Bouches-du-Rhône 27/05/2026
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DU 5 AU 7 JUIN, AU DOMAINE DU MERLE

Agricultrices et pastoralisme à l'honneur

Du 5 au 7 juin, le Domaine du Merle n'est que gourmandises et animations. Le Salon des agricultures de Provence revient pour une 9e édition pleine de promesses autour d'un enjeu simple et complexe à la fois : mettre en avant l'agriculture départementale sous toutes ses facettes.

Rendez-vous dès vendredi 5 juin à 9 heures, pour l'ouverture de la 9e édition du Salon des agricultures de Provence, au Domaine du Merle, à Salon.

© Crédit photo : ED

Dix ans déjà que le terroir agricole des Bouches-du-Rhône se met en scène pour un moment festif et convivial, mêlant à la fois professionnels et grand public autour d'une vitrine en plein air durant trois jours, au Domaine du Merle, à Salon-de-Provence. Dix ans pour poser un coup de projecteurs sur 160 producteurs et éleveurs du département, pour promouvoir l'agriculture d'aujourd'hui auprès du grand public et des consommateurs, au travers de différents pôles d'exposition et d'animation, et pour favoriser les échanges en circuit court.

160 producteurs, une cinquantaine d'ateliers

Maraîchers, arboriculteurs, éleveurs, apiculteurs, conchyliculteurs, artisans, brasseurs et viticulteurs... les exploitants agricoles des Bouches-du-Rhône proposeront leurs productions directement aux consommateurs. Une cinquantaine d'ateliers et jeux dédiés à la découverte des produits et filières agricoles permettront de s'initier à la dégustation et à la cuisine, d'identifier la richesse de la palette de métiers offerts par l'agriculture. De la sorte, les visiteurs pourront percevoir concrètement comment les agriculteurs d'aujourd'hui abordent la transition écologique et se sont réinventés autour de productions préservant l'environnement, et favorisant l'émergence de filières locales.

À chaque fois, des parcours d'activités pédagogiques et ludiques adaptés à chaque âge seront proposés aux enfants (les élèves des écoles et des collèges le vendredi, les familles le week-end).

Une bergerie multimodale modernisée à visiter

L'an passé, le Salon des agricultures de Provence avait accueilli plus de 67 000 visiteurs. En 2026, les partenaires organisateurs maintiennent la gratuité de l'entrée au salon, aux parkings et à la quasi-totalité des animations. Cette année, deux fils rouges sont proposés aux visiteurs de cette 9e édition : la place des agricultrices et le pastoralisme.

Les premières - plus de 4 000 dans le département, soit 30% de 12 500 agriculteurs - seront mises en avant dans le cadre de 'L'année internationale des agricultrices' ; le second car 2026 est 'L'année internationale des parcours et de l'élevage pastoral'. L'Institut Agro, propriétaire du Domaine et centre de formation du Merle, proposera des visites guidées de la bergerie multimodale, le vendredi pour les élèves des établissements scolaires et le samedi pour le grand public. Le salon accueillera également un concours de chiens de berger au travail le samedi et le dimanche.

Des chiens qui ne seront pas les seuls à être mis à l'honneur, car la ferme du SAP constitue une vitrine fidèle des races élevées dans les Bouches-du-Rhône. Les éleveurs y présenteront leurs plus beaux spécimens lors de défilés ou concours sur le ring animalier : moutons Mérinos d'Arles, chevaux de Camargue, chèvres du Rove ou chevaux de trait. Nouveauté cette année : l'Association des éleveurs de chevaux de race Camargue présente une sélection de beaux chevaux dans le cadre d'un concours qui se tiendra le samedi 6 juin, sur le ring animalier : à 9 heures avec les juments ; et à 14 h avec les mâles.

Au cœur du salon, place évidemment au grand marché de plein air, qui réunira plus d'une centaine d'agriculteurs et 110 stands proposant des produits locaux et des spécialités gourmandes. Les visiteurs y trouveront des produits frais et de saison et des spécialités cuisinées, directement issus des fermes et ateliers artisanaux des Bouches-du-Rhône. Bref, de quoi passer un bon moment ! 

