LA LONDE-LES-MAURES
Propriété de LVMH depuis 2019, Château Galoupet a fait de la qualité et de l'environnement les rails qui conduisent le domaine sur la voie d'une viticulture aussi durable que possible, et exclusivement dédiée au rosé, de la terre au verre.
Mathieu Meyer, directeur, Rose-Marie Porte, œnologue, Pauline Audema, responsable vignoble, et Ludovic Stievet, responsable environnement du Château Galoupet.
© Crédit photo : GL
Château Galoupet a rouvert ses portes cet été aux visiteurs, qui peuvent désormais y déguster les rosés de la marque face à la mer et faire leurs emplettes dans la nouvelle boutique du domaine, fermé au public depuis son rachat par LVMH. "On tenait à avoir quelque chose de tangible à raconter et à montrer", présente Mathieu Meyer, le directeur de la maison qui est l'un des trois domaines viticoles de Provence à avoir intégré le giron de Moët Hennessy, branche vins et spiritueux du groupe de luxe de Bernard Arnault.
"On n'est pas meilleur que les autres, on n'a rien inventé. On n'a pas cette prétention. Quand le groupe a racheté le domaine, on a opéré un virage important en s'appuyant sur l'expérience du passé et le savoir-faire existant, avec l'objectif de faire des vins de qualité premium dans le respect de l'environnement, deux éléments dont on est assez convaincus qu'ils forment un cercle vertueux", introduit Mathieu Meyer.
La démarche engagée débute dès le rachat avec un vaste chantier de replantation. L'occasion de revoir le découpage des parcelles courant parfois sur plusieurs hectares, d'y implanter des haies et autres couloirs arborés et d'adapter l'encépagement, qui comptait historiquement beaucoup de cinsault. Les 69 hectares de vignoble de Château Galoupet (dont 65 en AOC Côtes de Provence) se composent aujourd'hui majoritairement de grenache, mais aussi de syrah, de rolle, de cinsault, de sémillon et de tibouren, "un cépage qu'on aime beaucoup ici, car même s'il est compliqué à cultiver et à vinifier, il apporte des notes uniques au vin et résiste plutôt bien à la sécheresse", souligne Mathieu Meyer.
Rapidement, le domaine est en parallèle converti à l'agriculture bio, socle des pratiques agro-écologiques développées au-delà des exigences de la certification. À commencer par l'enherbement désormais étendu à l'ensemble du vignoble. Un mélange à dominante de légumineuses est semé juste après les vendanges, pour améliorer la vie, la structure et la porosité des sols.
L'eau est un enjeu majeur. Bien que le domaine soit raccordé au canal de Provence, la ressource n'en est pas moins utilisée avec parcimonie. L'irrigation fait l'objet d'un suivi précis, afin "de trouver le meilleur compromis au service du vin et de la protection de l'environnement", explique Mathieu Meyer. Dans le même but, des ouvrages d'hydrologie régénératives (baissières, canaux de collecte, redents, marres temporaire) sont mis en place pour ralentir, stocker, infiltrer les eaux de pluies, en évitant ruissellement et érosion.
Le domaine dispose d'autre part d'une retenue collinaire datant du XIXe siècle et qui doit prochainement être remise aux normes. "On a la chance que notre actionnaire nous suive sur ce projet coûteux, qui n'aurait pas de sens du seul point de vue économique, mais qui est précieux pour l'écosystème car il s'agit d'une véritable oasis pour la biodiversité en plein été. Et puis, rien ne nous dit que l'on n'aura pas besoin de cette eau à l'avenir", souligne Mathieu Meyer sur le sujet.
L'agroforesterie est un autre axe important de développement, avec la plantation de haies et d'arbres en périphérie des parcelles qui, en plus de leur effet ombrage et brise-vent, constituent des abris pour la faune présente et participent à la vie du sol. Le plan de gestion forestière de la partie boisée du domaine complète la démarche engagée, avec des opérations de replantation de chêne-liège, de diversification des essences et de lutte contre les espèces invasives, telles que le mimosa ou les herbes de la pampa.
Dans la continuité des actions mises en œuvre jusqu'ici, le domaine initie cette année des apports massifs de compost de biodéchets sur ses parcelles en jachère, afin de rattraper le déficit conséquent de matière organique, dont le taux est ici de moins de 1%. "Avec les couverts, la fumure et les sarments broyés apportés, on en aurait pour 40 ans. Alors on travaille à développer ces composts très qualitatifs issus des déchets alimentaires entre deux cultures", indique Mathieu Meyer.
Pour le directeur de Galoupet, "la configuration d'un seul tenant du domaine permet de jouer sur différents leviers et sur leurs interactions", sans dogmatisme. "Chaque fois qu'on essaie quelque chose, on évalue ce que cela produit sur la physionomie de la vigne comme sur le vin", précise-t-il.
Et pour être cohérent, le même souci de qualité et de responsabilité préside aux investissements réalisés en cave, "pour répondre aux objectifs techniques de production de rosé et d'ergonomie au travail pour les équipes". Pressoirs à drains verticaux, froid, cuverie inox thermorégulée, cuves de petite contenance permettent de préserver la vendange et de réaliser des vinifications à la parcelle, qui "reflètent les qualités du terroir et du millésime", apprécie Rose-Marie Porte, l'œnologue de Château Galoupet.
Le choix du packaging des deux vins proposés en AOC Côtes de Provence, sans plastique ni aluminium, s'inscrit dans le même esprit. Aussi bien pour le cru classé du domaine que pour 'G', cuvée de négoce en partie approvisionnée par des caves en proximité, avec "une même ambition et une même exigence de qualité et de respect de l'environnement". Allégées (300 et 500 g), les bouteilles sont aussi composées à 85% de verre recyclé, ce qui explique leur couleur 'cannelle'. "Ce n'est pas un choix évident pour des rosés, mais pour rester sur les rails de la qualité et de l'environnement, ça s'imposait", justifie Mathieu Meyer.
Distribués à travers le monde par Moët Hennessy, les vins de Galoupet sont principalement commercialisés sur des circuits CHR haut de gamme, en France et au Royaume-Uni, ainsi que dans diverses destinations européennes, mais pas encore aux États-Unis. Si la force de frappe du groupe est un atout certain, "notre force, c'est qu'on fait du Galoupet avec beaucoup de liberté, qu'on a beaucoup de choses à dire sur notre façon de faire le vin et on a besoin de prescripteurs pour cela. Après, pour être reconnu largement sur un produit premium, je suis persuadé qu'il faut commencer par être reconnu par ses pairs", estime humblement Mathieu Meyer.
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