Bouches-du-Rhône 07/08/2020
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France Amande, Laurent Belorgey : “se différencier et labelliser l’amande française”

Deux ans après la mise en route de l’Interprofession, les objectifs de plantation sont tenus et les projets autour de l’amande française, en matière de labellisation notamment, prennent forme. Le président de France Amande fait le point.

Comme l’explique Laurent Belorgey, président de France Amande, “l’amande française devrait rapidement pouvoir s’appuyer sur une marque collective portée par l’interprofession”.

• Avec le plan initié par la Chambre régionale d’agriculture il y a quelques années, l’objectif était de relancer les plantations. Quels sont les enseignements que vous tirez de l’inventaire verger réalisé sur 2019 ?

Laurent Belorgey : “On constate que la dynamique des plantations s’accélère et va se poursuivre à court terme. Il est, en revanche, difficile de savoir ce qu’il se passera au-delà des quatre prochaines années. Tout va dépendre de l’arrivée sur le marché des amandes produites par les vergers qui se plantent aujourd’hui. On ne peut qu’espérer que la dynamique des producteurs et les prix se maintiennent. Les prix de l’amande française - actuellement entre 12 €/kg et 13 €/kg - sont assez élevés parce qu’il y a très peu d’offre sur le marché. Notre objectif est que les producteurs puissent produire, vivre du fruit de leur travail et fournir de l’amande française. Il ne faut pas que l’on échoue au moment de la mise en marché des amandes, qui seront produites dans les années qui viennent.”

 

• Avec le développement des surfaces, ne craignez-vous pas qu’une hausse des plantations ne déstabilise les prix ?

LB : “Nous sommes sur une micro niche. Le risque est là, mais il reste quand même largement maîtrisable. En France, il s’importe aujourd’hui 34 000 tonnes d’amandes. On en produit 500 tonnes actuellement, et il devrait s’en produire 1 500 tonnes en 2024. Il faut malgré tout avoir à l’esprit que l’amande française ne représente qu’un petit marché avec une valeur plus importante certes, mais qui peut vite être saturé. À nous de parvenir à élargir nos débouchés, et surtout de bien anticiper l’arrivée en production des vergers qui se plantent aujourd’hui.”

 

• Pour établir le bon prix dès le départ ne faut-il pas que les producteurs puissent contractualiser ?

LB : “France Amande n’a pas vocation à commercialiser, mais c’est ce que l’on va essayer de mettre en place. L’idée est que les producteurs puissent contractualiser des volumes avec les utilisateurs industriels (calissonniers, nougatiers, confiseurs, etc.). Les débouchés de l’amande de Provence aujourd’hui sont étroits, il y a les circuits courts qui fonctionnent, le marché vers des industriels qui est important mais, en revanche, nous ne sommes pas pour l’instant présents sur le marché de la grande distribution et de l’épicerie fine, puisqu’il n’y a pas suffisamment d’amandes.”

 

• Est-ce que le développement de la filière doit passer par la création d’un signe de qualité ?

LB : “L’ambition est plus que jamais là. Il faut parvenir à se différencier et labelliser l’amande française, pour maintenir un tarif plus élevé que le tarif international. Le consommateur doit aussi pouvoir facilement reconnaître l’amande française. On sait que l’obtention d’un signe de qualité prend du temps, cinq ou six ans pour une IGP, et trois ou quatre ans pour un Label rouge. Pour être vraiment prêt au moment où la production va augmenter, nous lançons ces sujets aujourd’hui. Nous avons réalisé une pré-étude. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de partir sur une démarche Label rouge et, parallèlement, sur trois IGP pour la Corse, la Provence et l’Occitanie. Ces signes de qualité nous permettraient  d’avoir une segmentation de notre offre, avec des amandes en IGP et des amandes sélectionnées en IGP Label rouge.

En attendant d’obtenir ces signes de qualité, la première étape serait de lancer une marque collective que l’interprofession porterait et mettrait gratuitement à disposition de tous les opérateurs. Nous avons aussi identifié une demande de certains utilisateurs autour du commerce équitable, à laquelle nous voulons répondre. Enfin, il nous paraît intéressant de montrer au consommateur que l’on a bien pris en compte la demande sociétale en matière d’environnement dans la production. La culture de l’amande s’intègre bien dans les critères du HVE. Nous avons donc engagé une réflexion sur un accompagnement des producteurs d’amandes sur le process de certification. L’objectif est que toute la production française puisse être certifiée HVE. 

La feuille de route est tracée. Les quelques mois qui viennent de passer ont un peu ralenti notre action, mais à la rentrée nous allons très vite avancer sur ces cahiers des charges et y travailler très en amont pour que tous les producteurs qui plantent sachent la direction que l’on veut prendre. C’est vraiment notre ambition.” 

 

Propos Recueillis par Emmanuel Delarue

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