Enviprov
Grâce à l'analyse du cycle de vie de ses vins, la filière viti-vinicole de Provence travaille à proposer des solutions pour réduire son empreinte sur l'environnement.
Les calculs effectués évaluent l'empreinte carbone d'un litre de vin de Provence à 1,13 kg équivalent CO2, soit 5 km parcourus par une voiture de gabarit moyen.
© Crédit photo : IFV
Financé par le dispositif France Relance, le projet 'Enviprov' est une démarche initiée par le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), la Chambre d'agriculture du Var, le Syndicat des Côtes de Provence, le Cluster Provence Rosé et le Centre du Rosé. Son but ? Porter l'ambition collective de la transition agroécologique. Dans ce cadre, les acteurs de la viticulture de Provence poursuivent plusieurs objectifs : la certification Haute valeur environnementale (HVE) ou bio de l'ensemble du vignoble à l'horizon 2030, la réduction des gaz à effets de serre (GES), et l'accompagnement de la mise en œuvre des nouvelles pratiques.
Pour mieux réduire son empreinte environnementale, la filière - avec l'appui de l'Institut français de la vigne et du vin (IFV) - s'est notamment penchée sur l'analyse du cycle de vie du vin (ACV), de la production du raisin à la première mise en marché du produit. L'étude - réalisée selon une méthode normée ISO 14040-14044 et approuvée par l'Ademe et la Commission européenne - s'appuie une enquête menée auprès de 30 entreprises viti-vinicoles du secteur, dont les pratiques ont été traduites selon huit indicateurs d'impact sur le changement climatique, la pollution aux particules fines, l'eutrophisation des eaux douce et marine, les consommations d'énergies fossiles, d'eau, de ressources minérales et métalliques. "L'idée est d'identifier les postes les plus impactants sur l'environnement pour chaque étape du cycle de vie, et de lister les leviers d'action qui peuvent être mobilisés pour limiter cet impact", présente Hugo Luzi, ingénieur agronome en évaluation environnementale de l'IFV.
D'une part, les calculs effectués évaluent l'empreinte carbone d'un litre de vin de Provence à 1,13 kg équivalent CO2, soit 5 km parcourus par une voiture de gabarit moyen. Il ressort, d'autre part, que la phase de conditionnement est la plus impactante, même en incluant le recyclage des emballages, notamment en raison de la production de bouteilles en verre : cette étape représente environ 40 % des émissions de GES sur le cycle de vie du litre de vin. La réduction de 50 grammes du poids moyen d'une bouteille (estimé à 552 g pour 1 litre) permettrait de réduire l'empreinte carbone de 66 g CO2eq/l, soit un gain de 5 %. "La fabrication de bouteilles pèse le plus sur l'ensemble des indicateurs, notamment sur le changement climatique, la pollution aux particules fines, l'utilisation des ressources énergétiques, minérales et métalliques", pointe Hugo Luzi.
La production du raisin - dont l'empreinte carbone s'explique principalement par la fabrication des engrais, leur dégradation et l'utilisation du tracteur - est la deuxième source d'impact de la filière, malgré le carbone capturé par la vigne et l'enherbement. L'ACV souligne par ailleurs que, si l'irrigation impacte la consommation d'eau, elle n'a qu'un effet marginal sur le changement climatique et la consommation d'énergies.
L'étape de la vinification, la plus gourmande en énergies, arrive en troisième position, avec des effets d'échelle selon que le vin est produit en cave particulière ou coopérative. "Quand on ramène les résultats au litre de vin, l'impact de l'étape de production de vin est deux fois plus important en cave particulière qu'en cave coopérative", note l'ingénieur de l'IFV.
Enfin, l'expédition du vin pèse globalement assez peu sur le cycle de vie du vin.
Les données de l'analyse, dont les résultats étaient présentés à Brignoles courant avril, vont désormais servir de base à la définition et à la diffusion de solutions. "Ces travaux nous permettent d'identifier des leviers d'action qu'il faudra prioriser et préciser selon leur impact et leur faisabilité, en cohérence avec la stratégie de production de rosé premium et de différenciation commerciale de la filière", explique Cécile Garcia, cheffe de projet du pôle technique du CIVP.
Allègement ou réemploi de la bouteille, éco-conduite, combinaison d'outils, couverts végétaux, stratégie de fertilisation, bilans hydriques et humiques, durée de vie des plants et des matériels de cave, gestion de l'eau au vignoble, réutilisation des eaux usées en cave font partie des nombreuses pistes à explorer. Déjà, des groupes de progrès - dont le réseau de fermes Ecophyto ou le groupe 'Sol vivant' du Cluster Provence Rosé - sont à l'œuvre et pourraient se multiplier. Le Centre du Rosé, dans le cadre du projet 'Enviprov', a par ailleurs entamé des travaux sur l'optimisation des itinéraires en cave.
"Certaines pratiques sont directement applicables, d'autres nécessiteront un accompagnement et/ou de l'expérimentation. Pour les différents acteurs de la filière, l'enjeu va maintenant être de se coordonner de façon collective, pour proposer des solutions réplicables et orienter les professionnels vers les interlocuteurs appropriés", conclut Cécile Garcia.
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