MANIFESTATION AGRICOLE
Qu'importe la couleur arborée, ces derniers jours, l'ensemble des syndicats agricoles se sont rassemblés autour de certaines positions communes. Mercredi 17 décembre, dans l'Aude, les cortèges de Narbonne et Castelnaudary se sont retrouvés à Carcassonne afin de manifester contre la gestion sanitaire du gouvernement et lever le voile sur le malaise généré par l'accord européen avec les pays du Mercosur.
"Ce qui s'est passé en Ariège est innommable, on dépasse l'entendement", reproche Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l'Aude, concernant l'usage d'une force jugée disproportionnée, déployée par les gendarmes face aux agriculteurs.
© Crédit photo : AL
Par chance, lorsque les premiers cas sont détectés dans les Pyrénées-Orientales, Sylvain Mervoyer, éleveur bovin à Campagne-sur-Aude (11) et élu à la Confédération paysanne de l'Aude, a déjà vacciné son cheptel contre la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC). "Dès le départ, on a demandé à ce que la vaccination soit très large pour stopper tout de suite la progression de la maladie", explique-t-il. Selon lui, cette demande n'a pas été entendue car les doses ont été réservées à des périmètres restreints, alors que les mouvements d'animaux se poursuivaient. Résultat, estime-t-il, "la maladie s'est diffusée au-delà des zones initiales".
Les éleveurs réclament désormais une ouverture large, voire libre, de la vaccination. "Jusqu'à maintenant, les gens qui avaient envie de se protéger eux-mêmes et de vacciner, c'était interdit", déplore l'éleveur, qui plaide pour une stratégie nationale. À ses yeux, la vaccination constitue, "le seul moyen de se protéger efficacement" et permettrait d'éviter des abattages qu'il juge excessifs, notamment pour des animaux sains ou déjà immunisés. En fin de journée, la préfecture de l'Aude annonçait l'extension du dispositif de vaccination à l'ensemble de l'Aude. À date du 17 décembre, 11 500 des 21 000 bovins du département étaient déjà vaccinés.
Au-delà de la dimension sanitaire, les agriculteurs pointent des décisions qu'ils estiment dictées par des impératifs commerciaux. "On répond à un problème sanitaire par des mesures sanitaires et pas par des mesures de commerce", insiste Sylvain Mervoyer. Il appelle à un blocage strict des échanges et des transports d'animaux le temps que l'immunité collective soit atteinte, afin de limiter la propagation
La crise sanitaire s'inscrit dans un contexte économique déjà très dégradé. "Ce qui s'est passé en Ariège est innommable, on dépasse l'entendement", reproche Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l'Aude, concernant l'usage d'une force jugée disproportionnée, déployée par les gendarmes face aux agriculteurs. Additionnées à cela des hausses de charges de production, des taxes à venir sur les engrais ou le carburant… "À se demander s'ils veulent encore voir de l'agriculture en Occitanie !", redoute-t-il, à l'instar d'autres personnes venue soutenir la cause agricole.
"Ils ont tué notre industrie et maintenant, ils veulent tuer notre agriculture !", scande une participante. Pour l'heure, le commissaire européen chargé du marché intérieur et des services Stéphane Séjourné a confirmé la limitation du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) — qui concernera les engrais importés en Europe dès le 1er janvier 2026 —, à majoration de 1%, contre environ 15% envisagés il y a encore quelques semaines.
En toile de fond, les accords commerciaux internationaux du Mercosur sont également largement critiqués. "On ne peut pas commercer avec des denrées produites avec des moyens qui ne sont pas autorisés en Europe", affirme le leader de la FDSEA de l'Aude, redoutant une fois de plus une concurrence jugée déloyale pour l'agriculture française et occitane. Le même jour, le président brésilien Lula posait un ultimatum aux Européens. "Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l'accord tant que je serai président", a-t-il menacé.
Pour les agriculteurs mobilisés, l'enjeu dépasse la gestion d'une crise. "Aujourd'hui, notre activité est asphyxiée par la fiscalité directe et induite", résume Antoine Micouleau, ancien président de la Coordination rurale audoise, soulignant le poids de l'endettement et des investissements à long terme. Il illustre son propos par un exemple chiffré : un tracteur consomme environ 40 litres de carburant par heure, pour un coût équivalent, dont la moitié serait constituée de taxes. "L'État, sans rien faire, prend plus d'argent que ce que je suis capable de donner à mon ouvrier", déclare-t-il, soulignant un déséquilibre qu'il juge insoutenable pour les exploitations.
À court terme, les revendications sont claires : arrivée rapide des vaccins, vaccination massive, respect strict du non-mouvement des animaux et remise en cause du protocole d'abattage total. "S'il n'y a pas l'abattage total, on peut trouver des solutions", résume Antoine Micouleau.
Une campagne de vaccination préventive est désormais lancée, avec le déploiement de 750 000 vaccins dispersés plusieurs départements occitans. Ils seront disponibles jeudi 18 décembre à Toulouse, avant d'être "dispersées vendredi 19 et samedi 20 décembre dans les cabinets vétérinaires", a indiqué Maude Faipoux, directrice générale de l'alimentation (DGAL).
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