La charte de bon voisinage et du bien vivre ensemble a été signée, le 20 septembre, à la Chambre d’agriculture de l’Hérault.
ZNT pour zones de non-traitement. Trois lettres qui font couler beaucoup d’encre ces derniers temps et déclenchent des débats houleux, où la raison s’égare le plus souvent entre considérations humaines, éléments scientifiques et visées politiques avec l’approche des municipales. Pour faire monter encore plus la “température”, le gouvernement a lancé une consultation publique, le 9 septembre, qui se focalise essentiellement sur les distances minimales à respecter lors de l’usage des produits phytosanitaires à proximité des habitations.
En attendant les textes de loi qui fixeront les règles du jeu, les organisations professionnelles agricoles et de riverains, ainsi que les élus locaux ont déjà pris le taureau par les cornes, en travaillant de concert sur une charte de bon voisinage. Dans l’Hérault, il aura fallu une bonne année pour que la Chambre d’agriculture, la FDSEA, les JA, Coop de France, les Vignerons indépendants, le Département, l’Association des maires, Familles rurales et Négoce village Pyrénées-Méditerranée accordent leurs violons et portent sur les fonts baptismaux ladite charte. C’était le 20 septembre. “La charte est sûrement imparfaite, mais l’initiative est remarquable”, se félicite le président de la Chambre d’agriculture, Jérôme Despey.
Que dit la charte ?
Les agriculteurs s’engagent à ne traiter que si cela est nécessaire, à utiliser des produits autorisés, à prendre en compte les données météorologiques lorsqu’ils traitent, à respecter les zones non traitées, la réglementation et les prescriptions relatives aux lieux dits “sensibles” (écoles, établissements médico-sociaux...), à faire contrôler les pulvérisateurs, etc. Rien de très différent, en somme, de ce que la réglementation impose. “Rappeler la réglementation, c’est important, parce que les riverains et les consommateurs ne la connaissent pas”, souligne le président de la Cham-bre. Avant d’ajouter : “Mais on ne se contente pas de suivre la réglementation. Nous avons engagé des initiatives propres à notre département.”
Ainsi, la confusion sexuelle dans les vignes a été généralisée, avec le soutien du Département. De 200 hectares, on en est aujourd’hui à 10 000. Autre initiative : la mise en place d’infrastructures agroécologiques telles que des murets, des haies... À titre d’exemple, 16 km de haies ont été plantés cette année par des arboriculteurs, avec le soutien du Département. Pour ce qui concerne directement la pulvérisation des produits phytosanitaires, l’utilisation de matériel anti-dérive et de produits limitant la dérive se généralisent dans les vignes et autres cultures. Le travail du sol se renforce également, et l’usage de produits pour le désherbage tend à se réduire. “Des actions comme celles-là, il y en a à profusion”, relève Jérôme Despey. Autre pierre angulaire de ces démarches, bien que non retenue dans la charte, l’engagement de la certification environnementale à hauteur de 50 % des exploitations en 2025, puis 100 % à horizon 2030. Reste que si l’ambition est affichée haut et fort, “comme je l’ai rappelé au ministre de l’Agriculture, la semaine dernière, on ne pourra pas assurer l’accompagnement à la transition agroécologique et atteindre ces objectifs, si l’État réduit les moyens des Chambres”, indique-t-il.
De leur côté, les élus locaux et collectivités s’engagent à promouvoir la charte, à jouer un rôle d’écoute et de médiation et, surtout, à limiter le développement des zones urbanisables en zones agricoles, comme à tenir compte de la proximité de l’activité agricole dans les projets d’extension urbaine. Quant aux associations, si elles doivent assurer la promotion de la charte à l’instar des élus et collectivités, leur rôle sera surtout de conduire un dialogue constructif avec les élus locaux, les agriculteurs et leurs organisations, ainsi que de favoriser le maintien de relations apaisées entre agriculteurs et riverains. À chacun donc de prendre sa part de responsabilités car, ainsi que le dit Sophie Noguès, présidente de la FDSEA 34, “la campagne, elle se partage”. Reste à trouver le bon équilibre entre usages économiques et usages humains du territoire.
Florence Guilhem
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