Sur le domaine des Grandes Aubréguières, Arnaud Diouloufet produit AOC Côtes de Provence et IGP Var dans les trois couleurs. © G. Lantes
C’est à Flassans-sur-Issole, sur la route dite de Pignans, que le Domaine des Grandes Aubréguières a vu le jour, dans les années 90. “C’est une propriété familiale qui a été créée par mon père et ma mère à partir d’un hectare et demi de vignes que possédait mon grand-père. Ils se sont beaucoup investis et, petit à petit, ont racheté et planté des vignes et monté la cave”, présente Arnaud Diouloufet, admiratif du travail de ses parents. Passionné par la terre et les tracteurs, il commence à travailler avec eux, après avoir suivi une formation viticole.
La cave, qui vinifiait au départ la récolte d’une quinzaine d’hectares de vigne en production, est agrandie au fur et à mesure que le vignoble s’étend. Le domaine compte aujourd’hui 35 hectares, dont 33 ha en propriété et seulement 2 ha en fermage.
Certifié Haute valeur environnementale (HVE) en 2020, le domaine est désormais en phase de conversion à l’agriculture biologique. Si la protection de la nature est une préoccupation de longue date, la démarche environnementale s’est construite progressivement. D’abord avec l’intégration d’arbres en bordures de parcelles – où s’élèvent des chênes centenaires et où poussent des oliviers et, bientôt, des amandiers – ainsi que l’aménagement de restanques – où s’abritent rongeurs, araignées et autres petites bêtes –, puis avec la mise en œuvre de pratiques alternatives aux désherbants chimiques. “On n’a jamais été de gros consommateurs de glyphosate, mais on s’est engagé à en réduire l’utilisation dès 2007, dans le cadre d’une Mesure agroenvironnementale territorialisée (MAET, ndlr). On a commencé par la tonte des tournières, puis on a attaqué les engrais verts. Comme on est sur des sols argilo-calcaire très caillouteux difficiles à travailler, en parallèle, on s’est mis au broyage des sarments, pour apporter de la matière organique. Et on utilise du compost jeune de déchets verts, pour assouplir le sol, qui a tendance à se resserrer et à étouffer le système racinaire en été. Inversement, ça permet aussi d’avoir un meilleur drainage en hiver”, explique Arnaud Diouloufet. Soucieux d’avancer dans le bon sens, il fait partie, depuis six ans, du groupe de progrès InnoViti’Var du bassin versant Caramy-Issole. “On est plusieurs et on est accompagné par Gisèle Ventre, technicienne de la Chambre d’agriculture, qui fait un super travail, pour protéger la ressource en eau. Elle organise des rencontres, des démonstrations, fait venir des intervenants. Ça permet d’échanger et d’évoluer”, apprécie le vigneron.
Les intrants chimiques n’ont aujourd’hui plus droit de cité sur les terres des Grandes Aubréguières, qui entament leur deuxième année de conversion. “On a la chance ici d’être dans un secteur très peu urbanisé, à proximité du site Natura 2000 du lac Redon. On est privilégié d’être si proche de cette nature, et il faut la préserver”, défend Arnaud Diouloufet. Papa de deux petits garçons de trois et sept ans, le vigneron pense également à leur avenir, ayant à cœur de leur transmettre ce patrimoine et les valeurs qui y sont attachées.
Dans cette optique, la conversion à l’agriculture biologique s’accompagne d’investissements en matériel. Le viticulteur a fait l’acquisition d’un tracteur supplémentaire, d’une bineuse, de brosses... “C’est un challenge! Entre le matériel et la main-d’œuvre supplémentaire, économiquement ce n’est pas neutre, mais c’est par là que passe l’évolution”, estime simplement le propriétaire du domaine.
“Et puis, aujourd’hui, la Provence revendique avoir les meilleurs rosés du monde, à juste titre. On a des caves ultra modernes, beaucoup de compétences accompagnent la production, le vignoble doit être au diapason. Parce que c’est avec les meilleurs raisins qu’on fait les meilleurs vins, et que tout ça va dans le sens de la qualité”, plaide enfin Arnaud Diouloufet.
Et, pour faire des vins de qualité, le domaine dispose d’une cave bien équipée. “Au départ, mon père avait acheté un lot de cuves de fabrication française, et on a ensuite beaucoup investi sur la thermorégulation. Maintenant, j’ai un groupe froid avec un tableau de régulation qui me permet de gérer la température de chaque cuve. C’est super pour avoir des fermentations homogènes. J’ai aussi acheté pas mal de petits volumes de cuverie thermorégulée, pour faciliter l’organisation des vendanges et la gestion des maturités”, détaille le maître des lieux.
Le vigneron vend la majorité de sa production au négoce, ce qui lui apporte une certaine sécurité en matière de trésorerie. “C’est un choix, au niveau financier mais aussi au niveau pratique. Je travaille avec un tractoriste et une secrétaire. Il faut être dans les vignes, et il faut être bon. Arrivé en cave, il faut assurer la transformation, sans oublier la gestion, et puis il faut vendre... On ne peut pas être partout et je n’ai ni le temps, ni les compétences, ni un goût prononcé pour la commercialisation”, lance-t-il dans un sourire.
Il développe néanmoins la vente directe dans le caveau aménagé à cet effet. Il y commercialise 12 000 à 13 000 bouteilles en AOC Côtes de Provence et IGP Var, ainsi que près de 2 000 bibs, uniquement en vin de pays. Et il a plaisir à y accueillir la clientèle, avec laquelle il partage sa passion et son histoire, avec beaucoup de simplicité et de convivialité. À son image. “C’est notre force. Quand les gens viennent, ils ont affaire à moi, je peux leur parler de ce que je fais avec le cœur”, apprécie-t-il.
Gabrielle Lantes
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