ÉVÉNEMENT
Le 11 juillet 1946 paraissait le premier numéro de Paysan du Midi. Cette semaine, nous éditons le 4 000e numéro, avec un peu de nostalgie et beaucoup d'humilité, face au chemin parcouru.
Paysan du Midi 4 000e.
© Crédit photo : IA
Agriculteur, avant d'être maire de Gignac, conseiller général et député, Gilbert Sénès dirige Paysan du Midi en 1965, quand il signe un édito marquant la parution du 1 000e numéro. "Vingt ans déjà, le bel âge pour une jeune fille. Pour un journal, c'est celui de la maturité et de l'état adulte." Que dire alors, à l'aube des 80 printemps du journal...
Pour le 2000e numéro, le 18 octobre 1984, c'est un certain Philippe Lamour, qui rappelle la naissance du journal régional, 38 ans plus tôt. "Cette belle carrière n'a pas été parfois sans difficulté. Elles ont été surmontées grâce à la fidélité de ses lecteurs, et au concours actif de la mutualité agricole, à laquelle j'ai plaisir à exprimer une nouvelle fois notre gratitude. C'est une belle étape, mais ce n'est qu'une étape dans la vie de Paysan du Midi, qui est et restera l'expression des intérêts et des espoirs de toute l'agriculture méridionale."
Le 3 000e numéro, le 20 mai 2004, rappelle la ligne directrice donnée par ses fondateurs, dont Philippe Lamour et Jules Milhau : la défense de l'agriculture régionale et la promotion du mutualisme et de la coopération, comme outils de son développement. Aujourd'hui, le pluralisme reste la règle. Comme cette mention, signée de la rédaction de l'époque : "Il n'est pas très original de dire qu'un journal vive par ses lecteurs. Ce qui l'est plus, c'est qu'il vive pour ses lecteurs, et c'est l'une de nos fiertés."
Une histoire de famille Paysan du Midi, c'est souvent une histoire de famille comme le relatent nos abonnés les plus anciens. "Je me suis abonné parce que mon père, qui était viticulteur, a toujours dit que ce journal lui apportait des informations utiles", se souvient Paul, un retraité héraultais. Une habitude qu'il a alors prise, dès qu'il s'est installé en tant que viticulteur. Un abonnement renouvelé chaque année. Et à son tour, il en a conseillé la lecture à son gendre, qui a pris sa suite. "Comme ça, il ne laissera pas passer des informations qui pourraient lui rendre service."
L'habitude de lire Paysan du Midi se perpétue, même lorsque les enfants prennent des chemins professionnels... plus éloignés de l'agriculture. "Mes parents étaient abonnés quand j'étais gamin", relate un fidèle lecteur de bientôt 80 ans. Curé de profession, il n'en est pas moins passionné d'agriculture, et fait même les vendanges chaque année. Alors s'informer sur le sujet a été pour lui une évidence, entre autres...
La passion pour le monde agricole et les animaux, c'est aussi ce qui a motivé Michel Gabach à souscrire son premier abonnement au journal, il y a 25 ans. "Mon père a été ouvrier agricole jusqu'à la gelée de 1956", se remémore ce retraité de la poste gardois, qui n'est donc pas paysan, mais revendique avec fierté sa ruralité. Michel Gabach a aussi été maire de sa commune de Saint-Dionisy, et a œuvré en faveur de l'installation de jeunes agriculteurs. "Nous avons aussi fait une halte paysanne, avec un magasin de vente et quatre hangars pour de jeunes agriculteurs. Je m'occupe également d'une association agricole sur la conservation des animaux de basse-cour", détaille-t-il. Alors, même s'il n'est pas du métier, il "trouve toujours des informations" qui l'intéressent dans Paysan du Midi. Et il en apprécie l'évolution. "Au début, il n'y avait que des articles sur la façon très traditionnelle de cultiver, avec beaucoup d'engrais. Ceux qui cultivaient bio passaient pour des charlots, et n'avaient pas droit au chapitre. Maintenant, ils sont pris au sérieux, il y a des articles." Articles qu'il ne manque pas de partager à son entourage. Ceux qu'il préfère ? Les agendas, pour rester informé, la page portrait, et puis les informations régionales, afin de savoir comment se porte le marché.
"La vigne me permet de garder la santé, et le journal, de me tenir informé !", indique Francis Segui, viticulteur à Narbonne. Du haut de ses 82 ans, Francis Segui traîne toujours entre deux rangs de vigne et donne la main à son fils, bien loin de la télévision et du fauteuil qu'il juge "bien trop ennuyeux". Malgré le développement de la presse numérique, Francis Segui reste attaché à la version papier qu'il tient entre ses mains depuis maintenant plus de 15 ans, et dont il partage la lecture avec son fils.
À l'autre bout de la pyramide des âges, il est plus difficile de capter la jeune génération en dehors des réseaux sociaux. Maxime Vigroux, viticulteur héraultais, lit lui aussi le journal pour prendre le pouls de l'ensemble de la production agricole, dans l'objectif de savoir comment va l'ensemble de la production agricole. Certes son mutualiste père, accessoirement président du conseil d'administration de Pressagrimed, a probablement laissé traîner quelques numéros pour que le virus prenne. Abonné il y a cinq ans, au moment de son installation, il lit Paysan du Midi "beaucoup l'hiver, quand les journées sont plus tranquilles", concède-t-il, alternant entre version numérique ou papier.
Il y a un peu plus de 4 000 semaines, qui aurait dit que Paysan du Midi serait aujourd'hui encore "l'expression des intérêts et des espoirs de toute l'agriculture", alors que le Midi viticole s'est à nouveau soulevé.
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