Dans l’Hérault, la récolte s’élève à 60 tonnes pour les olives de table ; elle est estimée entre 700 et 800 tonnes pour les olives à huile.
Les oléiculteurs ont évité le pire cette année, en dépit du coup de chaud de fin juin, et des épisodes de canicule et de sécheresse qu’a traversé le département tout le long de l’été. Après une floraison magnifique des oliviers en mai et juin, le coup de chaud du 28 juin dernier, avec un baromètre dépassant les 40°C, a interrompu le développement des olives, jusqu’à en griller un grand nombre. Second coup de semonce, mi-juillet, avec le retour de la canicule, “où l’on ne voyait pas les olives sur les arbres tant elles étaient petites”, se souvient encore Hélène Pagès, directrice de la coopérative Huilerie-Confiserie de Clermont-l’Hérault.
La récolte des lucques a, du coup, débuté avec une semaine de retard par rapport à 2018, soit le 2 septembre. “Mais nous avons réellement commencé à réceptionner ces olives de table à partir du 16 septembre. Ont suivi les picholines”, précise-t-elle. Mi-octobre, lorsque la récolte s’est achevée, le constat a été sans appel : le calibre des lucques s’est avéré particulièrement petit. Conséquence : la rémunération au kilo a été basse, soit entre 1,40 et 1,60 €/kg alors que le prix au kilo en gros calibre et AOP tourne autour des 4,50 €. Même si la coopérative a voté un supplément de prix, cela n’a pas compensé la perte financière. Mais, au final, ce sont 60 tonnes, lucques et picholines confondues, que la coopérative a réceptionné de ses 1 200 apporteurs, contre 40 tonnes en 2018.
Olives à huile
Pour les olives à huile, celles-ci ont eu droit à une “session de rattrapage” avec les grosses pluies d’octobre, permettant aux arbres de reprendre de la vigueur et de la couleur, et aux fruits de se développer. Effet de la canicule ou pas, les olives sont toutefois restées vertes cette année alors que, d’ordinaire, elles rougissent ou noircissent. “Cependant, les olives sont mûres à l’intérieur”, indique Hélène Pagès. Et, autre bonne nouvelle, les premières dégustations ont confirmé la qualité des huiles, même si certaines sont plus amères que d’autres, ce qui est le cas, par exemple, avec les lucques.
Comme pour la viticulture, certains oléiculteurs ont tiré leur épingle du jeu, avec des arbres très chargés, alors que d’autres ont perdu les 2/3 de leur production. Tout dépend en fait du mode de production. Ceux qui sont en culture traditionnelle ont davantage souffert que ceux qui irriguent. Mais, toutes variétés confondues, la récolte devrait atteindre entre 700 et
800 tonnes contre 550 tonnes en 2018. “Au final, alors que la récolte des lucques vient de se terminer et que celle des picholines débute, nous sommes agréablement surpris, car non seulement celle-ci sera supérieure en production, mais aussi en qualité”, conclut la directrice.
Les enjeux de demain
Face au vieillissement des oléiculteurs et à la problématique d’un foncier qui se fait de plus en plus rare en raison d’une urbanisation galopante, la pérennité de la filière est en jeu. Aussi une réflexion a-t-elle été engagée avec les neuf coopératives de l’ex-Languedoc-Roussillon, en partenariat avec Coop de France Occitanie, pour, entre autres, structurer et développer la mise en marché, et intensifier la professionnalisation de l’amont de la filière. Un sujet majeur, puisque la majeure partie des oléiculteurs sont des pluriactifs et que les oliveraies sont de petites et moyennes tailles (entre 150 et 300 oliviers plantés), et pas toujours irriguées.
Une enquête a été lancée afin de recenser les besoins des adhérents des coopératives oléicoles. Deux besoins majeurs ont été identifiés : l’accès à un matériel adapté difficile en raison d’un coût élevé, ainsi que la mise en place de qualifications pour le personnel oléicole et les oléiculteurs. Pour le premier sujet, deux pistes émergent : le développement des Cuma, rares dans la filière, et celui de la location de matériels auprès de concessionnaires, ce qui n’existe pas actuellement. Pour ce qui est des besoins en qualification, force est de constater que du personnel spécialisé n’existe pas pour la taille, les traitements, l’irrigation, etc. Des formations s’imposent donc. “Notre rôle, en tant que coopérative, est de développer ces services pour maintenir l’oléiculture dans notre département, sauvegarder ce patrimoine et la richesse variétale qui est la nôtre”, déclare Hélène Pagès.
Florence Guilhem
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