultures sous serres et plein champ, avec des choix assumés, comme celui de réduire le nombre de produits primeurs proposés. À l'image des fraises : "Il me manque une serre dédiée pour cette culture", regrette le maraîcher, qui préfère miser sur d'autres produits à forte valeur ajoutée comme les petits pois, les haricots mange-tout, les fèves, les salades plein champ, les artichauts violets ou les pommes de terre nouvelles. Et pour se démarquer, Julien Mille parie sur la diversité de ses cultures proposées tout au long de l'année au consommateur... et sur le goût de ses productions. "Quitte à choisir des variétés de poivrons, aubergines, concombres, courgettes... pour certaines moins productives mais plus goûteuses", revendique le jeune maraîcher, qui réalise lui-même ses plants, avant leur repiquage en serres ou en plein champ. À quoi s'ajoutent des essais sur quelques espèces, comme les tomates notamment, dont les graines sont sélectionnées et conservées. Un fruit, pour lequel il mise sur un grand choix de variétés anciennes (Cœur de bœuf, Marmande, Noire de Crimée, Anacoeur...) ou pas (tomates rondes par exemple), hybrides ou populations.
Sur le plan cultural, Julien Mille a opté pour l'agriculture raisonnée. Une façon, explique-t-il, "de ne pas se retrouver pieds et poings liés en cas de grosses attaques de maladies ou de ravageurs". Ce qui ne l'empêche pas d'utiliser des traitements phytosanitaires autorisés en agriculture biologique. Dans le même ordre d'idée, l'essentiel de l'amendement est d'origine organique, avec "de la fumure de cheval issue des centres équestres voisins, complétée par un engrais à libération lente". Des lâchers d'auxiliaires (et de bourdons pour la pollinisation) et des piégeages sont également réalisés.
Concernant la distribution de ses productions, le maraîcher a opté pour la vente directe sur des marchés de plein vent, trois fois par semaine, auxquels s'ajoutent celui des Halles des producteurs de La Barasse, qui a repris début avril. "La vente en direct, ce n'était pas forcément une vocation. Mais on apprend sur le tas et les retours des consommateurs sont précieux", résume l'agriculteur, plutôt timide de nature, mais qui s'est pris au jeu. Jusqu'à proposer désormais à ses clients des recettes, notamment pour les légumes d'hiver.
Un rythme soutenu, qui implique de "tout gérer de front : la production, la vente...", constate Julien Mille. "On doit désormais être multi-casquettes", sourit l'agriculteur, qui s'agace en revanche de la double injonction à laquelle selon lui, sa génération est soumise : "Produire bon et sain pour nourrir les consommateurs, tout en restant compétitifs par rapport à la concurrence européenne".
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