Le développement des ventes de compost comme le ‘Onze 300’, entièrement élaboré à partir de marc épépiné de la distillerie de La Cavale, fait ainsi partie intégrante de la stratégie de diversification recherchée par la coopérative.
Le 27 février, la Cavale tenait son assemblée générale à Limoux. Cette Coopérative agricole des viticulteurs et agriculteurs de Limoux et des environs (Cavale), créée en 1921 par des viticulteurs qui rachetèrent une distillerie privée, a depuis diversifié ses activités autour de l’approvisionnement, la collecte de céréales et une filiale de distribution. La structure clôturant son exercice au 31 août, les chiffres inhérents à la vendange 2019 n’intègrent pas le compte de résultat présenté au cours de cette assemblée générale. “Cela nous permet d’arrêter l’exercice lorsque la campagne d’approvisionnement est achevée, la distillerie a traité tous les marcs collectés et les huiles d’olives sont produites. Seules les céréales présentent un décalage, en particulier les céréales à paille : ce qui est collecté pendant l’été est valorisé sur l’exercice suivant”, prévient ainsi Christophe Bonnemort, directeur général de la Cavale.
L’activité distillerie étant naturellement dépendante des niveaux de récolte, les collectes de raisins et de marcs 2017 et 2018 ont été basses, à cause successivement de la sécheresse, puis du mildiou. “Cela se ressent sur l’activité de notre outil industriel, sur lequel nous n’avons pu atteindre le seuil de saturation de 10 000 tonnes de marc sur ces deux campagnes”, prévient Christophe Bonnemort. La Cavale a donc engagé un développement de la valorisation de la prestation de services qu’elle peut proposer : séchage de pépins ou extraction d’alcool des lies. De la même manière, les effets du mildiou se sont également fait ressentir sur la campagne d’approvisionnement de produits phytosanitaires. La faible pression du champignon durant le cycle végétatif de la vigne de janvier à août 2019 a eu un effet direct de diminution sur ces approvisionnements par rapport à l’année précédente.
Diversification pour l’activité ‘approvisionnements’
“La diminution de la dépendance de notre activité ‘approvisionnements‘ aux produits phytosanitaires fait d’ailleurs partie des orientations fortes que nous nous sommes fixées. Nous préparons notre structure à être moins ‘phyto-dépendante’ ”, développe encore Christophe Bonnemort. Le développement des ventes de compost comme le ‘Onze 300’, entièrement élaboré à partir de marc épépiné de la distillerie de la Cavale, fait ainsi partie intégrante de cette stratégie de diversification recherchée par la coopérative.
Etabli à quasiment 7,5 M€, le chiffre d’affaires 2018-2019 de la coopérative se maintient cette année dans une relative stabilité, en ne diminuant que de 2,3 % par rapport à l’exercice précédent. “Cette baisse est intimement liée à celle de l’activité ‘approvisionnements’, qui contribue aux deux tiers du chiffre d’affaires”, jalonne Christophe Bonnemort.
D’un autre côté, le plafond de l’activité du moulin à huile d’olives a été allègrement dépassé lors de cette campagne 2018-2019. 120 tonnes d’olives ont ainsi été collectées au lieu de la centaine de tonnes envisagée. Cela a conduit à produire 13 614 litres d’huile d’olives, soit presque 40 % de hausse par rapport à l’année précédente. “Plus de 5 000 litres ont pu être récupérés par les adhérents pour leur commercialisation directe. Dans sa globalité, le chiffre d’affaires lié à l’huile d’olive affiche une hausse de 31 %”, reprend Christophe Bonnemort.
La collecte de céréales se retrouve, quant à elle, à un de ses niveaux les plus bas de ces dernières années. Toutes cultures confondues, la récolte de l’année 2018 affiche une baisse de 42 %, générant un chiffre d’affaires inférieur à 300 000 €, de loin le plus bas depuis l’année 2010. “Les problèmes climatiques divers, la pression économique liée au prix, les dégâts liés aux sangliers et divers autres facteurs se cumulent au même moment pour expliquer ce niveau historiquement bas”, analyse Christophe Bonnemort.
Réussite de la filiale Sicaval
Avec un résultat légèrement négatif, les dirigeants saluent la contribution décisive de la filiale de distribution Sicaval, qui gère cinq magasins, dont quatre portent l’enseigne ‘Gamm Vert’, plus un atelier de vente-réparation de motoculture. Leur réussite et la progression constante de leur activité contribuent de manière décisive à l’équilibre financier des activités de La Cavale.
Mais le directeur pointe également du doigt les limites liées au modèle de fonctionnement de La Cavale, essentiellement liées à l’augmentation des coûts énergétiques. L’équipe dirigeante souligne donc les orientations prises pour être moins tributaires des variations liées à cette charge importante. “D’une part, nous souhaitons faire passer la chaudière de la distillerie du fioul vers le gaz ou le biogaz. Ensuite, nous allons restructurer la plateforme de compostage pour la ramener au plus près du site de la distillerie, engendrant ainsi une diminution nécessaire des coûts de transports liés à cette activité”, précise Christophe Bonnemort. Mais la volonté de demeurer une structure à dimension humaine, ancrée au sein de son territoire, constitue à la fois l’élément fort, mais aussi la faiblesse d’une structure comme La Cavale. “Les aléas climatiques répétés ou les variations du marché ont un impact plus fort, c’est là toute la fragilité de ce modèle. Récemment encore, la tempête Gloria nous a fortement pénalisés. Nous nous sommes retrouvés avec un mètre d’eau dans la distillerie, provoquant un mois d’arrêt de l’exploitation, avec d’importantes pertes de matière et de capacité de conservation”, reprend Christophe Bonnemort. Malgré l’arrêté de catastrophe naturelle et le dossier d’assurances, le directeur sait déjà que cet épisode aura un impact fort sur la trésorerie et affectera le compte de résultats à venir.
De même, cet épisode Gloria et les cumuls de pluies affichés d’octobre à décembre ont largement compliqué la campagne des semis céréaliers et les apports d’amendements, ne préfigurant rien de bien encourageant après deux petites années de collecte de céréales.
Au rang des perspectives, l’axe prépondérant de travail de l’équipe dirigeante reste la diminution de la dépendance à la vente de produits phytosanitaires. “Nous préférons élargir notre clientèle pour vendre à plus de monde et développer la distribution de produits tels que le compost ‘Onze 300’. Nous travaillons aussi sur l’accentuation des services apportés à nos adhérents, comme l’accompagnement vers la certification HVE 3, pour les fidéliser”, note Christophe Bonnemort. Sur un plan commercial, le développement de la vente en ligne et le travail de proximité auprès des collectivités, des artisans et des commerces sont cités en priorité pour diversifier l’activité distribution.
Olivier Bazalge
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