GARD
Au 'Jardin d'à côté', à Marguerittes, pas de caisse enregistreuse classique ni d'étals calibrés. Ici, les clients se munissent de sécateurs et de paniers pour récolter eux-mêmes leurs légumes bio. Une formule atypique qui attire depuis plus de 10 ans une clientèle fidèle et curieuse, autour d'un maraîcher seul aux commandes.
Arnaud de Gérin a choisi le système de cueillette dès le début de son exploitation, quand il s'est installé en 2011.
© Crédit photo : JB
"Vous avez trouvé les salades ?", lance une cliente à sa voisine de cueillette. "La semaine dernière, elles étaient dans la serre, là-bas", répond l'autre, un brin hésitante. Ce matin de septembre, entre 2 rangs de haricots verts, la scène prête à sourire. Au 'Jardin d'à côté', à Marguerittes, près de Nîmes, les consommateurs ne remplissent pas leur chariot en supermarché : ils parcourent les allées et les serres, panier au bras, à la recherche de leurs légumes comme on chercherait un trésor. Avant 9 heures, l'horaire officiel de l'ouverture, le parking est déjà plein. Pour Agnès, qui se sert chez Arnaud de Gérin depuis des années, toutes les raisons sont bonnes pour s'accroupir : "C'est un jeune qui fait du bio, qui respecte la saisonnalité. Il n'y a pas de délai et la fraîcheur est maximale ici."
Diplômé en biochimie, mais non passionné par les études, Arnaud s'est installé en tant que maraîcher en 2011, au départ sur des terres familiales. "Mon père était viticulteur à Redessan et à quelques années de la retraite, il a arraché 8 ha de vignes", raconte Arnaud. "Je devais travailler, j'avais des terres nues, donc j'ai décidé de me lancer en tant que maraîcher."
La cueillette comme la distribution de paniers ont fait partie des pistes de réflexion pour la commercialisation. "J'avais vu un reportage sur la cueillette à la ferme dans la région parisienne", explique le maraîcher. "Je me suis dit : Allez, j'essaye. Si ça ne marche pas, je ferais autrement." Communication dans les commerces, tractage dans les boîtes aux lettres et "la mayonnaise a pris". Une philosophie qui a porté ses fruits. Fruits que les clients viennent cueillir à Marguerittes depuis 5 ans, à la suite du déménagement du jardin. "J'ai été exproprié en 2014 pour le projet de déviation de Beaucaire. Et derrière, le projet Magna Porta a pris le reste du terrain. J'ai été contraint de trouver des terres dans une zone en tension au niveau foncier", se rappelle Arnaud.
Côté production, l'exploitation s'étire sur un terrain de 5 ha tout compris, délimité par une quinzaine de serres d'environ 500 m2 chacune. Au milieu, la pleine terre. Le panier de mi-septembre ? Courgettes, salades, aubergines, concombres, tomates, poivrons, poireaux, haricots verts. Mais également courges et patates douces, seuls légumes ramassés par le maraîcher et disposés près du comptoir. "Heureusement que ce n'est pas vous qui ramassez tout ça !", lui lance une cliente. Car Arnaud est seul pour travailler la terre et tenir la caisse, aidé ponctuellement par son père pour les opérations avec le tracteur ou de "plastiquage". En revanche, côté communication, c'est sa femme qui gère. Le type de commercialisation et le choix de ne pas embaucher lui imposent une organisation stricte, dès le lever du jour pour faire un maximum avant l'arrivée des premiers clients.
Au départ installé en conventionnel, Arnaud a souhaité tester le bio. "J'ai fait des essais, j'ai vu que la production ne s'effondrait pas", constate-t-il. Le déménagement fut ainsi l'occasion de se lancer pleinement dans la certification afin de "se démarquer de la concurrence". Au total, il cultive une vingtaine de variétés et ouvre la cueillette de mi-mars à mi-octobre, 4 à 6 matinées par semaine selon la période de l'année. Les fraises constituent le pic d'activité avec une dizaine de tonnes vendues au point de "ne plus pouvoir lever la tête de la caisse". Pour les autres cultures, impossible d'en connaître les volumes, pas le temps. Parfois, entre 2 clients, il bricole, toujours en poste au comptoir. En ce moment, c'est rempaillage de chaises. L'année dernière, c'était "ponçage de carreaux".
Chaque jour de cueillette, Arnaud de Gérin inscrit sur un grand tableau noir les produits du jour, ainsi que leurs prix. Un autre précise les serres et les parcelles à visiter. Seaux, cagettes et même brouettes sont à la disposition des clients qui viennent majoritairement avec leurs sacs et paniers. Les habitués chaussent même des chaussures spécifiques, "car parfois il y a de la boue dans les serres après arrosage". Un peu partout, des consignes. Par-ci, "merci de remettre le sécateur ici, pour le suivant", par-là, "les aubergines se coupent obligatoirement au sécateur". Des prêts qui ne reviennent pas toujours. "Cela me coûte une fortune chaque année", lance t-il. "Mais c'est surtout involontaire", se rassure-t-il.
Côté ramassage, les rangs se vident doucement. Les salades, tomates et autres aubergines disparaissent au fur et à mesure de la matinée. Les clients semblent consciencieux et sont surtout des habitués. "Globalement, les allées sont espacées et adaptées à la circulation des gens", précise le maraîcher. "Je ne fais que du facile, il n'y a rien de délicat. Après il peut y avoir un petit peu de dégât, ça fait partie du jeu. Mais en contre-partie, je vends des légumes déformés qui auraient du mal à être écoulés dans un circuit classique." Il a tout de même arrêté les pois gourmands et les fèves, et attend d'avoir "des petits pois bien gonflés au printemps avant d'ouvrir à la cueillette."
À l'automne, la chasse au trésor prend fin. Mais pour Arnaud, la saison ne s'arrête jamais : l'hiver, entre semis, serres et organisation, il prépare déjà les légumes que ses clients viendront récolter au printemps.
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