Hérault - Gard
La fédération départementale des Cuma Hérault - Gard a organisé son assemblée générale annuelle mardi 7 novembre à Capestang (34). Le sujet central de cette matinée ? La mise en place des couverts végétaux, comme réponse à la transition agroécologique.
Une démonstration robotique sera organisée le 21 novembre, au lycée Bonne Terre de Pézenas, et le 12 décembre, sur la thématique des couverts végétaux, à Quarante, au sein du GIEE Vignes vertes en Méditerranée.
© Crédit photo : AL
Ce rendez-vous est toujours un moment fort pour la fédération départementale des Cuma Hérault - Gard. Une matinée aura suffi pour mesurer la vitalité des structures au sein du monde économique agricole. Son directeur, Sylvain Sals, a passé en revue les grands axes de réflexion : journées installation et transmission, bonification de 10 % sur la Dotation jeunes agriculteurs (DJA) grâce à l'adhésion en Cuma, ou encore formation en apprentissage au métier de tractoriste, font partie des grands travaux menés durant l'année passée. "Nos structures rencontrent des difficultés pour trouver ce genre de qualification, d'où notre volonté de former des jeunes", relate-t-il.
De nombreux essais de matériels ont également été réalisés durant toute l'année 2022, notamment sur les nouvelles technologies (GPS et barre de guidage) à Meynes et Bellegarde, dans le Gard, rassemblant plus de 400 agriculteurs et près de 50 constructeurs sur les deux évènements. Enfin et cerise sur le gâteau, 2022 voit la création du GIEE Vignes vertes en Méditerranée (VVEM), avec une mise en route effective en 2023 et l'activation de protocoles d'essais sur l'implantation de couverts végétaux, au sein de plusieurs parcelles expérimentales pour un suivi jusqu'en septembre 2025.
Les couverts végétaux font partie aujourd'hui de la boîte à outils qui permettrait d'offrir une réponse face aux enjeux environnementaux et sociétaux. Mettant en exergue les problématiques du manque d'eau et du phénomène d'érosion des sols au sein de la région, Jouanel Poulmarc'h, chargé de mission recherche et développement à la Chambre d'agriculture de l'Hérault, démontre toute la pertinence du concept, notamment pour le stockage d'eau. "Lors de fortes précipitations, les sols couverts permettent de stocker 50 mm d'eau supplémentaires par infiltration. En revanche, sur les sols nus et travaillés, l'eau est perdue par ruissellement", affirme-t-il.
Cette pratique est aujourd'hui largement répandue et expérimentée dans le monde agricole, mais certaines limites demeurent, notamment en termes de disponibilité d'eau évidemment, mais également en termes techniques. Christophe Auvergne, conseiller agro-équipement à la Chambre d'agriculture de l'Hérault, partage son avis. "C'est vrai qu'il y a un nombre significatif d'échecs dans la mise en place des couverts, mais ce n'est pas une fatalité. Dans bon nombre de cas, c'est souvent la mise en place qui en est la cause."
Expert pour faire pousser de la vigne, c'est dans les six mois de dormance de la vigne que le viticulteur devient céréalier. Graminées, légumineuses, crucifères... leur mise en place n'est pas toujours aisée, mais des leviers simples existent pour tendre vers le succès. "La première chose à bien respecter, c'est de mettre les semences à la bonne profondeur", rappelle le conseiller. Mais quand on sème en mélange, c'est une toute autre histoire, et sur cela "il va falloir apprendre dans vos conditions respectives". Un sol bien rappuyé est également un facteur non négligeable de réussite. "Si la graine n'est pas en contact avec le sol, elle ne bénéficiera pas de l'humidité nécessaire et ne pourra pas germer convenablement, entraînant un système racinaire faible et fragile." Pour finir, semer la bonne dose est une règle d'or. "Il va falloir connaître la surface à l'hectare à semer pour les réglages du semoir." Pour faciliter tous ces calculs parfois fastidieux, ce dernier a mis en ligne une calculatrice open source pré-configurée que chacun peut utiliser librement, afin de pouvoir obtenir toutes les informations nécessaires avant de se lancer.