La rédaction •

DOMAINE DU MERLE

Une bergerie nouvelle génération pour porter haut le pastoralisme

Inaugurée à Salon-de-Provence, la bergerie multimodale du Domaine du Merle marque une nouvelle étape pour la formation, l'expérimentation et la valorisation de l'élevage ovin transhumant. À quelques jours de l'ouverture du Salon des agricultures de Provence, l'équipement symbolise aussi l'ambition d'un territoire qui entend conjuguer innovation, transmission et identité agricole. À visiter !

Les élèves bergers transhumants bénéficient désormais d'un outil pédagogique à la hauteur des attentes de la profession.

© Crédit photo : ED

À quelques jours du grand rendez-vous agricole du Salon des agricultures de Provence, le Domaine et centre de formation du Merle, à Salon-de-Provence, a dévoilé un équipement appelé à devenir une référence nationale pour l'élevage pastoral. Jeudi 30 avril, élus, partenaires institutionnels, représentants du monde agricole et acteurs de la formation se sont retrouvés autour de la nouvelle bergerie multimodale, inaugurée officiellement par l'Institut Agro Montpellier, propriétaire du site. Derrière les lignes sobres de ce bâtiment en bois de 1 080 m² se dessine bien davantage qu'un simple outil d'élevage : un véritable laboratoire grandeur nature dédié à la pédagogie, à l'innovation et à l'avenir du pastoralisme méditerranéen.

Dans une Provence où l'élevage ovin demeure intimement lié à l'histoire des territoires, cette nouvelle installation prend une dimension particulière. D'autant plus en 2026, proclamée 'Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux' par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Une reconnaissance mondiale qui met en lumière le rôle des éleveurs dans la préservation de la biodiversité, la gestion des espaces naturels et le développement de systèmes agricoles durables.

Une plateforme pensée pour l'élevage de demain

Au Merle, la bergerie nouvelle génération répond à plusieurs ambitions à la fois. Lieu d'apprentissage, outil expérimental, plateforme scientifique et espace de démonstration, le bâtiment a été conçu pour multiplier les usages. Sa structure modulaire permet aussi bien la gestion quotidienne des troupeaux que l'observation des animaux, l'organisation de formations ou la collecte de données pour la recherche appliquée.

"La nouvelle bergerie multimodale est emblématique de ce que nous voulons construire ici : un équipement innovant, fonctionnel et exemplaire", souligne Carole Sinfort, directrice de l'Institut Agro Montpellier, lors de l'inauguration. Pour elle, le Domaine du Merle s'impose plus que jamais comme un site d'excellence de l'établissement sur les thématiques de l'élevage pastoral, mais aussi du foin de Crau et de l'irrigation gravitaire.

L'équipement a été construit avec des matériaux renouvelables dans une logique de transition agroécologique. Le bois, omniprésent, contribue à améliorer le confort de travail tout en favorisant le bien-être animal. Mais la modernité du site ne s'arrête pas à son architecture : la bergerie se veut également connectée. Des équipements numériques, capteurs et outils de surveillance automatisés doivent progressivement y être déployés, afin d'accompagner les nouvelles pratiques d'élevage et de faciliter le suivi des troupeaux à distance.

Au cœur du dispositif, les élèves bergers transhumants bénéficient désormais d'un outil pédagogique à la hauteur des attentes de la profession. Formation aux soins, manipulation des animaux, gestion des mises bas ou apprentissage des techniques de tonte : les stagiaires peuvent évoluer dans des conditions proches du terrain, sécurisées et adaptées aux réalités du métier.

Une installation unique pour la tonte ovine

Pour Pierre-Marie Bouquet, directeur du Domaine et centre de formation du Merle, cette bergerie constitue avant tout un équipement polyvalent capable de remplir "toutes les fonctions de l'élevage". Le bâtiment peut accueillir jusqu'à 270 brebis, même si sa vocation première reste la démonstration et la pédagogie.

"Le salon grandit, innove, mais reste fidèle à sa vocation première : valoriser l'agriculture des Bouches-du-Rhône"

L'un des points forts de l'installation réside dans son espace dédié à la tonte. Le Merle dispose désormais du seul équipement français doté de six postes fixes de tonte. Un outil rare, qui attire déjà professionnels et stagiaires venus se perfectionner aux gestes techniques de la filière.

