Domaine Padié
À Calce, Jean-Philippe Padié a connu cette année un parcours de vendanges "chaotique", entre pressions sanitaires, coups de chaud et aléas climatiques. Mais le vigneron, fidèle à son optimisme, se dit confiant sur la qualité du millésime 2025.
"C'est presque un mal pour un bien. On produit moins, mais de toute façon la consommation ne suit pas", estime Jean-Philippe Padié.
© Crédit photo : AV
"Les années se suivent et ne se ressemblent pas", constate d'emblée Jean- Philippe Padié, vigneron à Calce. Après plusieurs hivers trop doux, 2025 a offert un peu de froid et de pluie, permettant à la vigne "de se reposer". Le cycle a débuté lentement, avec un débourrement tardif mais régulier, "de bon augure", selon lui.
Le printemps, généreux en eau, a cependant favorisé une pression exceptionnelle du mildiou. "J'ai rarement vu une attaque aussi fulgurante, localisée et rapide", souligne-t-il. Sur certains secteurs, notamment vers Saint-Estève, il a perdu jusqu'à 30 à 40% de la récolte. "Le mildiou ne pardonne pas : quand il atteint la fleur, la grappe est perdue." À cette contrainte s'est ajouté l'oïdium, un classique dans le Roussillon, nécessitant l'usage combiné de soufre et de cuivre, parfois au risque de brûlures, si le traitement est suivi d'épisodes de forte chaleur. "En bio, on n'a pas une grande palette d'outils : il faut anticiper, intervenir au bon moment, et accepter une part de pertes."
L'été a confirmé la tendance aux extrêmes. Après un mois de juin très chaud, les orages de juillet ont redonné espoir. Mais un double épisode de canicule mi-août a accéléré la maturité. Résultat : des vendanges précoces, commencées dès le 9 août. "Désormais, à Calce, vendanger entre le 10 et le 15 août est devenu la norme, avec des récoltes qui se bouclent fin août, au lieu de mi-septembre autrefois." Un basculement qui traduit, selon lui, les effets durables du changement climatique : "Les vendanges courtes et précoces, c'est devenu la règle. On n'a plus le temps d'étaler le travail comme avant. Tout se joue en 3 semaines."
Cette précocité, combinée à des rendements modestes, confirme une tendance lourde : "On ne reviendra jamais à de grosses quantités ici. Les années sèches se succèdent, la vigne s'est mise à l'économie." Jean-Philippe estime sa récolte 2025 "un peu meilleure que 2024", jugée catastrophique, mais toujours en dessous de la normale. Et il relativise : "C'est presque un mal pour un bien. On produit moins, mais de toute façon la consommation ne suit pas. On a trop de vin sur les bras, et irriguer pour faire du volume n'aurait aucun sens si les bouteilles restent invendues."
Le vigneron insiste aussi sur la nécessité de renouveler l'approche de la consommation. Il plaide pour "décomplexer le vin", en développant les ventes au verre, les systèmes de fûts comme pour la bière, et en incitant les restaurateurs à pratiquer le droit de bouchon.
Reste que la qualité est au rendez-vous. Les blancs, ramassés rapidement après les coups de chaud, affichent des degrés plus élevés. Les rouges, eux, ont profité des pluies de juillet qui ont "redilué un peu les raisins", donnant des équilibres plus modérés. "Ce qui se profile en cave est gourmand, aromatiquement généreux, avec une belle salinité et des équilibres en alcool assez justes."
Malgré les incertitudes, Jean-Philippe Padié reste fidèle à une philosophie d'optimisme lucide. "Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible", cite-t-il en référence à Camus."Ce millésime 2025 n'a pas été un long fleuve tranquille, mais il donnera de très beaux vins."
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