Pour mesurer de façon plus globale les bienfaits des couverts végétaux, Mickaël Lopez, chargé de mission captages à la mairie de Puisserguier, rappelle les enjeux de la préservation des ressources en eau. "Sur le territoire, nous avons une aire de captage prioritaire, qui touche les communes de Creissan, Puisserguier, Cazedarnes et Cébazan, et nous permet d'avoir des financements importants pour amorcer la transition des pratiques agricoles."
Si ces zones sont aujourd'hui classées, c'est parce qu'elles ont un niveau de résidus d'herbicides élevé, notamment de l'atrazine (interdit depuis 2003). "Actuellement, on dépasse les limites de qualité de potabilité", prévient-il. Travailler sur les couverts végétaux donc, c'est travailler sur la capacité des sols à épurer les intrants qu'ils vont recevoir. À l'heure actuelle, trois grands groupes sont référencés par les services de l'État : le groupe pilote de la cave coopérative de Cruzy et celui de Saint-Chinian, ainsi que le GIEE VVEM. Chaque groupe a développé sa propre stratégie, en fonction des besoins inhérents à leurs conditions. "La cave de Saint-Chinian a choisi de travailler sur l'érosion des sols, celle de Cruzy a voulu se pencher sur la fertilisation des sols, et enfin le GIEE a pris l'axe de la régénération des sols", détaille-t-il. De son côté, Dominique Sarda, responsable de la Cuma 'La Grappe occitane', située à Quarante, s'est vite rendu compte que pour remonter le taux de matière organique, il fallait aller plus loin en produisant la ressource sur place. Pour cela, la Cuma a investi dans un semoir direct et deux rolofaca. "Nous avons vraiment cette idée d'améliorer les sols et leur biologie, en sortant de la monoculture pour favoriser un milieu beaucoup plus favorable pour la biodiversité."
Enfin, le groupe Péris a nommé Sébastien Lopez, son directeur technique, pour mener les essais sur une plateforme expérimentale de 6 hectares, située à Corneillan, où des protocoles précis sont mis en place au milieu de divers cépages. "Notre but est d'améliorer la structure générale du sol, la régulation des adventices, mais également de limiter la battance et l'érosion", explique-t-il.
Une fois de plus, l'année a été marquée par une grave crise économique et climatique, qui touche tous les secteurs agricoles. À l'occasion de cette assemblée générale, Raymond Llorens, président de la FDCuma Hérault - Gard, réitère sa foi concernant l'essence même des Cuma. "Ce contexte difficile nous conforte dans l'idée que la meilleure marge de manœuvre économique pour l'agriculture et l'agriculteur réside dans la mutualisation des moyens, et particulièrement dans la gestion collective de la mécanisation."
Au niveau régional, le président salue "la prise en considération d'une partie de nos demandes concernant les nouvelles réglementations de la Pac 2023-2027. Cependant, nous en attendions plus, notamment en ce qui concerne les listes de matériels éligibles". En guise de conclusion, il reconnaît l'implication du Conseil départemental, partenaire privilégié de la fédération, qu'il considère comme "un des piliers qui permet à nos structures de se développer et de maintenir le territoire, ainsi que le collectif".
IL a dit-
En hommage aux anciens, Sylvain Sals tient chaleureusement à rendre hommage à Jean-Pierre Boussagol, ancien président de la fédération départementale de 1973 à 1991, ainsi qu'à André Delmas, administrateur de la FDCuma pendant près de 20 ans, tous deux décédés en 2022. "Deux figures du monde coopératif des Cuma de notre département qui, par leur volonté et leur pugnacité, ont toujours défendu le monde agricole."
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