Occitanie 30/04/2025
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MSA DU LANGUEDOC

L'élu cantonal, une vigie d'alerte

Les 94 163 électeurs recensés au 8 mars par la Mutualité sociale agricole du Languedoc - dont 40 689 dans le Gard et 44 805 dans l'Hérault - sont amenés à aller voter pour élire 464 délégués titulaires tous collèges confondus, et 147 délégués suppléants (collèges 1 et 3), du 5 au 16 mai prochains.

Si le mutualisme agricole se sent parfois petit au regard des organismes de prestations sociales en France, la force de l'outil réside dans son réseau et sa connaissance du terrain, avec des délégués qui se veulent proches du territoire.

© Crédit photo : Getty Images/iStockphoto - Halfpoint

"Dans ces crises à répétition, on a une spécificité du régime de la Mutualité sociale agricole qu'il faut défendre : la représentativité de l'élu sur le canton, environ dix par canton. Cette vigie fait remonter les problématiques de terrain sur le territoire de la caisse [Gard, Hérault, Lozère, ndlr], qui peut alors jouer son rôle d'amortisseur de crise," pose d'entrée le président sortant de la caisse du Languedoc, Cédric Saur, alors que le monde agricole et ses salariés sont amenés à aller élire leurs représentants MSA pour les cinq prochaines années, du 5 au 16 mai prochains.

Des vigies vitales pour le territoire de la caisse régionale à forte dominante viticole, composé de petites exploitations installées dans des zones à forte précarité, y compris pour les salariés, alors que la MSA du Languedoc suit 240 000 ressortissants, dont 43 000 actifs agricoles et salariés, sur les 3 départements de la caisse.

Un euro cotisé, jusqu'à cinq reversés

"Nos élus font remonter les problématiques agricoles, mais aussi rurales, comme celle du manque de crèches associatives pour les agricultrices par exemple et sont la courroie de distribution d'informations entre la caisse et le territoire, à l'image du réseau 'Sentinelles'. Nous pouvons ensuite activer des outils opérationnels, en lien avec nos partenaires que sont les Chambres, les syndicats et les OPA en général", complète Albert Moulet, 1er vice-président de la caisse. En filigrane, l'occasion de rappeler aussi que la MSA n'est pas "qu'un collecteur de cotisations : pour 1 € de cotisation appelée, la caisse en redistribue entre 2,90 et 5 € selon les collèges", pointe le vice-président, précisant par ailleurs que le niveau des cotisations est fixé par l'État, "et pas par la MSA". Et son président relance : "La caisse Languedoc, c'est entre 400 à 580 millions d'euros de cotisations, pour 1,2 milliard d'euros de prestations. On se sent petit au regard des organismes de prestations sociales en France. Mais la force de notre outil de mutualisme agricole, c'est le réseau et la connaissance du terrain."

À titre d'exemple, 6 000 dossiers gel ont ainsi été gérés sur la mandature qui s'achève, pour un montant redistribué de 16 millions d'euros ; et 1 600 dossiers liés aux impacts de la guerre en Ukraine, pour un montant de 2 M€, quand le budget 'Actions sanitaires et sociales' atteint 7 M€ par an. "Tout cela part du terrain, avec nos élus qui font connaître les aides possibles, bien souvent méconnues du monde agricole, mais nous aident aussi sur les critères d'attribution, l'appréciation des dossiers et la ventilation. C'est une spécificité de notre régime agricole comparativement au régime général", précise la directrice générale, Marie-Agnès Garcia.

"Nous avons élaboré un dialogue avec nos délégués, pour proposer une protection sociale de proximité, de qualité et plus humaine", rappelle Cédric Saur, n'occultant pas le fait que depuis les mobilisations agricoles, la situation s'est tendue. "La porte a toujours été ouverte. On parle avec tous, sachant que le contexte économique est contraignant. Mais je sais aussi que ces élections sont une opportunité unique de porter la voix agricole, car nous avons le seul régime social en France né d'élections."

