Camille Banton, Yves Blouin, Jacques Witkowski, Jean-Valéry Lettermann, Jérôme Despey, et Pierre Colin. En arrière-plan, Yvon Bourrel, Amélie Jourdan, et Matthieu Grégory.
Ceps de vignes arrachés, arbres coupés, vols d’olives, de petits matériels de production, incendies dans des bâtiments, intrusions malveillantes dans des exploitations, tags incendiaires sur les murs des fermes, vols de gasoil, de GPS agricoles, sabotage de matériels, actions symboliques visant à dénigrer l’agriculture. La liste des méfaits que subit le monde agricole est longue et inquiétante. Si, de tous temps, les rapines ont toujours été monnaie courante dans les fermes héraultaises, comme ailleurs, un nouveau phénomène est apparu depuis 2014, celui du vol de matériels, bien plus juteux au vu de leur valeur marchande. À cela se sont ajoutées, dernièrement, les intrusions malveillantes dans les exploitations, souvent orchestrées par des organisations défendant la cause animaliste, avec pour seul but de jeter l’opprobre sur l’agriculture. Effet collatéral de l’agribashing ambiant.
“Face à tous ces méfaits, les agriculteurs éprouvent un réel ras-le-bol. Il était donc important de rassurer et sécuriser les exploitants agricoles tant par rapport à leurs biens matériels qu’à leurs productions et aux attaques à la personne. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place une convention multipartite entre l’État et les représentants du monde agricole, en droite ligne de la convention de partenariat dite Demeter, signée au national, en décembre dernier. Cette convention est aussi destinée à instaurer un échange réciproque et régulier avec la profession, à généraliser les dispositifs de prévention technique de la malveillance, et à prioriser l’intervention au profit des agriculteurs confrontés à des infractions violentes”, détaille le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, ce vendredi 7 février, lors de la signature de la convention, à Mauguio.
Actions concrètes
“On ne part pas de rien”, rappelle le général Jean-Valéry Lettermann, commandant adjoint de la gendarmerie d’Occitanie et commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Hérault. Une convention a été, en effet, signée en 2014, dont le but était la mise en place du dispositif ‘Agriculteurs vigilants’, soit un réseau de solidarité constitué d’une chaîne de vigilance structurée autour d’agriculteurs d’une même commune. Deux cents agriculteurs dans l’Hérault l’ont rejoint. Son fonctionnement ? Le dispositif permet d’alerter la gendarmerie ou la police nationale de tout événement suspect ou de tout fait de nature à troubler la sécurité des exploitants ou de leurs biens, dont ils seraient témoins. Et, en cas de “délit agricole”, un système d’alertes SMS est envoyé aux agriculteurs, membres du dispositif, du secteur concerné.
Cette action a porté ses fruits, puisque les atteintes aux biens ont diminué dans l’Hérault, passant de près de 400 avant 2014 à moins de 100 en 2019. Des chiffres à prendre cependant avec des pincettes, car, d’une part, les statistiques ne distinguent pas les vols dans les exploitations agricoles des autres vols, et, d’autre part, tous les agriculteurs ne portent pas plainte. Toutefois, les résultats restent encourageants. Aussi, dans le cadre de cette nouvelle convention multipartite, ce dispositif est pérennisé. “Nous souhaitons même le revitaliser. Pour ce faire, en appui avec la Chambre d’agriculture et les syndicats, nous allons rappeler tous ceux qui sont inscrits pour remotiver les troupes”, indique le général.
Autre action concrète : la mise en place de référents sûreté (4 au niveau de l’État-major et entre 25 et 30 dans les brigades du département) qui identifient dans les exploitations agricoles les points de vigilance à prendre en compte et donnent des conseils aux agriculteurs pour mieux protéger leurs exploitations des intrusions, des vols et des dégradations. Soit un travail de prévention que les forces de l’ordre réalisent donc à même les exploitations, mais aussi en organisant des réunions auprès de la profession agricole et en étant présentes dans les manifestations agricoles (Sitevi, assemblées générales de la profession, autres salons agricoles, etc.). Par ailleurs, une mobilisation des équipes judiciaires sera renforcée dans le cadre du volet répression. “Au travers de ces dispositifs, nous voulons démontrer aux agriculteurs qu’ils ne sont pas seuls”, insiste le général.
Mais pour que ces dispositifs soient les plus efficients possible, les exploitants agricoles doivent s’y impliquer et s’associer à la protection de leur propre milieu. “Outre cette nécessaire implication, il faut que les agriculteurs aillent porter plainte quand ils font l’objet de vols, dégradations ou agressions. Je sais que certains sont à bout et voudraient se faire justice eux-mêmes. Je rappelle qu’il y a une justice pour cela, et que ce n’est qu’ensemble, en mettant en place ce réseau de solidarité et de vigilance, que l’on fera reculer la délinquance dans les exploitations agricoles”, conclut le président de la Chambre d’agriculture, Jérôme Despey.
Florence Guilhem
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