"Ici, les conditions de confort pour le tondeur comme pour l'animal sont idéales", insiste Pierre-Marie Bouquet. Chaque année, plus de 2 000 animaux sont tondus sur le site, qui accueille également des concours spécialisés et des formations organisées avec l'Association des tondeurs de Moutons.

Au-delà de l'apprentissage technique, le site entend aussi contribuer à une meilleure valorisation de la laine ovine, longtemps délaissée économiquement malgré les initiatives engagées pour relancer cette production locale.

Enfin, la bergerie a également vocation à devenir un espace de convergence entre différentes disciplines. Étudiants ingénieurs agronomes, spécialistes des sciences de l'eau, chercheurs et professionnels de l'élevage y travaillent déjà autour des enjeux du bien-être animal, de la prédation, de la reprise d'exploitation ou encore des technologies numériques appliquées au pastoralisme.

Un projet structurant pour le territoire

Derrière cette réalisation se cache un investissement de près de 456 000 € porté conjointement par l'Institut Agro Montpellier, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Département des Bouches-du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-Provence.

Pour Lucien Limousin, vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône délégué à l'agriculture et aux territoires, "cette bergerie illustre parfaitement les enjeux stratégiques de la filière ovine et de l'élevage transhumant pour les territoires provençaux". L'élu a rappelé le soutien constant du Département au Salon des agricultures de Provence, devenu au fil des éditions un rendez-vous incontournable entre agriculture et grand public.

Même tonalité du côté de Nicolas Isnard, nouveau président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et maire de Salon-de-Provence. Saluant "ce qui peut être accompli ici en travaillant ensemble", l'élu insiste sur la capacité du territoire à fédérer collectivités, monde agricole et établissements de formation autour de projets concrets. "Vive l'agriculture de Provence", lance-t-il en clôturant son discours durant l'inauguration.

Le Salon des agricultures de Provence veut confirmer son succès

Cette inauguration servait aussi de prélude à la 9e édition du Salon des agricultures de Provence, organisée du 5 au 7 juin prochains sur le Domaine du Merle. Depuis sa création en 2016, l'événement n'a cessé de gagner en ampleur jusqu'à devenir l'un des grands rendez-vous agricoles du Sud de la France.

L'an passé, plus de 67 000 visiteurs avaient arpenté les allées du salon. Pour 2026, les organisateurs maintiennent la gratuité de l'entrée, des parkings et de la quasi-totalité des animations. Un choix revendiqué par Laurent Israélian, président de la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône, qui voit dans cette accessibilité l'une des clés du succès populaire du SAP.  "Le salon grandit, innove, mais reste fidèle à sa vocation première : valoriser l'agriculture des Bouches-du-Rhône", rappelle-t-il. Dans un contexte où le lien entre citoyens et agriculture constitue un enjeu majeur, le SAP entend continuer à jouer son rôle de vitrine des savoir-faire et des productions locales.

Cette année, le pastoralisme et l'élevage ovin occuperont une place centrale dans la programmation. Les visiteurs pourront notamment découvrir la nouvelle bergerie multimodale lors de visites orga- nisées le vendredi pour les scolaires, puis le samedi pour le grand public. 

Emmanuel Delarue •

TROPHÉES DE L'INNOVATION 2026

L'agriculture des Bouches-du-Rhône en mode solutions

À quelques jours du Salon des agricultures de Provence, les Trophées de l'innovation s'apprêtent à remettre en lumière les projets qui font bouger les lignes dans les Bouches-du-Rhône. Depuis huit ans, ce concours - porté par la Chambre d'agriculture - récompense des initiatives concrètes, nées du terrain, au service d'une agriculture plus performante, plus durable et plus résiliente.

La remise des trophées de l'Innovation lors de l'édition 2025 du Salon des agricultures de Provence. Cette année, le palmarès sera dévoilé le vendredi 5 juin, à 18 heures.

