Vins de provence
Inflation, météo défavorable, déconsommation... Pour Éric Pastorino, président du CIVP, dans ce contexte compliqué pour la viticulture, le socle et les ambitions des Vins de Provence restent intacts.
Pour le président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence, l'identité et la notoriété des Vins de Provence se cultivent collectivement.
© Crédit photo : ML
De nombreux vignobles montrent des signes de crise, qu'en est-il pour les Vins de Provence ?
Éric Pastorino : "Objectivement, les conditions d'une consommation normale ne sont pas réunies en ce début d'année. On peut voir l'effet de l'inflation qui touche directement le portefeuille des gens et crée un climat général anxiogène. La météo du printemps sur le grand sud de la France n'a par ailleurs pas été propice à la consommation. Les sorties de chai des Vins de Provence de janvier à mai 2023 sont en recul de 5 % par rapport à la même période en 2022. Les ventes en grande distribution ont ralenti, et l'on ressent aussi une certaine morosité à l'échelle internationale.
Alors, la campagne n'est pas finie et nous espérons tous faire une bonne saison estivale, mais nous restons très vigilants. La question est de savoir si la situation est conjoncturelle ou si l'on est sur une tendance plus profonde. Même si nous nous en sortons mieux que d'autres vignobles, nous sommes conscients des sérieuses difficultés que rencontre la viticulture nationale, qui justifient notamment l'ouverture de mesures de distillation (lire également ci-contre). Il n'y a pas de directive particulière à ce sujet pour les Vins de Provence, mais je crois que chacun doit s'interroger selon sa situation, et réfléchir à ses capacités de commercialisation."
La concurrence se fait également plus féroce ?
É.P. : "À l'heure où le monde viticole se questionne profondément sur son avenir, le rayonnement des rosés de Provence inspire forcément d'autres régions productrices de vin, que ce soit en France ou à l'étranger. On est naturellement davantage visé du fait de nos succès, mais le consommateur n'est pas dupe. Nos rosés de Provence sont pensés de la vigne au verre. Ils sont le fruit d'une mosaïque de terroirs, des cépages que nous y plantons, de la qualité des raisins que nous récoltons, du travail pointu que nous mettons en œuvre en cave, et de la patte du vigneron. Ces spécificités et cette diversité sont, à mon sens, des atouts majeurs.
Nous pouvons être fiers du savoir-faire que nous avons su développer ces dernières décennies en répondant à de hautes exigences qualitatives, fiers du travail collectif accompli au fil du temps. Il n'y a pas si longtemps, on n'était pas grand-chose. On a fait le pari osé et visionnaire du rosé de qualité. Caves particulières, coopératives et négoce ont su travailler ensemble pour porter une ambition collective, affirmer l'identité des Vins de Provence et bâtir leur notoriété.
Cette histoire commune que nous partageons, comme la particularité de nos terroirs et le savoir-faire des vignerons et vigneronnes des Vins de Provence est inimitable."
Comment envisagez-vous l'avenir dans les conditions actuelles ?
É.P. : "Il faut rester attentif et pragmatique. On sent que ça se tend, on en est bien conscient. Mais prenons garde à ne pas verser dans le catastrophisme. Les Vins de Provence reposent sur de solides fondamentaux. La force de nos trois appellations (AOC Côtes de Provence, AOC Coteaux Varois-en-Provence, AOC Coteaux d'Aix-en-Provence, ndlr), c'est cette production assumée de plus de 90 % de rosé. Aujourd'hui, le rosé de Provence - grâce à sa typicité, sa qualité, sa modernité - est la référence du rosé dans le monde. Nous sommes fiers de ce que nous avons construit, et nous comptons bien maintenir ce leadership. Certes, il y a encore du chemin à parcourir et nous devrons peut-être composer dans un contexte plus contraint. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, certaines périodes sont plus délicates que d'autres, mais notre ambition reste intacte. Malgré les difficultés, les Vins de Provence conservent tout leur potentiel, et je suis toujours confiant à moyen et long termes.
La reconnaissance de nos rosés de Provence s'est construite sur l'engagement et le travail acharné de toute une filière. La dynamique collective reste essentielle. D'autant que changement climatique et transition écologique imposent de nouveaux défis. Et le Centre du Rosé est un outil précieux d'accompagnement, pour aider les vignerons de Provence à faire face à ces challenges."
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