CONFÉDÉRATION PAYSANNEDU GARD
Sous le signe d'une "campagne unique" et d'une agriculture commune, la Conf' faisait sa rentrée à la ferme des Clos d'Uzés. Les maraîchers Sophie Mazon et Rémi Balmassière ont partagé
leurs approches culturales, entre autosuffisance en eau et apports verts.
Après une première année prometteuse à la ferme des Clos d'Uzès, 2022 a été "catastrophique" pour Sophie Mazon et Rémi Balmassière, à cause de la chaleur. Ils comptent sur une meilleure saison d'hiver.
© Crédit photo : PhD
À Montaren-et-Saint-Médiers, il n'y a pas si longtemps, chasseurs et agriculteurs savaient faire cause commune des terres. "Il y a 50 ans, tous les agriculteurs chassaient, il n'y avait pas de conflits avec les autres usagers", se rappelle Pierre Michel, président de la société de chasse locale, issu d'une lignée de paysans. Depuis, le nombre de chasseurs dans la commune est passé de 120 à environ 35 en quelques décennies, au même rythme que les exploitants agricoles ont déserté les campagnes, faisant la joie des sangliers. Heureusement, certains jeunes réinvestissent la campagne. Grâce à Pierre Michel, un ami de longue date de la famille, Rémi Balmassière a concrétisé son désir d'installation avec sa compagne, Sophie Mazon.
En vendant ce terrain de 7 000 m2, Pierre Michel a rendu un sacré service aux jeunes maraîchers. Autrefois cultivées, les terres, devenues des friches, ont été vendues "à un prix cohérent et raisonnable", estime Rémi Balmassière. Avec un apport et un petit crédit, le couple a pu s'installer, mais "si on voulait se développer, ce serait plus compliqué". Le Gaec de Rémi et Sophie ne peut que réjouir les élus locaux, comme Bernard Rieu, maire de Vallabrix, qui voit là un espoir pour cette agriculture "qui décline et cumule les difficultés", quand les revenus et les retraites sont insuffisants. Ou comme Roland Prosper, retraité agricole à Saint-Quentin-la-Poterie, soucieux de "promouvoir une agriculture nouvelle", plus ouverte au foncier. "Il ne faut pas que les agriculteurs soient propriétaires fonciers pour ne pas pénaliser l'agriculture", soutient-il.
Trop de vignes dans le Gard au risque de phagocyter la diversité des productions ? C'est le constat de Rémi Balmassière, venu des secteurs du traitement des eaux, de l'irrigation et du pompage, tout en étant passé par la case intermittent du spectacle. "Les vins sont bons, mais cela ne nourrit pas", pointant du doigt le manque de biodiversité dans les parcelles, induit par "les directives de coopératives, des filières, pour favoriser telle ou telle culture". Pour Paul Ferté, porte-parole de la Conf' du Gard, ce déséquilibre résulte plutôt des choix économiques régionaux. Les céréales en Beauce, le maraîchage concurrentiel espagnol, les cultures dégageant de la valeur ajoutée sont toujours plébiscitées, appuie-t-il. "Donc ici, cela reste la vigne."
Pour leur deuxième campagne, le couple mise sur une production variée pour assurer la vente directe (tomates, poivrons, haricots, carottes, courgettes, petites pastèques, fruitiers, PPAM), amputée de moitié, la faute aux températures caniculaires, après une première saison encourageante. "Ça ira mieux cet hiver", assure Sophie. L'ingénieure agronome et son conjoint ont mis leur expertise au service des sols sablonneux, composés d'un peu de limon et d'argile, nécessitant des apports suffisants en matière organique pour retenir l'eau et les éléments. Ils utilisent ainsi des broyats issus de déchets verts non traités, destinés au compost, outre le crottin de cheval et le paillage "pour éviter l'évapotranspiration de l'eau et de l'azote", explique Rémi, notamment lorsque la canicule couplée au manque d'eau fait brûler la couche de sable.
D'où la plantation d'arbres (mûriers, pêchers, grenadiers) et le paillage au sol, propices à la lutte naturelle contre les ravageurs, par la présence d'insectes dans les murs jouxtant les parcelles ou des œillets d'Inde. "On voit la nature comme un allié", considère Sophie.
Ressource essentielle pour maintenir la biodiversité souhaitée, l'eau n'a pas manqué sur l'exploitation, en raison de la nappe abondante sur l'Uzège et d'un forage aménagé et alimenté par pompe solaire dans des cuves de vinification réutilisées. Ce choix d'un système solaire, "indépendant et gravitaire" sert à "pomper doucement dans la nappe", explique Rémi, selon un débit maximum de 6 m3/h, à midi, pour arroser 22 m2/j de terres. 2 000 m3 ont été utilisés cette année, alors que les restrictions en eau imposaient une demande dérogatoire auprès de la DDTM. "C'est aberrant de devoir faire une demande papier" selon le maraîcher, alors que les compteurs étaient prélevés tous les 15 jours, et les débits limités cet été à "25 m3 en septembre !" Sans les citernes du Gaec, "c'était la crise", assure Rémi. D'autant que "toute l'eau ne retourne pas dans les nappes", précise Paul Ferté. "À part lors des épisodes cévenols."
Par les tuyaux d'arrosage percés, 150 vannes sont à ouvrir pour arroser. Aussi, l'esprit débrouillard est vivement conseillé pour s'assurer un maniement optimal des outils personnalisés. Entre la "brouette bricolée" pour désherber les sols souples, une sarcleuse plus élaborée et une canne à planter, inspirée du savoir-faire de l'Atelier paysan, Rémi plante 600 pieds de tomates, "sans être fatigué", le dos épargné, même si le coup de main demande un peu plus de temps. "Même en maraîchage, on peut travailler avec des outils adaptés, en auto-construction", selon Sophie. Comme pour l'accès au foncier, le partage d'expérience peut faire la différence.
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