© Crédit photo : ED

Dans les Bouches-du-Rhône, l'innovation agricole ne relève plus du simple mot d'ordre. Elle est devenue une nécessité, presque une condition de survie, face à l'enchaînement des défis climatiques, économiques, sociétaux et technologiques qui traversent les exploitations. Gestion de l'eau, transition écologique, adaptation des pratiques, nouveaux débouchés, outils numériques... Partout, les professionnels sont poussés à repenser leurs modèles.

Un rendez-vous inscrit dans le paysage

C'est précisément pour accompagner et valoriser cette dynamique que la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône a installé, au fil des années, un rendez-vous désormais bien identifié dans le paysage agricole local : les Trophées de l'Innovation du Salon des agricultures de Provence. L'édition 2026, programmée les 5, 6 et 7 juin prochains, s'annonce dans la continuité de cette ambition, avec la volonté affichée de faire émerger des solutions utiles, transposables et ancrées dans les réalités du territoire.

Depuis huit ans, le concours a récompensé plus de trente lauréats et permis d'attribuer plus de 40 000 euros de dotations, avec le soutien de partenaires engagés comme CAAP 'Innov', le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-Provence. Des chiffres qui traduisent une montée en puissance régulière de cette initiative, aujourd'hui pleinement inscrite dans la stratégie d'accompagnement de l'innovation portée par la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône. Ces trophées s'inscrivent dans un écosystème plus large, dédié à l'accompagnement de l'innovation agricole et agroalimentaire en Provence.

Huit ans pour faire émerger des solutions de terrain

À l'origine, l'idée était simple : donner de la visibilité à des projets innovants souvent conçus dans les fermes, les ateliers de transformation, les entreprises agricoles ou les structures collectives, mais qui peinent parfois à sortir de leur cercle d'initiés. Huit ans plus tard, la formule a trouvé sa place.

"Au fil des éditions, plus de 30 lauréats ont été récompensés. Ces projets témoignent de la créativité et de la capacité d'adaptation de notre agriculture provençale", souligne Nathalie Escoffier, élue référente du pôle 'Valorisation et diversification des produits' de la Chambre d'agriculture.

Au-delà de la reconnaissance, le concours joue un rôle d'accélérateur. Parce qu'il apporte un coup de projecteur, bien sûr, mais aussi parce qu'il crée des passerelles entre des univers qui ne se rencontrent pas toujours spontanément (agriculteurs, entreprises, instituts techniques, centres de recherche, partenaires financiers et collectivités).

Pour Nathalie Escoffier, l'esprit du concours n'a jamais varié : "L'objectif est de valoriser les initiatives innovantes au service d'une agriculture performante et durable." Une ligne qui résonne particulièrement dans un département où les filières agricoles, très diversifiées, doivent conjuguer compétitivité économique, exigence environnementale et adaptation rapide aux mutations en cours.

Une innovation concrète, utile et visible

Les Trophées de l'innovation ne cherchent pas à sacrer l'idée la plus spectaculaire ou la technologie la plus futuriste. Leur philosophie est plus pragmatique puisqu'il s'agit de distinguer des solutions concrètes, applicables et utiles au terrain. Les projets récompensés ces dernières années ont ainsi concerné des domaines très variés. Nouvelles pratiques culturales, outils techniques, transformation des produits, innovations commerciales, circuits courts ou encore services au bénéfice des exploitations.

"Au-delà de la compétition, ce concours est surtout une vitrine de l'innovation agricole provençale"

"Il s'agit aussi de mettre en lumière des solutions concrètes pour les agriculteurs du territoire", insiste Nathalie Escoffier. Autrement dit, l'innovation n'est pas pensée comme une vitrine hors-sol, mais comme un levier opérationnel pour répondre à des besoins très réels.

Le concours poursuit ainsi trois objectifs majeurs. D'abord, valoriser les initiatives innovantes au service d'une agriculture plus durable. Ensuite, diffuser des réponses utiles aux agriculteurs des Bouches-du-Rhône. Enfin, favoriser une dynamique collective à l'échelle provençale. "Nous voulons aussi créer des passerelles entre agriculteurs, entreprises, instituts techniques, centres de recherche et partenaires institutionnels", résume l'élue.

