Chez la famille Ducurtil, Magali Saumade, présidente de la Chambre d’agriculture du Gard, Jean-Louis Portal, et David Sève, secrétaire général et membre du Bureau. © M. Sagnes
Dans les serres, les fraises vien-nent juste d’être récoltées et les acheteurs locaux se relayent pour acheter les barquettes de gariguette, clery ou dream sous le hangar. Mais la vente directe ne représente que 4 à 5 % de la commercialisation du Domaine des Biches, à Beaucaire. Laurent Ducurtil a débuté la saison des fraises il y a une quinzaine de jours. Proche de la retraite, “enfin plus ou moins selon qui sera élu à la présidentielle”, il est satisfait que ses fils soient prêts à prendre la relève : Jean-Baptiste sur la partie fraise et Florian sur l’arboriculture. Ce dernier a rejoint l’exploitation en 2021, après plusieurs expériences dans le salariat : au service de remplacement, en coopérative maraîchère ou chez Arterris. Il vient de trouver du foncier pour consolider son installation, ce qui ouvre une diversification en pommes, à côté des fraises, cerises, abricots, pêches, et autres nectarines déjà produits sur l’exploitation. Mais les terrains sont à Fourques. “Du coup, en tracteur, c’est 30 à 40 minutes pour rejoindre les parcelles”, souligne le père, Laurent. Le foncier, c’est le problème n° 2. “Et encore heureux qu’on ait la Safer”, reconnaît David Sève.
Pour 30 offres d’emploi, seuls 4 candidats
Le département compte une quarantaine de producteurs de fraises, essentiellement sous tunnels ou chenilles. “Il reste très peu de fraises de plein champ. La météo rend la production trop hasardeuse. Une pluie, et les fraises ne se conservent pas”, rappelle David Sève, président de la FDSEA 30. A côté du hors-sol, à hauteur d’hom-me, la production en pleine terre, sous la chaleur du tunnel, ne facilite pas l’embauche de saisonniers. “Je cherchais 30 personnes, on a eu quatre candidats : deux du Maroc, un de Tunisie et un qui s’est présenté ici et a été embauché tout de suite. La main-d’œuvre, c’est le problème numéro un. Les derniers embauchés sont venus ; ils sont restés 1 h 15 ; et sont repartis”, illustre Laurent Ducurtil. “5 200 chercheurs d’emploi, 3 200 au RSA, et on n’arrive pas à trouver les 15 000 saisonniers que l’on cherche. Nous sommes obligés de faire appel aux Ofii1”, explique David Sève. “On ne dit pas que le travail est facile, mais il a évolué et évolue encore. Dans les serres, il fait chaud, mais le salaire est correct, et il y a les heures supplémentaires.” L’embauche des saisonniers est aussi une des raisons qui a poussé les Ducurtil à diversifier : cela permet d’étendre la saison ; et cela divise également les risques. Quand on sait qu’une jeune plantation représente un investissement de 15 000 à 20 000 €, sans palissage. Sinon, il faut doubler l’investissement. “Jusqu’à présent, on avait l’impression d’être les seuls à avoir des problèmes pour embaucher. Mais, aujourd’hui, le bâtiment, et même l’hôtellerie et la restauration ont des problèmes pour recruter”, commente David Sève.
Quant aux conséquences de la guerre en Ukraine pour la production locale ? “Nous ne sommes pas inquiets pour notre souveraineté alimentaire”, note la présidente de la Chambre d’agriculture, Magali Saumade. “C’est plus l’instabilité politique et une immigration massive de populations poussées par la faim qui risquent de déstabiliser l’économie mondiale. La consommation de pain en France est évaluée à 55 kg/an, alors que les pays méditerranéens consomment près de 80 kg par an. Et nous avons des prix actuellement supérieurs à ceux du printemps arabe...”
Magali Sagnes
(1) Par extension d’Ofii : office français immigration intégration.
ICI
Votre encart
publicitaire !
ÉLEVAGE ET PRODUCTIONS VÉGÉTALES
CRISE ÉNERGÉTIQUE

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner