Agribiovar
Sur la voie de la diversification, l'exploitation de Jean-Bernard Simian et Dominique Bardin, installés à Carqueiranne, s'oriente vers des cultures exotiques, à commencer par la papaye. Bientôt, ils testeront aussi le pitaya, dans le cadre d'un projet expérimental mené par Agribiovar et Agribio 13.
Le pitaya est communément appelé fruit du dragon.
© Crédit photo : GL
C'est sur les restanques du Canebas, à Carqueiranne, que Jean-Bernard Simian et Dominique Bardin ont implanté leurs activités agricoles, dans une ancienne serre autrefois dédiée à la rose. Lui d'abord, avec la spiruline qu'il produit depuis 2005 ; elle ensuite, avec les fruits exotiques.
Passionnée de plantes, cette ancienne professeure de biologie a testé de nombreuses espèces (goyave, letchi, thé, ananas, bananes...), avant de se concentrer sur la papaye. Mue par la question de l'autonomie alimentaire, Dominique Bardin avait pour objectif de développer une production sous serre sans chauffage.
"La papaye m'a beaucoup intéressée, car l'arbre fait des feuilles, des fleurs et des fruits en permanence. On peut donc en avoir toute l'année. Et puis, c'est un produit qui se consomme sous différentes formes. En Asie, il se mange surtout vert en salade, il peut aussi se cuire comme la chayotte. Personnellement, j'en fais aussi en chutney et en lacto-fermentation. Mais chez nous, on connaît peu la papaye et on la consomme surtout mûre, en fruit frais. Dès lors que le fruit commence à jaunir, il se conserve assez peu. Alors que vert, il arrête de mûrir après la cueillette et se garde au moins trois semaines", explique-t-elle.
Ses plus vieux papayers ont aujourd'hui six ans. Dominique Bardin a commencé par planter des spécimens ramenés de voyage par son entourage, et fait aujourd'hui de la pépinière à partir des graines de ses fruits. La culture est en deuxième année de conversion à l'agriculture biologique. Le sol, plutôt pauvre, est amendé de fumier de cheval local et de broyats de végétaux. Le climat est régulé par simple ouverture de la serre, blanchie en été. L'arrosage, maîtrisé, se fait au goutte-à-goutte. "Les papayers n'aiment pas trop l'humidité, ni la terre argileuse. Je les étête quand ils arrivent en haut de la serre et, à partir de là, il commence à ramifier", ajoute Dominique Bardin, qui n'a pas rencontré de problématique phytosanitaire.
Elle a expérimenté différentes variétés et travaille désormais à sélectionner les plus adaptées à la production de petits fruits pour certaines et de fruits longs pour d'autres, pour répondre à la demande de sa clientèle.
Installée en tant qu'agricultrice en 2022, elle produit désormais annuellement une tonne de fruits à partir d'une cinquantaine d'arbres. Ses papayes sont commercialisées chez un maraîcher, sur une plateforme dédiée à la restauration, et en direct aux particuliers, au prix de 5 €/kg. Et continue en parallèle de tester diverses espèces exo- tiques.
Prochainement, elle prévoit de planter du pitaya, plus communément connu sous le nom de fruit du dragon, dans le cadre d'une expérimentation portée par Agribiovar et Agribio 13, en lien avec le changement climatique. "De plus en plus de producteurs sont en demande de voie de diversification. Des viticulteurs commencent à arracher des vignes en zones non irriguées. L'objectif est donc de travailler sur des espèces peu gourmandes en eau, tolérantes à des sécheresses prolongées et/ou à des températures extrêmes, qui soient cultivables dans notre région et viables économiquement", présente Xuan-Lai Dao, chargé de mission 'Nouvelles cultures' chez Agribio 13. Le projet 'Cham'eau' doit se concentrer sur deux espèces : figuier de Barbarie et pitaya doivent ainsi être expérimentés chez des producteurs sur la période 2024-2026.
La figue de Barbarie, identifiée comme espèce d'intérêt par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), répond à plusieurs critères. "Elle est tolérante à la sécheresse et peut tenir longtemps en milieu non irrigué, grâce à son système racinaire très étendu. Elle aime les sols drainants et non salins. La plante peut être cultivée entre - 5°C et + 50°C, mais cela dépend des situations. Il faut donc voir ce qu'il en est chez nous", explique Xuan-Lai Dao. Ses usages sont par ailleurs multiples. Traditionnellement utilisés comme légumes au Mexique, ses fruits sont aussi consommés couramment au Maroc, en Sicile ou en Espagne. Ses pépins donnent également une des huiles les plus chères au monde, réputée pour ses vertus anti-oxydantes. "Le fruit peut aussi être transformé en sirop, jus, confiture, glace... Mais il doit être nettoyé correctement. Nous avons sollicité une entreprise de transformation de La Ciotat dans le cadre de l'expérimentation", ajoute le chargé de mission d'Agribio 13.
Le pitaya est quant à lui "une des espèces qui a les plus faibles besoins en eau. C'est un cactus liane au système racinaire assez superficiel, cultivé pour son fruit rafraîchissant. Mais il est plus gélif que le figuier de Barbarie", indique Xuan-Lai Dao. L'enjeu, sur cette espèce, sera notamment de comparer des variétés auto-pollinisatrices à des variétés à polliniser.
Différentes variétés doivent donc être testées chez des agriculteurs du Var et des Bouches-du-Rhône, afin de constituer des collections. Quatre sites rhodaniens et un varois doivent participer aux essais de figuiers de Barbarie. Le fruit du dragon sera étudié chez deux producteurs varois et un bucco-rhodanien, soit en nouvelle plantation, soit en suivi de parcelles déjà implantées, comme à Fréjus. Les plantations doivent débuter cette année.
"Le but est de prendre le temps d'accompagner les producteurs", souligne Lola Lerceteau. Les agriculteurs volontaires seront étroitement associés à la conception des systèmes de culture, selon les contraintes de chaque site. Les différentes parcelles feront ensuite l'objet de suivis et d'analyses, afin d'identifier les variétés les plus adaptées et de mettre au point les opérations de culture. Une étude sur les perspectives de commercialisation complétera l'initiative.
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