Des élus aux aguets

À l'image du site internet lancé par la caisse centrale de la MSA1, la caisse régionale veut que ses élus détaillent leurs actions sur le terrain, "d'autant que nous sommes souvent en première ligne quand les difficultés sont là, collectives ou individuelles". Mais pas que. "Quand ils identifient des problématiques, par exemple des difficultés à monter un projet associatif - crèches, micro-aides en zone rurale - nous mettons à disposition notre ingénierie pour aller chercher des fonds auprès de nos partenaires par exemple", souligne Marie-Agnès Garcia, qui admet que les signes sont plutôt orange, voire rouge, sur les taux d'échéanciers en ce moment. La preuve que l'économie agricole vacille, ce qui mobilise d'autant plus la MSA, particulièrement attentive au mal-être agricole. "Nos conseillers sont formés, nos élus sont aux aguets et nous alertons aussi les contrôleurs DDT, Agence de services et de paiement, Cerfrance ou Chambres... Le conseil d'administration a voté une aide au répit administratif et se tient en alerte sur les aspects psychologiques, d'ouverture de droits, de prime d'activité, pour les chefs d'entreprise et leurs salariés, car eux aussi sont impactés," partage Cédric Saur. "Nous avons mis en place une instance 'Santé', car le mal-être est aggravé par les crises, mais on sait qu'il est toujours multifactoriel : la vague de suicides après le gel 2021 a aussi concerné des exploitations qui étaient en bonne santé financière. Et cela touche tous les territoires, toutes les filières, toutes les tranches d'âge", reconnaît, en alerte, le président, soutenu par son vice-président : "Sur une exploitation, le dialogue social est quotidien. Et cela se répercute forcément sur les salariés. Il faut être aux aguets, car le monde agricole n'est pas reconnu pour étaler ses sentiments. D'où l'importance du réseau 'Sentinelles'", poursuit Albert Moulet.

Appui en zones rurales et motions

Mais sur le terrain, les délégués ont aussi d'autres moyens d'actions, à l'image des motions qu'ils proposent dans les comités départementaux, remontant des idées de terrain destinées à faire évoluer le système législatif et réglementaire. Après sélection et vote en assemblée générale, ces motions sont ensuite prises en main par la caisse nationale. Ce fut notamment le cas pour les évolutions faites dans la protection du conjoint collaborateur ou bien encore la loi Chassaigne dans sa 3e version, actuellement en débat à l'Assemblée nationale, sans oublier la réglementation autour des saisonniers, "pour élaborer un projet qui simplifie les démarches, permette de caler la loi sur le logement...", détaille la directrice générale. "Suite aux manifestations, le message porté était clair : plus de qualité, plus de simplification, des moyens pour assurer un service de proximité et avoir des éléments simplificateurs pour les employeurs de main-d'œuvre", complète son président, pointant du doigt les impasses dans lesquelles se trouvent les entreprises pour embaucher des salariés, face parfois à des entreprises de prestation de services agissant en violation de la réglementation. "Les élus et la profession veulent que l'on trouve une solution avec le législateur pour stabiliser le parcours du saisonnier", résume Cédric Saur.

Mais parfois le mutualisme est aussi là où on ne l'attend pas. À l'image de cette ligne d'écoute des femmes, démarche née en Occitanie et en passe d'être labellisée au niveau national. "Les femmes du monde rural veulent être entendues, écoutées, et que l'on fasse remonter leurs problématiques spécifiques. Nous avons construit une ligne d'écoute artisanale dont les agricultrices, les salariées, les conjointes collaboratrices se sont saisies, faisant remonter des idées comme celle de la prévention autour du machinisme agricole pour les femmes... et les hommes aussi, car tous ne sont pas des grands costauds !", rappelle la directrice2. Pour porter ces idées novatrices, les prochaines élections sont donc centrales. "Nous ne serions pas aussi innovants sans nos adhérents et nos élus, et ce socle pose la légitimité de ce que l'on propose. C'est un régime unique, cas nos conseillers savent de quoi ils parlent", synthétise Marie-Agnès Garcia.

Ces élus ancrés dans le territoire ont toutefois fait remonter une certaine lenteur dans le traitement des dossiers. "Même si nous sommes un guichet unique, nous savons qu'il nous faut améliorer notre fluidité de traitement, tout comme nous devons former nos délégués au fil de l'eau. On s'est saisi du sujet et des propositions d'amélioration de process sont en cours", conclut-elle.

Céline Zambujo •

IL a dit-

Cédric Saur, président de la MSA du Languedoc

© Crédit photo : MSA Languedoc

"Le populisme a enfin touché le monde agricole, poussé par les problèmes de rémunération. On sait que les attentes sont fortes sur le revenu, la simplification, la reconnaissance du métier. Les agriculteurs se sont toujours adaptés, le monde agricole et la MSA aussi. On est habitué à modifier nos méthodes de travail et on a toujours discuté avec tout le monde. On sait que l'on est attendu sur la simplicité, la lisibilité sur le revenu et il est normal qu'il y ait des mouvements contestataires en période de crise. On s'adaptera. L'important est que la mobilisation soit forte pour nos élections, car c'est ce qui fait notre légitimité et notre singularité au regard des dossiers que nous avons à défendre."

Céline Zambujo •

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