Dans son discours de clôture, Joël Reynaud, président de Coop de France Méditerranée, a pointé plusieurs sujets d’actualité dont celui de la réforme de la Pac 2021/2027.
“Les coopératives au cœur des débats”. C’est le thème choisi par l’équipe dirigeante de Coop de France Alpes-Méditerranée pour montrer la diversité des structures adhérentes sur le territoire, et les expériences vertueuses, ou innovantes, mises en œuvre par ces dernières. Plusieurs coopératives étaient ainsi appelées à témoigner sur deux sujets : ‘Les coopératives, un laboratoire d’idées pour accompagner l’installation des agriculteurs’, et les ‘engagements des coopératives pour le bien commun’.
Le premier sujet était l’occasion de revenir sur la création, aux côtés de la Safer Paca et de la Région, de la SCIC ‘Terre Adonis’, “une entreprise qui associe autour d’un projet collectif d’utilité sociale plusieurs partenaires du territoire”, a souligné Joël Reynaud, président de Coop de France Alpes-Méditerranée. L’objectif de cette société de droit privé, a-t-il rappelé, “est d’installer de nouveaux agriculteurs, ou de conforter ceux déjà installés en Région, avec une acquisition différée du foncier”. La société, créée en novembre dernier, a déjà concrétisé cette ambition avec l’installation de deux jeunes producteurs de jasmin, Anne Caluzio et Maurin Pisani, sur le Domaine de La Colle Blanche, dans les environs de Grasse (06). Les bénéficiaires s’engagent en contrepartie à acquérir les terres, achetées par l’intermédiaire de la Safer Paca, dans un délai de 7 à 15 ans maximum ; et à apporter un minimum de 10 % du montant de la transaction, comme l’a rappelé Anne Boutière, chargée de mission foncier agricole au sein de Coop de France Alpes-Méditerranée.
Des solutions innovantes pour l’installation des jeunes
Pour Joël Reynaud, l’enjeu est de taille : “Le foncier est soumis, dans notre région, à une pression économique avec une financiarisation croissante des terres, et un grignotage de l’urbain sur le rural. Les terres agricoles sont également menacées par un faible renouvellement des générations, avec parfois comme conséquence un abandon partiel ou total de certaines parcelles (…). Le dérèglement climatique a aussi un impact fort, car il fragilise des agriculteurs, dont la situation économique est parfois déjà instable”. Ce constat, largement partagé, a inspiré des initiatives comme celle menée par la coopérative vinicole Sylla, à Saint-Saturnin-Lès-Apt (84) : confrontée à un vieillissement de ses sociétaires, l’équipe dirigeante a opté pour “le financement participatif, via la création d’une SAS, dans laquelle la coopérative a pris des parts”, rapporte Bertrand Reynaud, son vice-président. “Nous avons ainsi réussi à maintenir le nombre de sociétaires, et même à en recruter de nouveaux. Des terres en friches ont également pu être rachetées par la SAS, qui a par ailleurs replantée six hectares de vignes”, s’est-t-il félicité.
Autre exemple mis en avant, lors de cette journée d’échanges, celle de la coopérative Alpes Coop Fruits. Implantée à Laragne-Montéglin, dans les Hautes-Alpes, dont Romain Borel, son président, est venu témoigner des aides à l’installation des jeunes exploitants mises en œuvre par sa structure. “Au-delà du coup de pouce qu’elle leur apporte, elle nous permet de conserver notre indépendance, face à de plus grosses structures qui souhaitent nous racheter”, a rappelé le président d’Alpes Coop Fruits.
Une baguette 100 % régionale en projet
La seconde table-ronde apportait, quant à elle, un éclairage sur les engagements du monde coopératif “en faveur du bien commun”, à travers ‘Du champ à l’assiette’, un projet pilote dans lequel sont impliqués les acteurs de la filière blé. “L’objectif est de redynamiser la production des céréales en région”, fragilisée par les dernières campagnes de blé dur, a ainsi expliqué Rolindes Moran, ingénieure conseil ‘RSE & Agroécologie’ au sein de Coop de France Alpes-Méditerranée. L’ambition est de créer, structurer et développer une filière ‘céréales, farines, pains’, réunissant coopératives régionales, meuniers, dont l’outil de transformation est situé en région, et artisans boulangers-pâtissiers. L’enjeu est, enfin, “de contractualiser sur trois ans tous les maillons de production, pour proposer un produit régional qui sécurise le revenu des agriculteurs, tout en maintenant une activité de collecte pour les OS”.
Dans le cadre de ce projet, conduit sous forme expérimental pour la première année, 400 ha de blé tendre ont déjà été emblavés cet automne, en vue de la transformation par trois moulins régionaux et 140 boulangers. “Nous espérons atteindre le chiffre de 2?200 ha de céréales et un réseau de 450 boulangers en 2023”, a par ailleurs précisé Rolindes Moran, avec l’objectif, in fine, “d’augmenter les marges des producteurs, et maintenir l’agriculture en Paca, en augmentant très faiblement le prix de la baguette pour le consommateur”.
D’autres témoignages, dans le cadre de cette table-ronde, illustraient quant à eux les expériences de commercialisation en circuits courts ou en vente directe, menées par des coopératives, réunissant des petits producteurs, comme Groupe Provence Services (spécialisée dans les légumes secs) ou Paysans du Coustellet, afin de s’affranchir de la grande distribution.
Julien Dukmedjian
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