alleins
Après 15 ans de mécanique auto, Jean-Sébastien Carette a opéré une reconversion vers le maraîchage bio. Implanté à Alleins,il s'épanouit dans sa nouvelle vie professionnelle.
Sandy et Jean-Sébastien Carette.
© Crédit photo : JD
Adolescent, il aurait voulu être pépiniériste... mais les choses ne se sont pas passées exactement comme il l'aurait voulu. "L'école, ce n'était pas trop mon truc" explique-t-il avec le recul. "J'aimais bien bricoler : on m'a orienté en CAP mécanique. Mais après 15 ans dans des garages auto, je saturais. Je partais au boulot avec la boule au ventre. Jusqu'au jour où ce sentiment de ne pas être à sa place s'est transformé en douleur physique. J'avais le dos bloqué. C'était le signal qu'il fallait changer de voie professionnelle : je ne me voyais pas continuer comme ça jusqu'à la retraite", explique le trentenaire, qui décide alors de tout remettre à plat. Et c'est finalement l'idée de s'orienter vers l'agriculture et la création d'une exploitation maraîchère qui s'impose.
"Cela impliquait de reprendre le chemin d'une salle de classe, de gros investissements, et de faire une croix sur la vie de famille pendant quelques années" se souvient Jean-Sébastien Carette qui suit, pendant dix mois, des cours à la Maison familiale et rurale de Meyrargues, à l'issue desquels il décroche son BPREA. Commence alors cinq années durant lesquelles il travaille comme ouvrier agricole, tout en préparant un projet d'installation. Mais il lui faudra finalement cinq ans pour voir le bout du tunnel, quand bien même il remplit les conditions pour bénéficier du parcours DJA. "À chaque fois, ma candidature n'était pas retenue par le jury de la commission d'attribution de la Safer, dans le département. J'ai eu des moments de découragement..." reconnaît l'agriculteur.
La bonne nouvelle arrive enfin en juin 2020 : deux parcelles de 2,5 hectares au total lui sont attribuées par la Safer, à Alleins : le projet d'installation est désormais une réalité. "Nous en avons discuté, avec mon épouse et les enfants, pour que chacun puisse donner son avis, en toute connaissance de cause. C'est un projet familial, c'était important que chacun soit associé à cette décision, en sachant que les premières années je serais à 300 % sur l'exploitation et que les investissements de départ étaient très lourds" rembobine Jean-Sébastien Carette.
Pour ce dernier, qui a longtemps pratiqué le cyclisme sur route à haut niveau, il existe de nombreuses similitudes entre son sport - qu'il a mis provisoirement entre parenthèses - et son activité professionnelle actuelle : "Cela nécessite une excellente forme physique, beaucoup d'endurance et un mental d'acier".
Lui qui était un sprinter a appris la patience et à raisonner sur le temps long, à l'image de la serre multichapelle, fonctionnelle seulement depuis quelques mois : "Les différents éléments sont restés plusieurs mois stockés. Je consacrais une demi-journée tous les 15 jours au montage de la structure. J'ai terminé de la bâcher en janvier". Sa mise en service permettra de gagner en temps et en production, estime-t-il. Autrement dit, être en mesure de proposer des variétés de fruits et de légumes primeurs, à forte valeur ajoutée (fraises, fèves, tomates, courgettes, aubergines...), qu'il n'était pas en mesure de présenter jusqu'alors à ses clients.
Heureusement, Jean-Sébastien Carette a bénéficié de soutiens, notamment de la mairie d'Alleins et de la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône. "La municipalité était ravie qu'un maraîcher s'installe sur la commune, qui compte plusieurs arboriculteurs. Ils m'ont aidé pour obtenir l'accès à l'eau sous pression, car l'irrigation était précédemment gravitaire. Quant à la Chambre d'agriculture, le soutien de Christophe Porry (conseiller 'Installation-transmission/Appui aux entreprises', ndlr) a été précieux au démarrage de mon activité."
Sur le plan cultural, Jean-Sébastien Carette a opté pour la bio dès le départ. Un choix là aussi mûrement réfléchi : "Cela correspondait à mon mode de consommation et à mes convictions" résume ce dernier, qui a choisi de n'appliquer aucun traitement phytosanitaire sur ces cultures, même ceux autorisés par le cahier des charges en agriculture bio. Il utilise ainsi du fumier de cheval, issu d'une écurie de chevaux de course voisine, pour l'amendement des cultures ; et prévoit d'introduire des auxiliaires de cultures au sein de la serre pour se prémunir des ravageurs, dans le cadre de la lutte biologique intégrée, et des ruches de bourdons. Un choix qu'il assume, tout en restant pragmatique : "Je prévois de multiplier les rotations avec des petites séries de légumes. Tout en me réservant la possibilité d'appliquer des traitements biologiques dans le cas où ils sont nécessaires".
Dans le même ordre d'idée, Jean-Sébastien Carette réalise ses plants lui-même, à partir de semences de variétés de légumes anciennes (de lignées pures) plutôt que d'hybrides, dans sa pépinière. Il a investi dans une motteuse et une mélangeuse. Concernant le choix des variétés, le maraîcher mise sur leur rusticité, leurs qualités organoleptiques, bien sûr, mais aussi la diversité de leurs couleurs : au total, une cinquantaine d'espèces est ainsi cultivée tout au long de l'année, avec une profondeur de gamme plus importante pour certaines.
"L'enjeu, c'est de se démarquer de la concurrence", en proposant des légumes et des fruits 'de niches', comme des courges spaghettis ou des pâtissons, des physalis, des jeunes pousses de salades... Et de jouer sur le goût et la qualité.
Pour commercialiser sa production - dont une partie est transformée sous forme de coulis, confitures, caviar... -, Jean-Sébastien Carette et son épouse, Sandy, sont présents alternativement sur plusieurs marchés de producteurs, quatre jours par semaine : à Alleins, Mallemort, Marseille (Saint-Just) et au Pennes-Mirabeau (La Gavotte), sans compter la vente sur l'exploitation le mercredi.
Pour étoffer son offre commerciale en vente directe, le couple distribue les produits issus d'élevages bio : bœuf, agneau, porc et fromages, et étudie la création d'une association de type Amap, avec des abonnements annuels. D'ici là et pour alléger le rythme soutenu, le couple prévoit le recrutement d'un salarié, afin de les épauler.
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