CRISE ÉNERGÉTIQUE
Depuis fin février, le prix du Gazole non routier a augmenté de 50 à 60%. Pour éviter une reprise de la gronde agricole, le gouvernement a fait des annonces ce mardi pour réduire l'impact de cette hausse dans les entreprises. "Insuffisant" pour la FNSEA.
En cette mi-mars, la nature se réveille et les travaux vont reprendre. Mais les agriculteurs s'inquiètent de l'augmentation du GNR, dans un contexte de trésorerie déjà bien tendu.
© Crédit photo : CZ
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2023, le prix moyen du Gazole non routier (GNR) était d'environ 1,10 à 1,20 € TTC le litre (avec des pointes à 1,22 €/l en moyenne annuelle 2024). En mai 2024, il était même descendu à 0,78 € HTT/l - soit, après remboursement partiel de la TICPE pour les agriculteurs, environ 0,94 € TTC/l - avant de retrouver une moyenne fluctuant entre 1,10 et 1,18 €/l.
Après un mois de conflit au Moyen-Orient et un détroit d'Ormuz toujours bloqué, la situation a drastiquement changé : la moyenne nationale était à 1,80 € TTC le litre en moyenne d'après la plateforme prixfioul.fr, soit une hausse d'environ 50 à 60% par rapport à 2023-2024.
Évidemment impactés, les agriculteurs - mais aussi les pêcheurs et les professionnels du BTP - ont commencé à hausser le ton, appelant à des mesures au regard des décisions prises en Italie - décret d'urgence pour réduire les taxes sur les carburants pour une période déterminée, encadrement des marges bénéficiaires, aides ciblées aux ménages et entreprises - et en Espagne, où la TVA sur l'électricité, le gaz naturel, les granulés de bois et le bois de chauffage est passée de 21% à 10%, tandis que la taxe sur l'essence et le diesel était réduite à 10% (dans les limites autorisées par l'UE), soit -0,30 €/l environ.
Difficile dans ces conditions pour le gouvernement de ne pas réagir. Ce mardi 24 mars, il a donc annoncé "un ensemble de mesures exceptionnelles destinées à préserver leurs trésoreries et à soutenir la viabilité des exploitations et donc notre alimentation", au regard de la "forte hausse des prix du gazole non routier, du gaz et des engrais qui alourdissent les coûts de production des agriculteurs", justifie le gouvernement dans un communiqué.
Reconnaissant par ailleurs que "la réponse structurelle à cette crise est diplomatique", le gouvernement rappelle que "la durée de cette crise est incertaine et conduit à une volatilité importante des cours mondiaux des hydrocarbures. Ces évolutions pèsent directement sur la trésorerie des exploitations, en particulier dans certaines filières particulièrement exposées".
Face à cette situation, la ministre de l'Agriculture a mobilisé l'ensemble des acteurs concernés (organisations professionnelles agricoles, distributeurs d'énergie, producteurs d'engrais, établissements bancaires) et "s'entretiendra de nouveau avec les professionnels dans les prochains jours".
Une cellule de crise a également été mise en place afin d'assurer un suivi quotidien de la situation et d'apporter des réponses rapides aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Afin de répondre à l'urgence, plusieurs mesures de court terme ont d'ores et déjà été déployées, notamment la délivrance de certificats sanitaires a posteriori, après accord de la Commission européenne, pour faciliter le ré-acheminement de marchandises bloquées ou encore le rapatriement d'animaux domestiques.
D'autres mesures ont aussi été annoncées :
Ces mesures ciblées viennent compléter les dispositifs plus structurels, notamment l'enveloppe de prêts de consolidation garantis par l'État à hauteur de 70%, pouvant atteindre jusqu'à 500 millions d'euros d'encours, qui permettent d'accompagner les exploitations dans leur transformation et renforcer leur résilience face aux chocs économiques.
Au-delà de ces mesures d'urgence, le gouvernement rappelle qu'il continue de porter au niveau européen la réforme de certains dispositifs, notamment le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF).
LA FNSEA a très vite réagit en exprimant "son mécontentement face au décalage manifeste entre les mesures annoncées et la réalité de terrain vécue par les agriculteurs".
Pour le syndicat majoritaire, les dispositifs annoncés "ne constituent en aucun cas des solutions durables. Ils permettent tout au plus de différer les difficultés sans les résoudre", mais n'apportent en aucun cas de "réponse directe sur plusieurs enjeux majeurs et immédiats : le prix du gazole non routier, qui continue de flamber sans mécanisme de régulation ; la compétitivité immédiate des exploitations françaises, lourdement pénalisées par ces surcoûts ; et la question des charges réglementaires et fiscales supplémentaires, à l'image du MACF".
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