La parcelle de tournesols d'Eric Gravil a été ravagée en 15 jours, début août. Les clôtures, prêtées avec caution par la FDC 30, sont une option, mais
"C'est un combat de longue haleine, mais pour la première fois, on sent un ralentissement de la hausse." Confiant, mais prudent, David Sève pèse ses mots. Pour le président de la FDSEA du Gard, les dégâts dus aux sangliers "ne sont pas une fatalité, s'il y a des mesures". Dans la continuité de la dérogation ministérielle accordée l’an dernier au département pour endiguer la prolifération des animaux impactant les cultures, mais ayant également causé trois accidents mortels en 2016, la préfecture a renouvelé l’essai. Si les effets se font ressentir sur le terrain, et que la note des dégâts à indemniser s’annonce moins lourde cette année pour la Fédération des chasseurs du Gard, la vigilance reste de mise chez les agriculteurs. Avant un retour à la "normale" qui devrait se faire, selon David Sève, "sur plusieurs années".
Plus de 40 000 sangliers
Les chiffres sont sensiblement les mêmes que sur la campagne précédente. 33 047 sangliers ont été neutralisés lors des 25 794 battues classiques effectuées par les chasseurs, d'après les chiffres de la Fédération des chasseurs du Gard. En comptant les tirs à l'affût et à l'approche (7 000 à 8 000 bêtes tuées), les autorisations dérogatoires et les prises par cage, plus de 40 000 sangliers ont pu être abattus. Les 49 autorisations ont été délivrées sur la période du 1er avril au 31 mai, permettant de tuer environ 200 animaux, selon les derniers chiffres transmis à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Quant aux prises en cages, comprises dans le dispositif expérimental gardois, "seulement 13 autorisations ont été délivrées, contre 35 l'an passé, mais elles ont été groupées cette année", note Cyrille Angrand, chef du service environnement et forêt. Mais le bilan final reste encore à établir. Alors qu'entre juin 2016 et 2017, les 83 autorisations accordées avaient permis de tuer 579 sangliers, le chiffre provisoire de 200 est plutôt une bonne nouvelle, comme l'explique Cyrille Angrand. "Ce n'est pas par hasard, c'est qu'il y avait beaucoup moins de sangliers." Lorsque des interventions renforcées de la louveterie ont été déclenchées dans 36 communes, les opérations ont été suspendues "au bout d'un mois, car les lieutenants voyaient trop peu de sangliers". Idem pour les quelques sorties de prospection demandées fin juillet, qui ont tourné court par manque de gros gibiers, là où l'an dernier encore, "des motards refusaient de rouler la nuit en raison du danger. Or, aujourd'hui, la situation est très différente", assure le chef de service.
Besoin des chasseurs et des services de l'Etat
Car l'addition peut flamber, au point d'atteindre des sommes faramineuses, comme l'an dernier, lorsque le montant des indemnisations a explosé à 850 000 € ! "C'était gravissime", se souvient encore le directeur de la Fédération des chasseurs du Gard, Marc Valat. Si les chiffres officiels pour 2018 ne sont pas encore dévoilés, la FDC 30 table sur 550 000 € environ. Il ne croit pas vraiment à une baisse du cheptel, mais constate "moins de dégâts cette saison". Rien qu'en mars, "2 000 sangliers ont été prélevés". Le directeur de la FDC 30 note moins d'animaux sur les routes, dans les cultures, et "moins de déclarations de dégâts". Ce qui devrait alléger la note. Certes, les chasseurs se doivent de réguler les populations de sangliers, mais ils ne peuvent pas tout gérer à eux-seuls, ni avec seulement 12 lieutenants de louveterie. "Ce n'est pas aux chasseurs de régler tous les dégâts", estime Geromino Salmeron, le co-secrétaire général de la FDSEA 30. "On a besoin des chasseurs, et de l'aide de l'Etat", ajoute David Sève.
"La tendance nette est à l'amélioration. Mais il ne faut pas relâcher la vigilance, tant du côté des agriculteurs dans la protection de leurs cultures que de celui des chasseurs", encourage Cyrille Angrand. Après des périodes troublées entre les uns et les autres, le temps est à la cohésion locale.
Philippe Douteau
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