Cette approche collective rejoint celle mise en avant par les partenaires économiques mobilisés autour du concours. À travers son pôle dédié à l'innovation, le Crédit Agricole Alpes Provence accompagne en effet la création d'entreprises innovantes, le financement de start-ups et le développement de solutions adaptées aux transitions numériques, environnementales et économiques.

Une édition sous le signe de l'IA et de la transition écologique

L'édition 2026 entend s'inscrire dans cette continuité tout en mettant en avant deux enjeux particulièrement structurants pour les années à venir. Le premier concerne l'intelligence artificielle appliquée à l'agriculture. Un prix spécial lui sera consacré, pour saluer des outils qui ouvrent déjà de nouvelles perspectives en matière d'aide à la décision, de pilotage des cultures, de précision des pratiques ou de gestion des données.

Le second enjeu est celui, plus large mais tout aussi décisif, de la transition écologique. Réduction des intrants, sobriété dans l'usage des ressources, adaptation au changement climatique, amélioration des performances environnementales. Autant de sujets qui traversent désormais l'ensemble des filières agricoles et qui appellent des réponses innovantes.

"L'innovation agricole est avant tout une aventure collective"

Les candidats de cette édition 2026 ont pu présenter des innovations dans plusieurs champs : pratiques agricoles, procédés de transformation, outils de distribution, notamment en circuits courts, ou encore produits innovants issus de l'agriculture. Les dossiers ont été déposés au printemps, avant une première phase de sélection organisée au début du mois de mai. Les finalistes sont désormais attendus le 6 juin, dans le cadre du Salon des agricultures de Provence, pour défendre leur projet devant le jury final chargé de désigner les lauréats.

Un concours qui raconte une agriculture en mouvement

Pour les organisateurs, l'enjeu dépasse largement la remise de prix. "Au-delà de la compétition, ce concours est surtout une vitrine de l'innovation agricole provençale", insiste Nathalie Escoffier. "Il permet de montrer, au grand public comme aux professionnels, que notre agriculture est un secteur dynamique, capable d'innover et de proposer des solutions concrètes face aux défis de demain."

Dans un contexte où l'agriculture est souvent racontée à travers ses crises, ses tensions et ses fragilités, les Trophées de l'innovation assument ainsi une autre fonction : donner à voir une profession en mouvement, qui expérimente, investit, invente et s'organise. Une agriculture qui ne subit pas seulement les transitions, mais qui cherche aussi à les construire.

Cette capacité d'initiative, les partenaires financiers veulent eux aussi l'encourager. Jérôme Lhoste, responsable des partenariats agricoles au Crédit Agricole Alpes Provence, souligne l'engagement de l'établissement auprès des porteurs de projets agricoles innovants. "L'innovation dans l'agriculture ne se décrète pas, elle s'accompagne dans la durée. Notre rôle, au Crédit Agricole Alpes Provence, est d'être aux côtés des agriculteurs, des entreprises et des jeunes structures qui portent des solutions nouvelles, en leur apportant des outils de financement, de mise en réseau et d'appui adaptés à leurs besoins", explique-t-il.

Révéler les transformations à l'œuvre

À ses yeux, l'enjeu dépasse la seule modernisation des exploitations. "Aujourd'hui, nous devons soutenir des projets qui répondent à plusieurs défis en même temps : la performance économique, la transition environnementale, l'attractivité des métiers et l'intégration du numérique. L'innovation agricole, c'est tout cela à la fois", ajoute Jérôme Lhoste.

Une vision en phase avec celle portée par la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône, qui voit dans ces trophées un révélateur des transformations à l'œuvre sur le terrain. "L'innovation agricole est avant tout une aventure collective, et c'est en valorisant ces initiatives que nous contribuons à construire l'agriculture de demain", rappelle Nathalie Escoffier.

À quelques jours du Salon des agricultures de Provence, les Trophées de l'innovation s'annoncent ainsi comme bien plus qu'un palmarès. Un rendez-vous où se dessine, projet après projet, le visage d'une agriculture provençale inventive, engagée et bien décidée à garder un temps d'avance. 

Emmanuel Delarue •

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